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Sipernau, souvenir d'une terre des La Marck


Kasteel Sipernau - 3650 Elen (Dilsen-Stokkem)



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  • Carte postale ancienne, ed. Nels, n° 332



Official Name Kasteel Sipernau
Location 3650 Elen (Dilsen-Stokkem)
Construction Après 1729-1730 ou après 1741; vers 1860; 1887
Style Classique et néo-Tudor
Architect
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection Bien classé le 3 décembre 2004

Last udpate: 06/01/2013


Cette maison auraient été aux La Marck, mais un peu de la main gauche, bâtards de Guillaume, sire du Burg de Lummen

Déjà visible sur la carte de Ferraris vers 1771-1777, le château de Sipernau est le témoin, remodelé vers le milieu du XIXe siècle, d'une antique seigneurie mentionnée dès le XIIe siècle. Faisant suite au classement, le quotidien Het Belang van Limburg avait publié un bel article sur le château en janvier 2005, pour y saluer la qualité des décors extérieurs et aussi intérieurs. Certains éléments témoignent encore de la beauté du château sous l'Ancien Régime, grâce aux décors de stucage. Dans la chapelle du château se trouve une statue de sainte Rita, évoquée pour les causes désespérées. La sainte aura bien travaillé pour émouvoir un ministre libéral prit en flagrant délit de dévotion.

Les propriétaires des lieux, Emiel Bokken et son épouse née Patricia Micha, vécurent en Afrique du Sud avant de revenir sur leurs terres et de continuer à faire des allers-retrours. Ils achetèrent le domaine en partie, avec le château, mais pas les dépendances qui sont en d’autres mains.


La terre de Sipernau, marécageuse aux temps les plus reculés, apparaît en 732 quand s'opère un don du lieu à l'abbaye de Trèves. Ensuite, le territoire appartint selon les sources à l'abbaye de Corbie (comme une part allodiale de Beringhen), située à 15 km d'Amiens. D'autres mettent Sipernau en possession de l'abbaye d'Heylissem dès 1179. Aux XIVe et XVe siècles, Sipernau étaient dans les mains des sires de Moepertingen ou de Moppertinghe, selon le professeur Van de Weerd. Puis on apprend que longtemps après, le 24 juillet 1741, le prince-évêque de Liège (1724-1743) Georges-Louis de Glymes de Berghes fit don de la terre à Thomas-Corneille de La Marck, né à Utrecht en 1705, et sire de Leur. Sa branche serait d'origine bâtarde, à en croire le baron de Chestret. La date de 1729 est aussi citée pour le don du prince-évêque.



Histoire fragmentaire

Thomas-Corneille épousa à Baexem, le 5 mai 1726, Anne-Françoise de Baexem (au pays de Thorn, en Hollande), dame d'Eele et de Sipernau. Elle était la fille du baron Adrien-Martin de Rhoe d'Opsinnig et d'Antoinette-Marguerite de Baexem-Baexem. Thomas-Corneille abjura le protestantisme en 1730 pour plaire à sa femme. Il décéda à Schoonhoven en 1744. Leur fils Jean-Frédéric de La Marck décédé en 1797, hérita. Il était marié à Marie-Thérèse, comtesse d'Aspremont-Lynden, des sires de Barvaux puis il fut uni à une Américaine, Aurélia Murray.


Ses six enfants (des deux lits) vendirent le domaine au baron allemand Alexandre de Liliën, époux de la baronne de Speeth. On notera qu'une baronne de Liliën s'était mariée au XIXe siècle avec le baron Clément-Auguste de Furstenberg, châtelain de Remersdael. Par vente, Sipernau échut au baron Eugène de Bors d'Overen qui y vécut avec sa soeur Isabelle et le mari de celle-ci, Jean-Léon Olislagers. Ceux-ci eurent trois enfants: Marie, Théodore (1787-1861) et Victoire. Théodore Olislagers de Sipernau (1787-1861), fut membre du Congrès national. Il était représentant de la région de Ruremonde, comme le fut Henri de Brouckère (1801-1891), déjà croisé au château Sainte-Anne. Non marié, Théodore laissa le château à sa nièce Marie de Malet de Coupigny, fille du comte Charles et de Victoire Olislagers dite de Meerssenhoven.


Les Malet qui eurent les honneurs de la Cour de Versailles, étaient de la Flandre espagnole puis française, faits comtes en 1765 par Louis XV. Ils profitaient des châteaux de Louverval, à Hermies (Pas-de-Calais), puis de Courset, à Desvres (Pas-de-Calais), et de Pondron, à Fresnoy (Oise).



370.000 francs en 1887

Marie de Malet, née à Malines en 1829, allait épouser le comte (1851) Alexandre d'Alcantara. Il était né en 1825 des oeuvres d'Alexandre son père et de Marie-Ghislaine d'Ardembourg de Gibiecq, dont les noces avaient été célébrées en 1824. Les d'Alcantara-Malet eurent trois filles. La succession de Marie-Ghislaine, décédée en 1887, permit aux Powis d'entrer à Sipernau, par achat. La vente portait sur 173 ha, acquis contre 370.000 francs, payés jusqu'en 1892. Il s'agissait du baron (1912) Henri Powis de Tenbossche (1859-1918) qui avait épousé Marie de Theux de Meylandt. Elle était la fille du célèbre ministre et comte Barthélemy-Théodore de Theux (1794-1874), époux d'Aline du Parc (1822-1881), fille du vicomte Charles.


Le choix de Sipernau pour les Powis allait de soi car le comte de Theux possédait à Achel, plus de 1.000 hectares de terres et qu’il résidait aussi en sa campagne de Heusden, au château de Meylandt. Toutefois, les Powis auraient pû s'installer comme petits-enfants des Fourneau, à Cruquenbourg (Ternat). Le domaine de Sipernau passa à leur fils aîné, le baron Joseph Powis de Tenbossche (1886-1965), époux de Madeleine (des vicomtes) Desmaisières (du château de Heers), née en 1901 et retournée au Père en 1988. Leur fille aînée Claire Powis, allait épouser le baron Hubert de Moffarts, ce qui crée un lien direct avec Nieuwenhoven près de Saint-Trond. Hubert était le frère d'Armand de Moffarts, ce qui tisse d'autres liens avec le Hamel à Lummen et avec le Gasterbos à Schulen.



Les Powis, des Bruxellois de souche

Les Powis sont des Bruxellois de souche ancienne, jadis nommés Pauwens mais à qui l'empereur Charles VI permit de reprendre ce qui semblait être leur plus ancien patronyme à savoir Powis, en 1733. A cette date, Jacques-Benoît, seigneur d'Houthem, de Westmalle et de Tenbossche (dernier bien relevé le 24 décembre 1761), fut fait chevalier. Son descendant Louis-Benoît Powis de Westmalle fut élevé au titre de baron le 6 juillet 1822. Mais lui, marié à Gand à Julienne Marouxc d'Opbraekel (voir Lophem; elle était issue d'une famille gantoise qui avait donné un procureur général au Conseil de Flandre) et ses frères, n'eurent point d'enfant.


Les Powis d'aujourd'hui descendent de la seconde branche dont l'aîné était un autre Louis-Benoît, membre du Conseil général des Hospices de la Ville de Bruxelles. Il avait épousé en 1822 Thérèse Cornet de Peissant. Ils n'eurent qu'une fille Caroline, mariée à Melsbroeck (voir Meerbeke), à Philippe Snoy. Adolphe Powis, frère du précédant lui aussi marié à une Cornet de Peissant (Rose), sera l'arrière-grand père du baron Joseph, propriétaire de Sipernau. Quant à Madeleine Desmaisières, elle était la fille du vicomte Albert et de madame née comtesse Claire de Ribaucourt.



Simplicité

Le château est un grand quadrilatère de one travées de large, si on veut bien prendre les travées extérieures, aveugles, couronnées de créneaux. Tout construit en briques soulignées d'un peu de pierre bleue, il monte sur deux niveaux et demi posés sur un épais soubassement aveugle lui aussi. Au centre émerge un péristyle d'une seule travée faisant terrasse à l'étage. Dans cet axe l'élévation compte un pignon à gradins orné en son centre d'une horloge sommée d'armoiries. Sur la droite se trouve la chapelle de sainte Rita.


Du côté occidental fut érigée une tour octogonale, décorée d'arcatures et de créneaux. De part et d'autre de la cour d'honneur les communs se font face; leur apparence est simple mais on appréciera les décors animaliers. Dans la cave du château où l'escalier y menant porte une pierre datée de 1730, se trouve un accès vers un souterrain menant à une ferme éloignée de 700 mètres, accolée à une auberge d'où l'on pouvait filer loin du danger grâce à des chevaux toujours prêts. Dans le parc, un étang donne de l'agrément.



On ne visite pas. Le château se regarde de la route.
Les seuls chiens visibles sont en pierre et accrochés aux façades. Les autres ne sortent que pour éloigner les importuns.



SOURCES:
Philippe Farcy, Sipernau, fief des la Marck, Vie de Château 418, LaLibre.be 19 octobre 2007 http://www.lalibre.be/archives/divers/article/377853/sipernau-fief-des-la-marck.html
H. Van de Weerd, De norbertijnen op Sipernau (Eelen), in Limburg 11, 1929-1930, pp. 136-139