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Bouillon, au coeur de l'Ardenne


Château Fort de Bouillon - 6830 Bouillon



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Category : Information Business Events
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  • © Fédération Touristique du Luxembourg Belge

  • Tour d'Autriche & Tour de l'Horloge © Jean-Pol Grandmont 17 September 2011

  • Carte postale envoyée en 1908, ed. Victor Caën

  • Timbre-poste, érie Pour le Tourisme, 11 novembre 1966, dessin Herman Verbaere, gravure Léon Janssens, Catalogue Officiel de Timbres-Poste (COB) n° 1397

  • Tour d'Autriche © Jean-Pol Grandmont 17 September 2011

  • © Jean-Pol Grandmont 17 September 2011

  • Remparts sud-est du château © Jean-Pol Grandmont 17 September 2011



Official Name Château Fort de Bouillon
Location 6830 Bouillon
Construction VIIe siècle; 1050-1067; 1082; 1679; 1794
Style
Architect
Occupants Etat belge
Allocation Tourisme
Protection

Last udpate: 29/12/2012


Les ruines du château-fort de Bouillon conservent tout leur attrait comme le démontrent chaque année au début de ce mois d'août les « Médiévales » faisant de la petite cité jadis princière un haut lieu de l'art de vivre au Moyen Âge. Il est vrai que le site enroulé autour de la rivière Semois, la ville posée aux pieds de la citadelle comme à Montmédy et la région boisée et giboyeuse forment un ensemble remarquable. Les touristes y affluent avec raison, comme à Houffalize ou à La Roche.

Sans entrer trop dans les détails de l'histoire de la cité, notons que les sources donnent comme date d'implantation en surplomb de la Semois la date de 733. Le site retenu est connu sous le nom actuel de « La Ramonette », mais jadis on parlait de la « colline de Beaumont ». Cette première édification fut exécutée dit-on par un certain Turpin d'Ardenne. Le rocher en ce lieu est long de 350 mètres et culmine à 200 mètres. Une autre fortification y est mentionnée en 988. Il s'agissait sans doute de tours de guet, de petites places forte frontalière entre différents domaines. Il faudra attendre le duc Godefroid III le Barbu pour qu'une véritable forteresse prenne corps sur le piton rocheux que l'on connait toujours. Cela nous situe entre 1050 et 1067.


Après l'intermède qu’assuma Godefroid le Bossu vint le neveu de ce dernier, Godefroid de Boulogne, fils d'Eustache et d'Ide d'Ardenne. Ce Godefroid dit de Bouillon prit comme on le sait la tête de la première croisade. Mais pour s'en aller en Terre Sainte, le beau sire qui trône à cheval sur la Place Royale à Bruxelles vendit son territoire de Bouillon au prince-évêque de Liège, Otbert. La pleine possession de ce lieu par Liège ne se fit qu'en 1100 à la mort de Godefroid. Ce qui n'empêcha pas les invectives de voisins gourmands comme le comte Renaud de Bar qui occupa le site de 1134 à 1141.

Comme l'écrit André Matthys, on sait depuis les fouilles de 1977 qu'il y avait deux fortifications à Bouillon. L'une d'elle se trouve sur le plateau dit de « Ramonette », posé à 380 mètres du château, en contrebas. Il y avait ici une motte féodale accueillant un plateau circulaire de neuf mètres de diamètre, haut de 3,5 mètres. Un fossé plat taillé dans le schiste puis un rempart de terre menaient à un précipice. Une tour de pierre et de bois occupait l'espace. L'auteur de poursuivre pour préciser que le deuxième château fut érigé par notre Godefroid, duc de Basse-Lotharingie, en 1082. Un donjon occupa le centre du domaine, dominant l'ensemble des édifices alentours. Il était haut de 26 mètres et large de 13 mètres. Visible sur le plan relief commandé par Louis XIV en 1689 et laissé tel quel par les aménagements de Vauban datant de 1679, on le voit encore sur les élévations de 1794 effectuées par ces mêmes Français. Le donjon sera finalement détruit en 1824 pour laisser la place à quatre casernements. Ces bâtisses furent à leur tour détruites en 1892 pour harmoniser le site.

Les bâtiments restants, sauf une tour, ne sont plus médiévaux mais renaissants et construits par le prince-évêque de Liège Georges d'Autriche, suite aux destructions causées par les armées de Charles-Quint. Il en est ainsi de la tour d'artillerie, de la petite poudrière ronde et de la porte à bossages du troisième châtelet d'entrée. Les Français y firent de nombreux aménagements tout au long du XVIIIe siècle. Il faut dire que nos voisins du sud avaient de bonnes raisons de s'intéresser à ce lieu car il était stratégique dans la géographie politique locale, entre Liège, les terres germaniques plus au nord, les territoires espagnols tout autour, la Lorraine si proche, puis Sedan jumelle de Bouillon. Au coeur de cette imbrication de fiefs plus ou moins importants trôna la famille des La Marck, originaire d'un patelin proche de Hamm sur la Rhur, acheté en 1198 par les comtes d'Altena issus des comtes de Berg. Cinq siècles d'histoire européenne issue du fugace royaume de Lotharingie prirent alors leur cours comme le décrit avec passion le marquis de Trazegnies dans son récent livre Le lis et le sanglier. Les La Marck devinrent avoués de Bouillon et sires de Sedan dont ils érigèrent la forteresse. La branche de Bouillon s'éteignit dans les La Tour d'Auvergne. Depuis 1830 le domaine est revenu à l'Etat belge et son entretien est assuré par la Régie des Bâtiments. La Ville de Bouillon en assure la gestion et la promotion.


Les visites sont évidemment très souhaitées.



SOURCES
Philippe Farcy
Olivier de Trazegnies, Le lis et le sanglier : Louis de Bourbon et Guillaume de La Marck (1456-1492), Les Editions de l'Arbre 21 octobre 2008
Thierry d’Orjo, Les Walcourt (suite), § V – Les Orgeo, Le Parchemin, 75e année, n° 385, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, janvier-février 2010
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel III, Hobonia 1989
André Matthys, Les fortifications de Bouillon, Conspectus MXCLVIII, p. 206, Archaelogia Belgica 1978


HOMONYMIE:
Château de Bouillon (détruit), 5370 Havelange