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L'âme de choc de Montjardin


Château de Montjardin - 4920 Sougné-Remouchamps (Aywaille)



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  • Vue d'en haut. © Philippe Farcy

  • Vue venant du château de Haut-Regard. © Philippe Farcy

  • Les armes de Sébastien Daems, échevin d'Anvers. © Philippe Farcy

  • Photo ancienne



Official Name Château de Montjardin
Location 4920 Sougné-Remouchamps (Aywaille)
Construction 1871
Style Renaissance française
Architect Lavergne
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection

Last udpate: 03/01/2013


L'âme de choc de Montjardin


Voilà un endroit qu'une foule de gens repère en passant sur l'autoroute de Liège vers Luxembourg à hauteur du viaduc de Remouchamps ou en longeant l'Amblève. Montjardin a toujours été un point stratégique dans le duché de Luxembourg aux limites de Liège et de Stavelot.


Au temps les plus reculés, le donjon était posé sur un éperon rocheux comme s'il s'agissait d'un château cathare, précédé par un fossé très profond. A se demander d'ailleurs comment on le bâtit tant le lieu est raide. Le château est en à-pic, et alors il était séparé du massif rocheux de la vallée. L'ingénierie militaire médiévale avait assurément des ardeurs d'avance. Sans doute sommes nous au troisième château sur la seigneurie mais pas sur le site. Le premier fut détruit vers 1300 semble-t-il par les troupes du duc Jean Ier de Brabant qui allait livrer bataille à Woeringen. Trop peu défendu et plus bas vers la rivière du côté de Dieupart, il fut déplacé à l'endroit que l'on connait. Il était alors dans le patrimoine de la famille des Mondersdorp (Haut-Regard) dès 1342. Puis il passa par héritage aux Boulant puissants sires ardennais et de la vallée de l'Ourthe en 1429. Par héritage il passa aux Barbançon puis aux Ligne comme on le vit à Ny et à Soy.


Albert de Ligne (1600-1674), qui fut aussi seigneur d'Aigremont, comte de La Roche, vicomte de Dave (château resté dans sa descendance au duc de Fernan-Nunez), seigneur de Rianwez devint maître de céans entre 1616 et 1640. A cette dernière date le château fut incendié. Ligne le vendit alors à un échevin d'Anvers nommé Sébastien Daems dont on voit les armes en forme de griffe d'aigle et la date de 1642 au-dessus d'une porte d'accès à la demeure. Celui-ci releva le castel qui passa dès 1647 aux mains des Gallo de Salamanca déjà rencontrés dans le château de Laval à Tillet. Une plaque en fonte de feu ouvert armoriée Gallo figure au château du Pont d'Oye, siège d'une importante forge; sans doute ne fut-elle jamais livrée.

Les Villegas en héritèrent ensuite. Puis le 3 juillet 1734, le domaine de Montjardin fut acheté par Jacques de Theux. Son fils Barthélemy-Théodore (1745-1820) restaura la maison et installa des jardins dont certains en terrasses. Depuis lors, le château est resté dans la descendance dont Xavier né à Schabrouck en 1838 et décédé à Bruxelles en 1896. Il fut un grand amateur de livres et sa bibliothèque conservée ici fut vendue à Gand en 1903. Xavier posséda outre Montjardin, Schaltin, Oneux à Borlon et Amas à Ocquier. C'est lui qui inaugura en 1871 un château de style renaissance française dessiné par l'architecte français Lavergne, posé sur l'ancienne basse-cour du donjon. Ce bâtiment a été partiellement démonté après 1945 car il avait été endommagé par une explosion en 1940. Le donjon avait lui perdu une tour en 1927. Elle s'effondra car elle était posée sur une source, utile à la vie quotidienne et en cas de siège. Le donjon fut alors restauré avec l'aide de l'architecte Bourgault. Les Theux avaient été jadis (dès le XVIe siècle) seigneurs de Banneux et de Juslenville, voués d'Aywaille. On les nommaient alors Thomson de Juslenville ou Thomson de Theux.


Du point de vue architectural, la bâtisse est assez simple. Elle s'appuie sur le donjon, haut de trois niveaux posés sur un soubassement de caves. Proche du donjon de Nandrin, Montjardin est monté en calcaire mêlé d'un peu de grès. Ses arètes sont chaînées. Il présente deux baies étroites du côté de la cour d'honneur (ouest) et un jour carré au sommet sous la toiture en bâtière qui repose sur une corniche de calcaire. Du côté de la vallée le donjon est en grande partie caché par un troisième bâtiment qui l'enserre. Sur le flanc occidental et donc du côté de la cour d'honneur, le deuxième édifice large de deux travées reçoit un beau portail baroque sommé des armes du sieur Daems, datée de 1642. Une baie étroite à meneau le surmonte et en haut dans l'axe se trouve une baie à croisée. Une belle lucarne à degrés décore la toiture. Sur la face sud les édifices 2 et 3 accolés donnent deux travées dont l'une possède un pignon crénelé. Vers la vallée le troisième bâtiment présente trois travées dont celle du nord en fort ressaut. Les baies sont à croisées, sauf deux à meneaux et celles de la lucarnes qui sont à petits-bois. Une est assortie d'un balcon. Les toitures sont en bâtières. La tour circulaire engagée qui s'est effondrée en 1927 était sur ce côté nord.



On ne visite pas. Accès défendu outre le ravin, par quelques animaux aux dents longues.


SOURCES
:
Philippe Farcy

André & Dominique de Kerckhove dit van der Varent, Histoire de la seigneurie de Heyenhoven dite Schinvelderhuis à Schinveld dans le Pays de Fauquemont, Le Parchemin, 56e année, n° 276, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, novembre-décembre 1991