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Le Rond-Chêne, royaume des enfants et du séquoia


Château du Rond-Chêne - 4130 Esneux



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Category : Information Business Events
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  • © Philippe Farcy

  • La cour intérieure © Philippe Farcy

  • Les armes Montefiore © Philippe Farcy

  • Les éléments de ferronnerie © Philippe Farcy

  • La grille d'accès au B des Balser © Philippe Farcy

  • Carte postale ancienne, ed. Nicolay & Nels

  • Bâtiment face à l'entrée du château. © Philippe Farcy



Official Name Château du Rond-Chêne
Location 4130 Esneux
Construction XVIIe-XVIIIe siècles; 1874; 1884; 1886
Style
Architect
Occupants Centre de Dépaysement et de Plein Air de Esneux - Domaine du Rond-Chêne
Allocation Centre de Dépaysement et de Plein Air
Protection

Last udpate: 06/01/2013



Le château du Rond-Chêne à Esneux est une imposante demeure signifiante de la réussite économique liégeoise.


Quand on se trouve à Esneux et que l’on vient de traverser l’Ourthe en allant vers les deux Comblain, il y a sur la droite une petite route qui va monter bientôt, très fort, pour atteindre un plateau boisé. Le tarmac sera sous peu oublié au profit d’un chemin de terre passant dans les bois et de là on peut filer vers le Condroz dans la région d’Anthisnes. Point n’est besoin d’aller si loin pour découvrir une petite agglomération de bâtisses qui forme le hameau dépendant jadis du château du Rond-Chêne. Tout cela est signalé par des grilles de très belle qualité mais laissées à l’abandon, ce qui est très regrettable. 

L’accès au domaine s’effectuait voici quelques décennies par de magnifiques grilles, aux chiffres des Balser, situées en contrebas du château. Après 300 mètres de chemin on accédait alors à la cour intérieure du castel édifié en U, dépendances comprises. De la terrasse, la vue vers le nord-est se perd dans les bois filant vers Hautgné, Trooz et Verviers. On ne voit rien d’autre que des arbres et encore des arbres. Le site est, on le devine, remarquable. 35 hectares de parc et de forêt attendent non pas les visiteurs, car les lieux ne se visitent pas, mais les élèves qui s’y rendent en classes vertes. Depuis 1972, le 20 juin pour être précis, le domaine appartient à l’Etat. C’était alors le bien du Fonds des Bâtiments Scolaires. La Communauté Française de Belgique en a hérité depuis. Le ministre Antoine Humblet inaugura les lieux restaurés le 19 juin 1976.

Grâce à cela, le château que l’on rangera dans l’éclectisme fut sauvé et il poursuit gentiment sa route. On ne parlera plus de la grandeur qui fut la sienne jadis sous diverses familles industrielles du temps de Léopold II. Et malgré quelques parterres moins fleuris ou des pelouses moins bien tenues, le domaine et son château aux toitures compliquées et aux espaces variés subsistent; c’est le plus important. Seules les cheminées ont perdu leurs coiffes. A part ces manques négligeables, tout est en place, à l’extérieur du moins. Nous n’avons pas vu l’intérieur qui fut décoré par Wynand Janssens (1827-1913).

Le château de briques et de pierre bleue est posé en toute logique au sommet de la butte et sa vue est immense. D’autant plus immense que les baies nombreuses (18) et les salons d’hiver ménagés sur les terrasses du parc descendant en paliers, permettent d’en profiter avec délice et un brin de stupeur.

Dans les temps jadis, Esneux n’était pas en principauté de Liège mais au duché de Limbourg. Les éléments historiques de cette maison sont rares. Pourtant dans le patrimoine monumental, on apprend que le site était un fief cité dès le XIIIe siècle et qu’il portait aussi le nom de “la Salte” ou “Sart”. Et ailleurs on peut lire que le fief était aux mains de l’abbaye de Saint-Laurent à Liège en 1633. Il était ensuite à Robert de Crassile puis à son fils Servais en 1686. En 1700 Walthère de Liverlo en devint maître. En 1739, Albert de la Raudière en hérita des Liverlo. En 1769, ce domaine habitué à changer de mains, passa au chevalier de Gouverneur et c’est le bailli d’Esneux, A. Spineux qui clôtura l’Ancien Régime à partir de 1786. Le Rond-Chêne ne fut peut-être pas limbourgeois. Il aurait été une enclave


Assurément les architectes, inconnus des sources consultées, sont-ils partis d’un bâti ancien. Les neuf travées donnant sur la vallée de l’Ourthe, illustrées ci-dessus, avec leurs bossages et leurs chaînages sont de la première moitié du XVIIIe siècle voire du XVIIe siècle. Il en est de même pour l’avant-corps dont les matériaux sont assurément anciens. On pourrait y penser aussi pour la tour carrée située ici à gauche. Les toitures, par contre, sont “jeunes”, de même que les lucarnes qui les agrémentent. Les millésimes de 1874, 1884 et 1886 sont lisibles en divers endroits. La partie orientale est, elle, totalement du XIXe siècle finissant de même que l’adjonction cornière vers le nord. Ceci vaut également pour la galerie ouverte menant au logis et la tour carrée donnant sur la cour intérieure.

La partie sud réservée aux annexes et dont la galerie ouverte par cinq arcades des plus remarquables est à n’en point douter de cette période. Ces aménagements sont dignes de Henri Beyaert (1823-1876). Son vocabulaire décoratif, le soin donné aux ferronneries dont certaines sont magistrales, le souci descriptif des pierres bleues venant souligner les volumes sont d’une excellente main. Beyaert avait travaillé pour le château de la Rochette à Prayon (aux Grisard de la Rochette) à deux vallées d’ici, sur la Vesdre. Si ici ce n’est pas lui, ce pourrait être un des Vivroux qui officiait du côté de Verviers et qui avait été employé par les Simonis, les Biolley et autres Davignon. Notons encore qu’il y avait sûrement une rivalité entre les Solvay-Van Parys qui édifiaient avec l’architecte bruxellois Paul Saintenoy le château Le Fy, également à Esneux, et les Montefiore qui travaillaient sur le Rond-Chêne. En tout cas, le Rond-Chêne est un chef-d’œuvre, toute question de goût mise de côté.

Notons encore que le parc est remarquablement planté. C’est un paradis pour les amoureux de la botanique, des résineux divers et des séquoias en particuliers. Ils y verront le plus gros tronc de Belgique avec ses neuf mètres de diamètre, plus impressionnant encore que celui de Westmalle. Celui d’Esneux fut planté avant cinq autres plus jeunes (d’avant 1914). Il semble dater de la nouvelle disposition du jardin proche du château quand il fut aménagé vers 1880. A cette époque, les Montefiore-Bischoffsheim (Hortense) procédèrent à des créations d’allées dans une zone qui avait été dessinée à l’anglaise dans les années 1850 par l’architecte de jardin danois J. Petersen. Sauf erreur, en 1850, le château appartenait aux Jamar. Puis il passa aux Orban-Francotte avant d’être vendu à Georges Montefiore. Après 1906, le domaine passa à Edouard Balser époux de Mlle de Hirsch (des barons de Hirsch). Puis, après guerre, on y vit M. Chaudoir (sans doute le banquier) et ensuite le baron Louis Empain, vers 1930. Durant l’autre guerre, le domaine appartenait à la Société Esneutoise Immobilière pour Organiser les Vacances Populaires du groupe Electrobel.


CHRONOLOGIE DES PROPRIETAIRES


vers 1298: Jakemiens de Ronchennes.
1420: Henri de Crosehée.
1525: Collard Closset, dit de sur la Saulte.
1545: Lambert Zutman dit Suavius (°c1510, +c1567). Père de:
1597: Art ou Arnold Zutman.
1635: Robert de Crassier (époux de Anne de Zutman), puis son fils Servais et son cousin Erasme de Marteau (+1701), colonel d'infanterie au service du duc de Hanovre.
1701: chanoine Robert de Crassier.
1730: Walthère de Liverlo.
1740: Albert-Juste-Octave de laz Raudière del Corte.
1750: chevalier Henri-François de Gouverneur, reveveur général des domaines du pays d'Outremeuse et des aides et subsides au duché de Limbourg.
1783: Ferdinand-André Spineux, bailli d'Esneux.
1790: D.D. Malherbe.

1802: le notaire Lambert Nizet et son épouse Marie-Elisabeth Berleur, qui eurent une fille Marie-Elisabeth de Nizet-Berleur, du château de Lavaux.
1834: Walthère Jamar (c'est celui du château de Jeuk, à Hasselbroeck; il avait acheté sept châteaux, un pour chacun de ses enfants, dont la ferme château de La Chapelle, tout près d'ici et les deux de Chevron).
1850: Francotte, puis Orban-Francotte.
1882: Georges Montéfiore-Lévi, inventeur de l'alliage phosphore bronze.
1909: Edouard Balser par héritage de sa tante Hortense Montéfiore-Lévi, épouse de Georges, née Bischoffsheim (+1901).
1914-1918: Mise sous séquestre durant la Grande Guerre.
Après 1918: vente à M. Chaudoir.
Vers 1930: baron Louis Empain, toujours propriétaire en 1939.
1941-1945: Société Esneutoise Immobilière pour Organiser les Vacances Populaires (groupe Electrobel).


SOURCES:
Philippe Farcy
Le patrimoine monumental de la Belgique, Volume 8, Tome 1, Ministère de la Communauté Française, Liège/arrondissement de Liège A-J, Pierre Mardaga 1978
Robert Dalem,Petite histoire des anciens hameaux d’Esneux et de ses lieux-dits habités, Editions Petitpas 1976
Robert Dalem, Esneux dans le passé, 1954
Robert Dalem, Abrégé de l’histoire d’Esneux, 1938
Camille Simonis, La seigneurie et le comté d’Esneux, Bulletin de l’Institut Archéologique Liégeois, tome 24, 1894, édité en 1895, p. 217