FR - NL - EN
ACCUEIL AGENDA CONTACTEZ-NOUS FAQ CONNEXION CHÂTELAINS

Argenteuil, le palais renaissant des Meeûs


Château d'Argenteuil - 1410 Waterloo



Contacter

Catégorie : Informations Business Evénements
Prénom
Nom
E-mail
Téléphone
Veuillez écrire CASTLE dans le champ ci-dessous:

  • Argenteuil, c’est le faste à l’état pur. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Château d'Argenteuil
Localisation 1410 Waterloo
Construction 1856-1858
Style Éclectique, néo-renaissant
Architecte Jean-Pierre Cluysenaer;  architecte de jardin : Edouard Keilig
Occupants Scandinavian School of Brussels
Affectation École secondaire
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 24/03/2012



Construit par Jean-Pierre Cluysenaer, Argenteuil fut un projet immense pour un banquier d’envergure.


Posé sur une butte qui domine la petite rivière Argentine, le château d’Argenteuil est une splendeur architecturale et un des plus beaux édifices civils de Belgique construit par Jean-Pierre Cluysenaer (1811-1880) entre 1856 et 1858. Malgré cela l’édifice n’est pas classé. C’est évidemment une honte eu égard à l’importance du bâtiment, à moins que ce ne soit une chance pour le propriétaire.
Le commanditaire de cette œuvre majestueuse était le comte (1836) Ferdinand de Meeûs (1798-1861). Fils de François-Joseph Meeûs et de Marie-Thérèse van der Borcht,


Ferdinand allait fonder avec son épouse Anne-Marie Meeûs (décédée en 1871) une dynastie dont parla avec saveur Eric Meuwissen quand il étudia les grandes fortunes du Brabant en 1997. Ferdinand fut un des fondateurs de la Société Générale avec le comte (Jacques) Coghen rencontré déjà au château de Wolvendael.


Forêt à vendre


Le site choisi par le futur comte était de 265 ha en 1839, d’après Michel Maziers. En 1848 il en possédait 445. En 1870 sa veuve était à la tête d’un territoire de 784 ha étendu sur La Hulpe (en ce compris le château de Nysdam, construit par un fils de Ferdinand et scandaleusement détruit en 1997), Ohain et Waterloo. Le château d’Argenteuil était inscrit dans la forêt que la Société Générale possédait presque en totalité. Elle désirait la vendre pour financer la reconstruction du pays après les événements de 1830. Il se fait comme chacun sait que ce cher Ferdinand, patron de la grande sucrerie de Waterloo – un investissement de 4 millions – et homme de confiance de Léopold Ier était le gouverneur de la dite Société Générale depuis ses trente-deux ans, donc en 1830. Celle-ci se défit de plus de 6.500 hectares entre 1831 et 1836. Le gouverneur s’est servi après les autres mais il choisit un endroit très favorable, vallonné, agrémenté de pièces d’eau et très isolé. Un peu trop à dire vrai. Et c’est ce qui l’amena à faire construire la grande route de Waterloo aux Quatre-Bras de Tervueren, devenu une partie du Ring. Dont coût : 800.000 francs.



Premier château


Meeûs édifia un premier château de style Louis XVI et sur lequel on ne sait presque rien hormis par un tableau de P. van Schendel qui nous montre le château en flammes vu des étangs et un autre de Fanny Geefs où le gouverneur trône avec sa famille. Tout fut détruit y compris le mobilier. Ce bâtiment n’était pas petit. Il s’agissait d’un quadrilatère long de neuf travées, montant sur deux niveaux et demi et précédés par un magnifique escalier perpendiculaire à la façade. Une large terrasse menait aux salons. Ce volume se poursuivait par une galerie en retrait précédé d’un jardin suspendu posé sur une galerie couverte de treize arcades en plein cintre. On aboutissait à une autre aile du château. Celle-ci était composée d’un corps central animé à ses deux angles d’un pavillon presque carré montant sur deux niveaux. Qui en était l’architecte ? Mystère. Cluysenaer ? Peut-être et même sans doute mais ce n’est pas prouvé. Une fois le drame passé, Meeûs mit près de dix ans à se remettre et à relancer des travaux. Il fit appel à Cluysenaer, le meilleur architecte de son temps, le plus inspiré par l’Italie. Il semble que Cluysenaer soit parti des restes calcinés pour édifier l’un de ses plus beaux chefs-d’œuvre. En deux ans le tour était joué. Argenteuil répondait à nouveau au sens du faste développé par le gouverneur et la Belgique pouvait se glorifier de posséder un château aussi beau que Ferrières (aux Rothschild), exception faite du hall d’entrée un peu étriqué. L’inspiration de Cluysenaer coûta 300.000 francs au maître de l’ouvrage.



Galerie couverte


Du côté des étangs, l’architecte a repris l’idée de la galerie couverte, précédée cette fois d’un escalier longitudinal. Ce qui signifie qu’il l’a déplacée du rez au deuxième niveau, centrant sa composition sur la légèreté des colonnes. L’arrondi des onze cintres est repris dans l’encadrement des baies de la façade en retrait. Les colonnes supportent une terrasse surmontée d’une façade d’un niveau sommée d’un bandeau de jours alternant avec des lucarnes. La profusion de pierre bleue est une merveille du genre. Elle se poursuit partout ailleurs sur le château y compris aux quatre tours d’angle carrées légèrement en avancée. On remarque ici les liens verticaux établis par l’architecte grâce à des pilastres qui partent de la base jusqu’aux corniches. Par ailleurs, la division des étages est accentuée par des bandeaux qui ceinturent tout l’édifice, passant même sur les bords de la terrasse. Les tours montent sur quatre niveaux. Elles sont sommées de toitures courbes auxquelles il faudrait remettre les flèches et les crêtes faîtières qui allègent l’élévation. Le problème est identique à Dilbeek, autre magnifique château de Cluysenaer et à Corroy-le-Grand (Vieusart). La façade de réception est un peu moins fastueuse. Quant au parc à l’anglaise, il fut dessiné par Edouard Keilig à qui on doit le Bois de la Cambre, comme le précise Donatienne de Séjournet dans L’Eventail de septembre 2004.


Trois générations


Pour ce qui regarde l’histoire du site, on retiendra que les Meeûs ont gardé cette maison pendant trois générations. Puis le domaine a été divisé. En 1929, 240 ha passèrent à une société immobilière, ce dont profita le diplomate américain Tuck qui aménagea le domaine d’Argenteuil. Le château fut laissé avec 20 ha à un couvent de Clarisses qui vendirent leur bien en 1937 aux barons de Launoit tandis que la ferme passait en d’autres mains. En 1949 les Launoit cédèrent le château à l’Etat qui y installa une école technique avant de le revendre. Depuis 1992 le château, acheté pour 182 millions de francs belges, se trouve dans les mains de la Scandinavian School.

On ne visite pas.



SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004