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Soy, château-ferme encore gothique


Château-Ferme de Soy - 6997 Soy (Erezée)



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Catégorie : Informations Business Evénements
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  • Vue de l’arrière, sous l’œil attentif d’un des trois bergers allemands, la demeure castrale de Soy voisine avec l’église dans un site où le calcaire unifie les bâtiments entre eux.



Nom Officiel Château-Ferme de Soy
Localisation 6997 Soy (Erezée)
Construction XVIe siècle; 1717
Style Fin gothique; traditionnel
Architecte
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien classé le 30 octobre 1980

Dernière mise à jour : 04/01/2013

Charme campagnard d’un ensemble composite.



L’ensemble castral de Soy ne manque pas de charme. Château et ferme cohabitent en harmonie malgré les différentes époques de leurs constructions. De plus, l’ancienne et belle église du village jouxte la demeure patricienne qui tient plus d’une résidence citadine de gentilhomme que d’un véritable château. Mais Soy était une seigneurie à part entière sous l’Ancien Régime. Quoi qu’il en soit, Soy a toujours plu, et à d’illustres familles comme on le verra plus loin. Comme le signale de Seyn, le château de Soy est mentionné dès le XIIe siècle avant d’être transformé en ferme. La haute cour de justice y siégeait et l’on voit encore la prison placée au-dessus de la voûte cochère qui servait d’entrée dans la cour. Albert-Henri, deuxième prince de Ligne (1615-1641), prince de Barbençon, pair du Hainaut, comte d’Aigremont et de la Roche, vicomte de Dave, baron de la Buissière, fut seigneur de Montjardin, de Soy et de Rianwez. De qui héritait-il ? Mystère.



Une demeure du XVIe siècle


Est-ce un Boulant, personnage dont on ne sait rien mais cité par les sources, qui fit construire l’imposant logis de forme oblongue que l’on voit de nos jours ? C’est possible, mais ce n’est pas certain. Ce bâtiment est comme caparaçonné par de jolies pierres en calcaire finement taillées. L’ensemble est protégé par une très belle toiture en bâtière posée sur une corniche sur modillons en quart-de-rond. Le reste de la ferme, construite en briques et pierre bleue, adopte une configuration en L. La maison castrale date du milieu du XVIe siècle. Elle est posée sur un soubassement de caves et monte sur deux niveaux. Le logis compte cinq travées côté cour, dont une pour l’entrée; la porte à un vantail est surmontée d’une imposte. Les boiseries du bas sont modernes. En haut, les baies ont conservé leurs croisées et une traverse. La séparation entre les deux niveaux est assurée par une plinthe biseautée et par un épais cordon-larmier au rez, venu relier les seuils des baies. On aperçoit encore à droite une autre ouverture désormais bouchée. Javaux signalait en cet endroit une entrée en hauteur comme au donjon de Lavaux-Saint-Anne. À l’angle nord-ouest, on voit une jolie tour ronde engagée. Elle empâte partiellement les deux corbeaux (sorte de console) qui soutenaient jadis un lieu d’aisance. Cette façade, comme les autres, était aveugle. Du côté arrière, le bâtiment n’ouvre que par trois travées et autant de baies par niveau. Que ce bâtiment d’un gothique tardif soit encore debout tient de la chance. On imagine, à regarder la structure de la ferme, que celle-ci aurait du être modernisée aux XVIIe et XVIIIe siècles afin de clore parfaitement la cour. Les propriétaires successifs ont dû rencontrer des problèmes financiers; cela explique le manque de finition de l’ensemble. L’aile d’entrée du domaine est centrée sur la tour-porche signalée plus haut. Elle émerge du vaisseau par sa large travée de trois niveaux terminée par une toiture en bâtière comprise dans deux pignons débordants à gradins. La partie droite de l’aile, en arrivant de la route, est constituée de moellons de grès et, à l’évidence, elle n’a pas été terminée. Le reste est construit en briques et pierre bleue et sert d’étables. Sur le portail en arc surbaissé, une dalle datée 1717 porte les armes de François-Antoine de Cassal et de sa femme M.-G. de Hermanry. Les barons de Cassal furent maîtres de Soy dès le XVIIe siècle. A l’extrémité est, se trouve une tour carrée de trois niveaux posés sur une base en moellons de calcaire dont les blocs sont équarris. La tour est percée de fente en bas et de fenêtres à linteaux droits en haut. La toiture est ici en pavillon, couverte d’ardoises, surmontée d’un clocheton carré, d’un bulbe ou « guette » et d’une girouette. A l’ouest, on compte encore de petites étables de même aspect; elles sont bordées sur leur droite par une autre grange immense, généralement en briques, mais dont la face arrière est bâtie en moellons de calcaire.


Alliances françaises


Après les Cassal, vinrent ici les barons de Godin à la fin du XVIIIe siècle. Des Godin que l’on retrouvait avant qu’ils ne soient éteints à Arville et Chantraine, sauf erreur. Les Godin étaient liés aux comtes de Liedekerke, et de là, aux comtes du Parc Locmaria et aux comtes van de Woestyne, par le mariage de Charlotte (1808-1895), fille du baron François et de Caroline de Haultepenne, avec Bernard de Liedekerke (1783-1862). C’est sans doute à travers les comtes van de Woestyne que le bien vint à atterrir chez la baronne Marie de Roujoux de Buxeuil, née Chérisey. Or, on sait que le comte René de Chérisey avait épousé une van de Woestyne, d’Herzele. Et c’est dans la descendance Chérisey, via les comtes de Beauvoir, que se trouve toujours le château-ferme de Fisenne, situé à deux kilomètres de Soy. La fille de la baronne Marie, Marie-Eglé de Roujoux, comtesse Hubert Leclerc de Hauteclocque, a vendu très récemment (vers 1999) l’ensemble des biens à ses locataires, les Loneux, jeunes exploitants agricoles fort accueillants et bien protégés par leurs trois molosses. Vous voilà prévenus.

On ne visite pas. Le château se voit de la rue.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002