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Hingene resurgit de l'oubli


Kasteel d'Ursel - 2880 Hingene (Bornem)



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  • © Philippe Farcy

  • La façade arrière de Hingene donne sur un bel étang bordé de futaies. On prend alors conscience de l’importance du bâtiment. © Philippe Farcy

  • Le pavillon de Notelaer. © Philippe Farcy

  • Le pavillon de Notelaer, carte postale ancienne, Excursions sur l'Escaut par (le) steamer Wilford entre Tamise et Anvers, ed. Ern. Thill & Nels

  • Le pavillon de Notelaer, Toeristisch-Recreatief Onthaalcentrum van de Schelde, carte postale, ed. Thill & Nels, photo Jos Winckelmans



Nom Officiel Kasteel d'Ursel
Localisation 2880 Hingene (Bornem)
Construction 1120 (hoeve); 1608; 1756-1769; 1790-1794; 1884; 1906; 1984-1985
Style Louis XVI
Architecte 1756-1769: Giovanni Niccolo Servandoni; 1790-1794: Antoine Payen le Vieux (1749-1798) et son fils Wolfgang-Guillaume; 1884: Edouard Keilig (jardins); 1906: Jean Joseph Caluwaers; 1984-1985: D&C Van Impe & Partners
Occupants Provincie Antwerpen/Province d'Anvers
Affectation Location pour réceptions, conférences, séminaires, etc
Protection Bien classé le 10 juillet 1984, protection renouvelée pour le tout le 15 mai 200

Dernière mise à jour : 04/01/2013

Un sommet du néoclassicisme sort de la dérive.


Lorsqu’en 1973, le IXe duc d’Ursel signa le contrat de vente de son château et des trente-cinq hectares qui l’accompagnaient à la commune d’Hingene, fusionnée depuis avec Bornem, beaucoup de monde pensait que la sagesse avait parlé. L’optimisme était généralement de rigueur. Pendant 27 ans, il fallut déchanter; en 1994, la province d'Anvers a repris le fardeau. Outre plusieurs branches de la famille désespérées de subir la séparation avec le fleuron des d’Ursel, la tournure des événements allait donner raison aux pessimistes. Hingene n’est pas Vriesel et le château n’avait jamais fait l’objet d’un programme d’affectation cohérent. Les choses avaient de plus mal commencé puisque dans le mois qui suivit la vente, les tableaux historiques, généralement des portraits d’ancêtres qui vécurent à Hingene depuis le XVIIIe siècle, furent volés.


De grands architectes

Depuis, une partie des cheminées a passé la porte et ce qui reste des décors de boiseries accompagnés des parquets vivait l’enfer de l’humidité. Volets clos, façades ternies et léprosées n’annonçaient rien de bon. Mais le cours de l’oubli et de la honte a changé. Le château est restauré. Au moins 50 millions d’euros auront été injectés. C’est évidemment une bonne nouvelle. Quant au superbe pavillon du Notelaer, jadis inclus dans le domaine des ducs d’Ursel, construit de 1791 à 1794 par Charles de Wailly (Laeken et théâtre du château de Seneffe) et poursuivit par Payen le Jeune, il a quitté le vaisseau familial depuis 1953. À cette époque, il devint la propriété des Camus. Ceux-ci le vendirent à Vic Gentils, artiste célèbre qui le conserva de 1970 à 1983, date de sa vente ultime à la province d’Anvers.

Hingene est cité dans les sources depuis le XIIIe siècle. C’était une terre de Marie de Luxembourg, comtesse de Vendôme. Elle en fit l’acquisition contre 30.000 carolus d’or payés à Henri de Nassau. Le petit-fils de Marie fut Guillaume II dit « le Taciturne » (1533-1584), comte de Nassau-Dillenbourg et fils de Guillaume Ier. Guillaume II allait vendre Hingene en 1560 à Melchior Schetz. Les Schetz étaient de puissants marchands et des banquiers installés à Anvers dès le XVe siècle. Conrad Schetz reçut en héritage la terre de Hingene à condition qu’il adoptât le nom de la dernière des d’Ursel, Barbara. Il obtempéra avec raison. Le château que l’on peut admirer aujourd’hui a été reconstruit à partir de 1767 sur les plans de l’architecte tournaisien Antoine Payen « le Vieux », aidé de son fils Wolfgang-Guillaume, dit « Payen le Jeune ». Le commanditaire était Charles-Elisabeth, IIe duc d’Ursel.



Apparences modestes des décors

Le château, enduit, se présente de face comme une maison assez modeste de sept travées, relativement dépouillée en ce qui concerne les décors extérieurs. Mais vue de biais, la demeure prend des proportions bien plus grandes, ce qui explique qu’à l’intérieur du bloc, on soit en présence de deux éléments architecturaux juxtaposés et qu’il y ait assez de place pour créer une sorte de patio central au-delà de l’élégant portail d’entrée. La modestie n’a jamais empêché le raffinement extrême. Entouré d’eau sur ses quatre côtés, le château s’élève sur trois niveaux. Comme à Froyennes, conçu par le même Payen, un haut soubassement de caves sert d’appui à l’élévation. Les étages aux baies de hauteurs dégressives sont séparés par deux rangées de bandeaux de pierre bleue assez épais au centre et fins quand ils relient les baies entre elles. Toutes les baies sont à petits-bois, parfois rayonnants. La façade d’entrée se caractérise par la présence de deux tours d’angles sommées au cinquième niveau par une terrasse d’où court une balustrade qui ceinture la totalité de l’édifice. Ces deux tours sont reliées au massif central par des ailes incurvées, aux angles à refends, reflets d’une tendance baroque. Les trois travées centrales présentent un enduit à refends que l’on retrouve au sommet des cinq baies centrales en arc surbaissé du rez-de-chaussée. On trouve à ce niveau le portail à deux vantaux sommé d’un fronton triangulaire brisé en son sommet pour recevoir une couronne ducale. Ce portail est précédé par une petite cour à laquelle on accède par un pont dormant dont le garde-corps se poursuit jusqu’à la base des ailes latérales.


Le parc est ouvert au public. 



SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002 
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel I,  Hobonia 1985