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Atrin, fief des Méan


Château-Ferme d'Atrin - 4560 Clavier



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Category : Information Business Events
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  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Château-Ferme d'Atrin
Location 4560 Clavier
Construction XVIIe siècle
Style
Architect
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection

Last udpate: 10/01/2013


Le château ferme d'Atrin est une curieuse bâtisse tout en calcaire du XVIIe siècle. Rien n'a bougé ou presque depuis lors. Ambiance monacale ? Pas du tout !

A la rigueur des lignes de ce très long édifice qui se termine par une tour d'équerre en fort ressaut, à l'unité des matériaux de calcaire qui donnent une austérité monochrome évidente à la construction et à ses dépendances agricoles posées à quelques mètres au sud et à la suite du logis, répond depuis 2003 l'enthousiasme d'une famille où les enfants s'ébrouent.

Atrin revit. Atrin trouve ou retrouve la gaieté de la jeunesse qui se sert de la grande cour ouverte comme salle de jeux, quand le temps le permet. Jean-Michel et Marielle Desmons ont en effet repris, en mars 2003, cet ensemble imposant, pour un peu monacal, et pourtant bien porteur du titre de seigneurie féodale. Le baron Jean-Raymond de Terwangne a écrit en 1967 dans "Le Parchemin" la seule vraie histoire de la maison d'Atrin, située presque au sommet d'une ondulation du Condroz liégeois. Si ce baron a écrit une telle notice c'est que ses ancêtres en furent maîtres.

Atrin était une terre qui par donation était échue aux abbayes princières de Stavelot-Malmédy dès le Xe siècle. Il parvint ensuite, après une vente, à Jean Ier roi de Bohème, en 1338. Quarante ans plus tard, le premier sire d'Atrin de la famille des Saive, releva la seigneurie. Par un jeu de mariages, Atrin passa aux Roxhelée ou Rochelée, dits "de Saive" qui étaient en même temps sires du donjon de Fosseroule.

L'un d'eux, Thierry, sera mayeur de Huy en 1496. Par ses trois mariages avec une Sart de Hody, une Jenneret et une Blehen d'Abée, il agrandit ses possessions. Ainsi de Fosseroule, arrivé en 1600 chez les d'Outremont, ou de Soheit. Counerotte de Terwangne de la Tour, époux d'Agnès fille de Thierry de Saive, releva Atrin. Le bien resta dans cette famille de Terwangne de la Tour durant deux générations. Dès 1558, des ventes eurent lieu entre cousins et l'on vit arriver Ottard de Brialmont, haut-voué de Xhos, sire de Fraiture et de Geneffe. Un fils hérita, puis le fils de ce dernier, devenu baron de Fraiture reprit la main. Il se maria lui aussi trois fois, comme son aïeul, et Atrin échut faute de descendance mâle, à sa troisième épouse née Aspremont-Lynden, fille du seigneur de Reickhem.



 

Méan, mayeur de Liège

Devenue veuve et remariée à un Berghes, elle vendit Atrin vers 1650 à Charles de Méan, deux fois mayeur de Liège. Les Méan étaient une très bonne famille liégeoise qui donna des juristes, des serviteurs de Dieu aussi et des amateurs d'art contemporain par dévotion sans doute à la Contre-Réforme. Charles de Méan avait commandé en 1670 au peintre liégeois Walthère Damery (1614-1678) une grande toile (240 x 178 cm) pour la chapelle d'Atrin. On y voit saint Charles Borromée adorant la Vierge et l'Enfant. La toile aurait quitté Atrin dans la seconde moitié du XIXe siècle pour le château de Ponthoz et se trouverait depuis la fin des années quarante suite à une vente, dans l'église de Petit-Roeulx (Nivelles).

Son fils Pierre de Méan, devenu baron lui succéda, puis son petit-fils Charles II, époux de Dorothée d'Hinnisdael, dame de Gutshoven, les suivit. Le fils de ceux-ci, Pierre, devint comte de Méan et de Beaurieux et sire d'Atrin et de Saive. En ce dernier château, resté dans la descendance Méan, se trouve une suite de panneaux en grisaille peints pour le hall d'entrée, eux aussi exécutés par Walthère Damery.

Frédéric-Antoine puis Pierre II de Méan reprirent à leur tour les rennes du domaine d'Atrin. Pierre II était le frère du dernier prince-évêque de Liège. Il allait devenir le premier archevêque de Malines en 1817. Le domaine d'Atrin devint ensuite une dépendance du château de Ponthoz situé à une lieue à l'est en léger contrebas. Les comtes van der Straten-Ponthoz achetèrent Atrin le 10 mars 1838 aux Méan et revendirent ce bien le 14 octobre 1913 aux de Wautier de Pair. Les Wautier en firent de même en faveur de Lonneux le 19 septembre 1953 qui y restèrent cinquante ans.


Long vaisseau

La demeure orientée est-ouest aligne onze travées plus trois autres sur la tour en ressaut. Elle monte sur deux niveaux et un troisième ajouré se trouve juste sous la haute toiture à brisis couverte d'Eternit. Le ressaut présente une toiture à croupettes et monte sur trois niveaux.

On remarquera l'étroitesse des baies. Sur le versant oriental, les murs sont presque aveugles, sauf au logis en ressaut où se trouvent trois paires de baies carrées. L'habitation est prolongée par une aile de grange. Le tout est paré de calcaire.


On ne visite pas.


SOURCES:
Philippe Farcy, Atrin, fief des Méan, LaLibre.be, Vie de Château 457, 25 juillet 2008  http://www.lalibre.be/archives/divers/article/435728/atrin-fief-des-mean.html
Baron Jean-Raymond de Terwangne, Les seigneurs d’Atrin en Condroz, Le Parchemin, 14e Série, n° 132, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, décembre 1967