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Ter Varent privé d'air et d'espace attend une nouvelle ère


Varenthof - 2640 Mortsel



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Catégorie : Informations Business Evénements
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  • Ter Varent était jadis isolé dans un grand parc. Il lui reste 45 ares moins le bâti pour survivre dans la misère et le quasi abandon.

  • Un pont, des fossés profonds et secs, des arbres envahissants et dans tout cela Ter Varent est perdu



Nom Officiel Varenthof
Localisation 2640 Mortsel
Construction Vers 1580; aménagements vers 1646-1655
Style Baroque
Architecte E. Leclef
Occupants
Affectation
Protection Bien classé comme site le 11 avril 1984

Dernière mise à jour : 07/07/2011


Son parc est réduit à 4.180 mètres carrés. Un bijou dans une banlieue.


Dans le grand Anvers, sur la commune de Mortsel, se trouve le quartier de Vieux-Dieu. S’il en existe un autre du même nom près de Bernissart, celui qui nous occupe perdit sa ruralité quand Agfa-Gevaert y installa une usine. Le château de Ter Varent (Les Fougères) qui vivait à l’ombre de son parc, fut privé lentement de sa solitude sous l’effet de la pression immobilière. Le jardin actuel ne mesure plus que 4.500 mètres carrés (45 ares). Une misère pour un château historique dont Oscar Petitjean a tracé le portrait en février 1933 dans la revue du Touring Club puis il le compléta en 1934. L’auteur signalait déjà l’abattage malheureux des plus beaux arbres pour faire place nette en faveur des maisons neuves.



Point d’eau point de parc


Du côté de l’accès (Berthoutstraat) qui s’effectue entre deux piliers puis via un pont de briques à trois arches (1850-1860) sur des fossés très profonds mais sans eau, on trouve une façade de huit travées sur deux niveaux, précédée par une cour. La baie à gauche de la porte est obturée; elle ne l’était pas en 1933. La toiture en bâtière et à coyaux comporte au centre de l’élévation un étage d’attique qui fait office de fronton percé de quatre baies oblongues sous une corniche moulurée et une toiture plate. L’entrée dans la demeure est assurée par un petit perron de trois degrés aux angles arrondis et à travers une porte dont l’encadrement en plein cintre est superbe. Il est d’époque baroque et surmonté d’un très beau fronton mouluré qui reçoit un buste lui aussi de style baroque d’un seigneur local. Il pourrait s’agir de Philippe Le Roy (Zevenbergen) qui acheta Ter Varent en 1640 à Daniel d’Ablainy. À moins qu’il ne s’agisse de Jacques de Carenna, riche marchand de la Métropole. Anobli en 1655, il fut le propriétaire après les Le Roy. Du côté de l’étang qui enserrait le château sur les autres faces, la longue façade regardant au sud est caractérisée par un corps central d’où émerge un avant-corps de trois travées assorti d’une petite tour carrée de deux niveaux. Elle est couverte d’une toiture en pavillon à coyaux mais n’a plus sa flèche. Sur l’ensemble on retrouve huit travées dont une presque aveugle incorpore une petite annexe servant d’embarcadère.


Encore les Berthout de Malines


Ter Varent fut une petite forteresse de défense de la ville d’Anvers. Les caves et la partie sous la cour d’accès en révèlent le souvenir. Puis au XVIe siècle, le site a été rendu aux plaisirs de la vie et on édifia ce petit château. Au XIIIe siècle, le propriétaire cité par les archives était Wouter Volcaert. Il dut abandonner son bien au duc de Brabant, Jean II, qui offrit le domaine à Guillaume III Berthout de Malines (Grimbergen). Ce Berthout fit de Ter Varent la maison forte déjà signalée et cela correspondait au renforcement de la puissance de cette famille qui possédait dans les environs la magnifique seigneurie de Cantecroy. Les Berthout contrôlèrent Ter Varent jusque vers 1550. Les deux biens cités furent alors repris par les Perrenot de Granvelle qui donnèrent un cardinal à Malines. Il se prénommait Antoine et résida jusqu’en 1564 tant à Ter Varent qu’à Cantecroy. Son frère Thomas lui succéda jusqu’en 1616, à Cantecroy surtout car en 1583 Ter Varent fut assiégé et incendié par des milices opposées au terrible Farnèse.


Au XVIIe siècle, outre les Le Roy et Carenna, on vit en 1681 Emmanuel Verspreet puis sa nièce Catherine de Schelstraeten et la descendance des von Meutinck devenus Muytinckx. En 1771 faute d’enfant, le domaine fut vendu aux enchères et passa à Pierre de Bruyne van den Sanden, mort en 1824. Il fut suivi par son gendre, Jean-Pierre de Catens, décédé en 1847 sans hoirs. Ses héritiers – ses frères et ses deux nièces : Desmaret de Boutonville et du Val de Beaulieu – vendirent le bien le 4 avril 1850 à l’avocat Charles-Adolphe Blockx. À son décès, le domaine fut repris par son neveu Jacques Blockx, mort en 1913. Ses quatre enfants vendirent le site qui comptait onze hectares en 1928. Sa fille Gabrielle, épouse de Charles de Bary, banquier et financier, issu d’une famille allemande (von Bary, devenu de Bary après le conflit mondial), nous disait M. Karcher, garda le château et un peu de terre. D’après Petitjean, les de Bary seraient du Tournaisis. Le reste du domaine fut racheté par une compagnie immobilière qui commit ses basses œuvres sur les sentiers de l’Histoire. En 1945, les de Bary étaient toujours à Ter Varent puis ils vendirent aux Van Hove dans le courant des années cinquante. Ces derniers ou leurs héritiers sont vendeurs en cette été 2004.


SOURCES:
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel XI, Hobonia 2005

Philippe Farcy, 100 châteaux de Belgique connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté 2004