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La puissance retrouvée de Streversdorp


Château de Streversdorp - 4850 Montzen (Plombières)



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Category : Information Business Events
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  • © Philippe Farcy

  • Stella Artois

  • Le château présente une homogénéité remarquable en moellons de grès et de calcaire. Il semble imprenable. © Philippe Farcy

  • Streversdorp est un des plus parfaits exemples d’art militaire des XIIIe et XIVe siècles de nos contrées. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Château de Streversdorp
Location 4850 Montzen (Plombières)
Construction XIIIe au XXe siècle
Style Fortin moyenâgeux
Architect
Occupants
Allocation Résidences privées
Protection Classé le 12 novembre 1954

Last udpate: 30/07/2013


Divisé en quatre appartements, Streversdorp semble immortel.


Les murs de Streversdorp sont épais d’un mètre cinquante, voire plus, depuis le XIIIe siècle. C’est une chance. En hiver, il y fait polaire et les cheminées flamboient. Mais en été, la fraîcheur de ses salons aux lignes un peu austères, pour cause, inviterait à la paresse si nos hôtes n’étaient de fameux intellectuels, professeurs à l’Université d’Aix-la-Chapelle. Il y a des livres d’art partout dans cette maison. Streversdorp vit et pense.


Un château qui a de la gueule


Peut-on espérer meilleur sort pour un donjon puissant, entouré d’une eau alimentant la Gueule, qui va se jeter dans la Meuse non loin d’Eysden, et logiquement peu ouvert sur l’extérieur ? Certes non. M. et Mme Michael Jansen rient de la vie, comme les moellons de grès et de calcaire de leur bâtisse se rient du temps écoulé, voire écroulé. Ecroulée comme jadis l’était la moitié de la tour d’angle circulaire sommée d’une toiture en poivrière. Elle s’était ouverte en 1965 et pendant 25 ans elle offrit aux vents furieux les lambeaux de sa gloire comme le vécut le château Coloma à Leeuw-Saint-Pierre. Les Jansen sont là depuis le début des années nonante. Il était temps.

Streversdorp, dit aussi château « de Graf », a failli mourir dans l’indifférence comme en témoigne des photos anciennes. Par contre, la pauvreté de ses propriétaires successifs, empêchés de l’embellir et de lui donner le confort des XVIIIe et XIXe siècles, a permis de conserver cette maison-forte dans un aspect presque initial. Autre chance. Au vrai, le Graf a de la gueule. On accède à la demeure seigneuriale par une cour de ferme bordée de deux ailes. L’une est constituée de briques, l’autre de moellons de calcaire. Celle de gauche remonte à 1687; celle de droite date du XVIIIe siècle et s’achève en beauté sur une chapelle consacrée en 1734.


Un commandeur teutonique


On y pénètre - à ses risques et périls - par un petit portail cintré aux claveaux et piédroits ornés de cartouches moulurés en creux. Les armes sont celles de Vincent van der Heyden, dit Belderbusch et de son épouse Marie-Claire de Westrem de Göttendorf. On se souviendra que les comtes de Belderbusch avaient donné au début du XVIIIe siècle un grand-commandeur de l’Ordre teutonique au château des Vieux-Joncs (Alden Biesen, près de Hasselt).

Le château de trois niveaux posés sur de hautes caves est précédé par un pont dormant à trois arches; il menait au pont-levis. Le portail semble dater de 1738. L’élévation du donjon est disposée presque en carré autour d’une surprenante cour centrale plus profonde que le plan d’eau. Plusieurs blocs constituent ce massif imprenable et la face nord n’est illuminée que par des ouvertures de tirs et les restes de trois latrines, comme à Chillon, sur le lac Léman. A l’intérieur survit encore une salle voutée en berceau, exceptionnelle par son décor peint vers 1520. Un seul tiers est conservé. Il a plu dessus pendant trop longtemps. Pourtant, le château est classé depuis 1954. On notera encore les noms des propriétaires successifs dont en 1350 van der Knavel, puis les van Macrelaer, van den Horrick et, de 1530 à 1810, les Belderbusch. Le bien passa ensuite à Arnold Thiriart pour être cédé au chevalier Xavier Janne d’Othée et suivre chez les Roelants de Stappers.



On ne visite pas.



SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002 
Guy Poswick, Les délices du duché de Limbourg, Archives verviétoises, tome IV, Verviers 1951