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A Jemeppe le château Antoine se meurt d’ennui


Château Antoine - 4101 Jemeppe-sur-Meuse (Seraing)



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Category : Information Business Events
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Official Name Château Antoine
Location 4101 Jemeppe-sur-Meuse (Seraing)
Construction 1298; après 1728
Style
Architect
Occupants Institut du Patrimoine Wallon (IPW) pour la restauration
Allocation 2011: salle des mariages et du conseil communal de la Ville de Seraing
Protection

Last udpate: 04/01/2013


La vallée de la Meuse on le devine n’est plus, entre Huy et Visé ce qu’elle était au XIXe siècle et avant encore, soit une région que les auteurs anciens décrivaient comme des plus agréables et charmantes à vivre. Si ce n’est qu’elle est encore bordée de collines pentues et de grands bois profonds, son côté élégiaque est bien loin. Pour le reste, ce ne sont qu’usines et cheminées. Toutefois, les villes du sud de Liège bénéficient depuis peu de certains aménagements routiers et de voiries qui rendent leur fréquentation plus agréable. Cela bouge donc dans le bon sens même si certains quartiers (notamment de Seraing, dont Jemeppe fait partie) sont encore dans un grand abandon. Or c’est à Seraing que cela évolue le plus.


Densité de maisons

Nous sommes précisément à Jemeppe, sur la rive gauche du fleuve et en contrebas de l’autoroute montant vers Bierset, dans une zone de petites maisons très densément bâties et dont certaines remontent aux XVIIe et XVIIIe siècles, du moins sur la rue principale. Là où se trouve le château qui occupe d’ailleurs le centre d’une large place, elles sont plus récentes.

Cet espace est ce qui reste d’un parc castral qui fit 12 bonniers (+/- 15 ha) vers 1650. Le processus d’élimination du parc fut donc le même ici qu’à Angleur au château des comtes de Horion, nommé “château Nagelmackers” et au château de Rochelée à Amay. Le château Antoine qui est le château principal de Jemeppe est à peine isolé par son territoire herbeux. Il est construit en U et flanqué de quelques arbres qui sont remarquables parce qu’ils y sont toujours. Ce château dût être élégant à partir du XVIIIe siècle. Avant cela ce n’était qu’un gros donjon très austère, jadis entouré d’eau. Le château possède la curiosité d’avoir été bâti en deux époques bien différentes et parfaitement identifiables. Ses éléments sont accolés. Il y a d’abord le donjon rectangulaire en moellons de calcaire et de grès du XIIIe siècle, puis la demeure plus récente des XVIIe et XVIIIe siècles. Le donjon monte sur quatre niveaux et demi sous une toiture en pavillon. On le compléta par deux demi-tours circulaires engagées à usage d’escaliers, sous des toitures réduites à six pans, placées vers l’orient et l’occident.

L’aile touchant le donjon primitif est également en moellons de calcaire. L’aile qui lui fait face est montée en briques dans la partie haute vers le nord et vers la cour. Le pignon et la partie basse située au nord sont en moellons de grès. Les éléments habituels des décors sont en pierre bleue. L’aile nord compte six travées inégales et un porche d’entrée assez étroit en plein cintre cantonné de pierre bleue chaînée. Il s’agissait d’un accès pour les voitures et chevaux; du côté sud, sur la cour, la même aile possède deux autres entrées cochères en plein cintre. Notons ensuite que les deux ailes du U ne sont pas d’égales hauteurs et que leurs toitures sont différenciées. Il en est de même des baies bombées à clés d’une part et plates au nord d’autre part. Le volume 8² du patrimoine monumental de la Belgique consacre près de quatre pages de description architecturale pour cette bâtisse. C’est dire l’importance qu’on lui donne.

 Celle du sud est en pavillon et mansardée. Celle du nord est en bâtière à croupes. Les deux ailes donnant sur la cour intérieure sont parées de briques de même que l’étroit corps central dont la maigreur empêche une réaffectation rapide. La longue façade occidentale est construite en moellons de calcaire. Cette partie d’accueil de l’édifice monte sur deux niveaux inégaux. Le maçon a de nouveaux mêlé grès et calcaire de manière plus ou moins équilibrée. La toiture des deux premières travées, appuyée contre le donjon primitif est plus haute que celle du centre de l’aile, en bâtière. Puis on trouve le portail tour qui monte en deux éléments. Le premier est en pierre bleue réglée. Il est suivi par un niveau en briques posé en encorbellement sur des consoles (corbeaux) en pierre bleue. Ses arêtes sont chaînées de pierre bleue. Sa toiture est en pavillon d’ardoises à brisis et coyaux.




Antoine de Jemeppe

Le château de Jemeppe dit « château Antoine » garde le prénom de son premier propriétaire, à savoir Antoine de Jemeppe, qui en acheva la construction en 1298. Celle-ci débuta en 1295. L'histoire de cette seigneurie la plus importante du village de Jemeppe est tristement égale à l'état d'un gruyère, les souris et les rats en moins, quoique, vu l'abandon du site. Cela fait 22 ans que la demeure est vidée et murée. Spectacle lamentable s'il en est. Qu'en fut-il de la dévolution jusqu'au XVe siècle, mystère.

Bormans donne des détails à partir de 1448 quand apparait Alexandre Sandron qui reçoit le donjon entouré d'eau, des bonnes grâces de diverses personnes. En 1519 le métier des cuveliers de Liège en prend la charge, suite à des saisies. Jusqu'en 1578 il y aura divers locataires voire propriétaires dès lors que les cuveliers ont récupéré leurs créances, et autant de conflits juridiques dont on vous passe la portée. En 1578, on sait que Rigaut de Reepen chercha à en reprendre le contrôle; il l'avait donc eu puis perdu. Ses enfants essayèrent à leur tour de le récupérer mais en la personne de Catherine, ils trouvèrent le pont-levis fermé (24 octobre 1589). En 1594 ladite Catherine était empêtrée dans un conflit avec des tiers (Xenceval, Blavier et Berlo) qui voulaient obtenir la valeur des 3/8 du domaine; celui-ci compta 12 bonniers de terre, parc et verger en 1650. En 1601 sans doute, Lambert de Reepen racheta le château grâce au retrait lignager qui était une sorte de droit de préemption en faveur d'un membre de la famille. Le 8 avril 1617 ce Lambert vendit contre 4360 florins le château au baron Godefroid de Bocholtz dont la famille allait donner de nombreuses personnalités à l'Etat de Liège. On y comptait des échevins, des chanoines, un grand-maître de l'Ordre Teutonique au baillage des
Vieux-Joncs (Godefroid) et son frère Ferdinand, grand doyen du chapitre de la cathédrale de Liège. Ces deux derniers ont été portraiturés par le peintre liégeois Walthère Damery (1614-1678). Bocholtz qui avait déjà acheté le très proche château d'Ordenge, mit Jemeppe (Antoine) en location. Le preneur devint propriétaire car il vendit le bien en 1627 à un Fornea ou Fourneau (ce nom fut également attaché au château). En 1650 on ne sait de quel droit, les jésuites de Trèves en étaient maîtres et vendirent la seigneurie à un certain Monsieur Gaen, jurisconsulte à Liège. Son fils Ferdinand, banquier, lui succéda et donna le tout en 1678 à son neveu du Sart. Mais en 1685, les Fourneau refirent surface. Après 1728, Mlle Fourneau et son mari Laurent van der Heyden relevèrent la seigneurie. On leur doit semble-t-il la construction du château en U moderne et agréable à vivre. Leur chiffre enlacé est inscrit sur le seul balcon de fer forgé. Ensuite, plus aucune nouvelle fde qui que ce soit.

SOURCES:
Philippe Farcy
Stanislas Bormans, Les Seigneuries allodiales du Pays de Liège, avec une introduction historique, J. Gothier 1867