FR - NL - EN
HOME AGENDA CONTACT FAQ CHATEAU OWNER LOGIN

La vie paisible dOttegraeve sur les bords du Fouron


Château d'Ottegraeven - 3798 's Gravenvoeren (Voeren)



Contact

Category : Information Business Events
First Name
Last Name
E-mail
Phone
Please enter CASTLE in the below field:

  • En longeant la route du village, on aperçoit d’abord une délicieuse chapelle d’époque Louis XV. © Philippe Farcy

  • Ottegraeven est un petit château entouré d’eau, de style Louis XV classique. Inscrit dans un superbe parc bien planté d’essences rares, la maison se cache derrière les feuillages. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Château d'Ottegraeven
Location 3798 's Gravenvoeren (Voeren)
Construction 1710
Style Classique
Architect
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection Bien classé le 16 juin 2000

Last udpate: 06/01/2013


Le castel de campagne d’un chanoine de qualité.


Nous voilà dans le « Pays des Trois Frontières », entre Belgique, Hollande et Allemagne. Le territoire batave est juste au-delà de la colline qui mène vers Gulpen et son magnifique château Louis XV (jadis abbaye, naguère aux comtes de Marchant et d’Ansembourg et devenu hôtel de luxe). Plus près encore, toujours de l’autre côté des bornes métalliques qui serpentent dans les champs, on trouve le château-ferme de Mheer. Le pays est vallonné. Il était jadis propriété du duché de Limbourg, espagnol. « Les sources d’eaux pures jaillissent de partout », nous signale d’emblée le propriétaire, Guy Palmers. Sur ses trois hectares de jardin, aidé de son épouse,
il veille à ses arbres centenaires comme cet impressionnant Hicory venu des Etats-Unis qui ploie majestueusement sous les coups de vent. Deux étangs s’ajoutent aux douves pour donner au site un petit air de grandeur, et le Fouron clapit au fond du terrain.



Chanoine puis doyen à Maestricht

Le château d’Ottegraeven est sans prétention. Demeure de campagne d’un prélat liégeois, né en 1656 et mort en 1742, la maison fut construite en 1710 comme en témoigne le linteau de la porte d’entrée. Il ne pouvait en être autrement.

Henri-François de Bounam (ou de Bonhome), fut docteur en Sorbonne et chanoine puis doyen de l’église Saint-Servais à Maestricht. Protonotaire apostolique, il fut aussi conservateur des privilèges de l’Ordre Teutonique dont Saint-Servais était une commanderie dépendant du Baillage des Vieux-Joncs (Alden Biesen).

La maison, entourée d’eau claire, passa de mains en mains étant une fois vendue. Ainsi, un neveu du chanoine prit le domaine. C’était Henri Meex. Puis vinrent la fille de ce dernier et son mari, Antoine de Blavier, chevalier du Saint-Louis, colonel au service de la France. Le bien échut aux Bonhome, faits barons en 1789. Ceux-ci le vendirent en 1853 à Alexandre de Ponthière. Ottegraeven est, depuis, resté dans la descendance de cette famille.

Le château n’a que peu varié depuis sa création. Seule la ferme qui lui est adossée et qui clôt la vue au sud, a été rajoutée, sans doute au début du XIXe siècle. Cela protège la bâtisse de la rue où passent quelques modernes carrosses. Un peu plus haut, le chemin de fer construit par les Allemands en 1914, sur du roc, voisine avec de hautes haies et des vaches laitières.



Haut soubassement de caves

Hormis cela, ce bien et ce paysage agreste n’ont presque plus bougé. Le château se présente comme un bloc carré posé sur un soubassement assez considérable qui abrite les caves. Deux niveaux le dominent. Ils sont eux-mêmes sommés d’une bâtière à pente forte, animée de quelques cheminées et de deux lucarnes par côté.

Sur la façade d’accès, une fois passé le pont dormant composé de deux arcs en plein cintre, la lumière entre dans la maison par trois fenêtres en haut; deux ont été creusées en bas, de part et d’autre de la porte à doubles vantaux.

Sur les trois autres façades, ce sont quatre fenêtres qui agrémentent l’élévation. Si une adjonction pas très heureuse a été construite au nord afin d’accroître les commodités, l’édifice conserve son style classique. Par sa simplicité linéaire, par ses économies décoratives, il pourrait être Louis XVI. Mais vu la date susmentionnée, nous avons affaire à une construction du temps de Louis XIV. Comme quoi, on peut se trouver confronté à l’époque baroque et apprécier une expression anti-baroque, idée soutenue voici vingt ans par feu Anthony Blunt au Collège de France à propos des architectes romains Borromini et Bernini.
 
On appréciera encore, en bordure du parc, une petite chapelle chaulée en blanc, ornée de pilastres engagés à chapiteaux ioniques et sommée d’une jolie toiture à pans coupés.


On ne visite pas.



SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002