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Plainevaux, une terre peu disputée


Château de Plainevaux - 4122 Plainevaux (Neupré)



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  • Face sud. © Philippe Farcy octobre 2008

  • Face nord. © Philippe Farcy octobre 2008

  • © Philippe Farcy octobre 2008



Official Name Château de Plainevaux
Location 4122 Plainevaux (Neupré)
Construction 1188
Style
Architect
Occupants Egel & Völkers Liège
Allocation Projet de transformation en 59 appartements depuis 2010
Protection

Last udpate: 10/02/2014


Importance esthétique

Il aura fallut attendre le 12 octobre 1647 comme le fit savoir Stanislas Bormans en 1875 pour que Plainevaux retrouve ses maîtres d'origine, les moines du Val-Saint-Lambert. L'abbaye récupéra alors un fief dont l'attraction première devait être la chasse et la force de ses troncs d'arbres. Plainevaux regarde vers la vallée de l'Ourthe au sud, mais à l'opposé le massif forestier descend encore de nos jours jusqu'à moins de 2 km de la Meuse au nord. Du nord au sud, d'Ivoz jusque Poulseur puis d'est en ouest, de Strivay jusqu'à Rotheux, il y a plus de 200 ans, ce n'était que des bois de chênes et de hêtres, sur plusieurs milliers d'hectares. Et il en reste des centaines d'hectares dont une partie, celui de Neuville, descend toujours jusqu'au Val-Saint-Lambert.

Plainevaux dans ce concert d'oiseaux continuel a mené une vie paisible, trop peut-être, car on a oublié du coup son importance esthétique. Que voilà un bel édifice ! Il était promis à un développement immobilier en multipropriété (62 appartements sont prévus sur 7.000 m² habitables en ce compris l'immense ferme en carré), ce qui fait penser à l'heureuse transformation du château de Lexhy. Mais l'un des promoteurs, jeune homme d'une quarantaine d'années est décédé subitement le 27 décembre 2007. Il se nommait Marc Selinger. Depuis ce drame, la famille et les coactionnaires ont décidé de revendre la totalité du domaine qui attend à nouveau des jours meilleurs. Le parc lui aussi devait retrouver une part certaine de sa beauté. L'arrivée des Selinger était une aubaine pour Plainevaux car le domaine est à l'abandon depuis plus de dix ans.


Historique

Saumery en 1745 évoque dans ses Délices du Païs de Liège ce château « de grande aparence, (qui) ne consiste qu'en trois Pavillons uniformes que joignent de beaux Bâtimens qui forment la façade Méridionale d'une vaste Basse-cour ». De ce « vaste logis » comme dit Saumery dépendait les villages de « Plenevaux, Grandzée, Striveau (et) Roisy ». L'auteur signale que l'abbaye du Val-Saint-Lambert en fut maîtresse quand les bénédictins s'installèrent d'abord ici en 1188 dans un lieu nommé Rosières, avant de descendre sur la Meuse. Ils gardèrent Plainevaux jusqu'en 1314 quand le bien leur fut aliéné. 333 ans plus tard ils en recouvraient les droits.

Entretemps passèrent par ici les Nanderen en 1401, puis les Hoensbroeck que l'on écrivait alors Hoen de Brouck à partir de 1516. L'un d'eux fut Thierry de Hoensbrouck, seigneur par ailleurs de Nandrin et de Fraineux. En 1599 on voit que le domaine est repris par Guy de Fiennes, sire de Blier, opérant comme mari de Jehanne de Rahier, veuve de Thiry Hoenne. En 1614 apparaît Guy de Fisenne, sire de ce lieu. Puis le 29 mars1647 c'est au tour de Jean-Albert de Neuforge, seigneur de Warge et de Fisenne de faire relief de la terre de Plainevaux.

 

L'architecte de Warfusée

Monsieur de Neuforge était l'époux de Emerantiane de Calone de Courtebourne et le frère de Charles, chanoine de l'église Saint-Denis de Liège. Pour mettre un terme à un procès, ces trois personnes finirent par vendre Plainevaux, contre 105.000 florins Brabant (somme énorme), à l'abbaye du Val-Saint-Lambert. Celle-ci conserva et enjoliva le château. La description du bâtiment par Saumery précède les interventions connues de l'architecte Jean-Gilles Jacob (1714-1781). Cet artiste trop peu célèbre est né à Hermalle-sous-Huy. On conserve sa maison dont les décors intérieurs sont passionnants. Hermalle, fief des Horion, Berlo, Ursel, Louvrex, Warzée et autres Potesta aurait-il pu servir de base stylistique pour Plainevaux ? On doit à maître Jacob la nouvelle abbaye du Val-Saint-Lambert, le château neuf de Warfusée, ce qui fut le très élégant château de Bormanville et les églises de Dolembreux et de Ramet, mais aussi l'hôtel de ville de Huy.

A Plainevaux ses interventions furent partielles, sans doute situées sur la tour orientale et la façade septentrionale. La grosse tour oblongue est assurément du XVIIe siècle et de style traditionnel mosan. Sa haute toiture, alourdie par l'absence de galerie faîtière, semble avoir été remodelée au XIXe siècle, comme le furent nombre de baies en pierre bleue à qui on a donné un aspect néo-gothique. La tour carrée orientale cousine avec celle de Hermalle. Il en existait une troisième, disparue à une date inconnue. Du côté sud, la façade centrale longue de quatre travées a été augmentée d'un niveau vers 1850 et on l'a garnie d'une frise d'arcatures romanes sommée d'un crénelage gothique en pierre bleue. Du coup, la demeure a perdu en légèreté et le toit en cette partie centrale est presque absent.


Majestueux perron

Ce n'est pas le cas sur la cour d'honneur où les toitures sont nettement plus équilibrées. Ici le corps axial ne monte que sur deux niveaux et file sur huit travées. L'entrée s'effectue par les travées le plus en ressaut, décalées vers la droite et au niveau du sous-sol. C'est sans doute une autre transformation du XIXe siècle où il semble que la belle entrée s'opéra alors par le sud, via un perron majestueux où trône une fontaine. Et l'on doit à l'architecte liégeois Jean-Charles Delsaux (1821-1893) dont la carrière ne dura qu'entre 1845 et 1863, d'en avoir donné les plans vers 1840. Delsaux est l'auteur de la partie néogothique du palais des princes-évêques de Liège. La ferme date pour l'essentiel du XIXe siècle, mais est-elle de Delsaux ? L'intérieur du château compte encore quelques décors anciens mais pour l'essentiel ils datent du milieu du XIXe siècle. Le parc de dix hectares comporte deux étangs et une belle cascade.


Le Val et ses hôtes

La reprise par le Val permit l'installation d'une branche des barons de Waha-Baillonville en ce lieu qui tenaient une place proche de celle d'un prévôt sans doute ou à tout le moins de régisseurs. Ils occupèrent le château car on leur avait donné une charge particulière. Avec la Révolution, les domaines abbatiaux furent vendus. Les Waha sans aucun doute achetèrent le domaine.

Au XIXe siècle, le domaine fut occupé par les barons de Vivario de Ramezée, qui détenaient alors Barvaux, suite au mariage le 20 juin 1854 de Victor (1812-1866) avec Mathilde de Waha (1830-1862), fille de Joseph et de Sophie Grisard (issue d'une famille de maîtres de forges). Trois filles Vivario vinrent au monde mais elles moururent toutes trois en bas âge. On ne sait qui hérita de cet ensemble majestueux. Les Braconier reprirent ensuite le château à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle, jusqu'à ces dernières années. Mlle de Braconier qui fut avec son père la dernière habitante de cette immense maison vit près de Moxhe.


Mémoire de Neupré

Edouard David qui anime l'a.s.b.l. « Mémoire de Neupré », nous disait en ce printemps 2008 « que ce qui se voit aujourd'hui n'est que le huitième des bâtiments de jadis. Il y avait une troisième tour à gauche dans laquelle se trouvait la chapelle et des écuries étaient contre cette tour. Le baron de Waha a fait doubler le château en épaisseur. La ferme n'existait pas comme aujourd'hui mais il y avait quatre côtés au château. On possède encore les plans du parc plus des plans de drainages car les sources abondent par ici. Et notamment la principale qui vient de la Vecquée ».


On ne visite pas. Le territoire est gardé.


SOURCES:
Sabine Lourtie, 59 appartements de standing au château de Plainevaux, l'avenir.net 15 février 2010 http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=412422
Philippe Farcy, Plainevaux, fort abbatial, LaLibre.be 29 août 2008 http://www.lalibre.be/archives/divers/article/441953/plainevaux-fort-abbatial.html
Sabine Lourtie, Château cherche acquéreur, l'avenir.net 10 mai 2008 http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=143363
Stanislas Bormans, Les Seigneuries allodiales du Pays de Liège, avec une introduction historique, J. Gothier 1867
Pierre Lambert de Saumery, Les Délices du Pais de Liège ..., chez Everard Kints 1738