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La Rocq sur laquelle on bâtit une vie


Château de la Rocq - 7181 Arquennes (Seneffe)



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  • Photo très aimablement envoyée par Restauration Nouvelle.

  • © Philippe Farcy

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  • Photo très aimablement envoyée par Restauration Nouvelle.



Nom Officiel Château de la Rocq
Localisation 7181 Arquennes (Seneffe)
Construction XIVe au XIXe siècle
Style
Architecte
Occupants Restauration Nouvelle
Affectation Receptions, mariages, événements
Protection Classé le 13 juin 1944

Dernière mise à jour : 17/03/2014


A Arquennes, non loin des châteaux de Feluy, des châteaux de Seneffe et de ceux d’Ecaussinnes, se cache dans une verdure magnifique le château-fort de La Rocq.


La Rocq est sans doute un des sites les plus remarquables de notre pays, le bien est d’ailleurs classé depuis le 13 juin 1944, ce qui est une date inattendue en termes de préoccupations. La nature y est très bien préservée, la rivière de la Samme qui mène vers Ronquières constitue une limite pittoresque à un site tenu au bouton. Et les bâtiments, de diverses époques (du XIVe au XIXe siècle), affichent une homogénéité intéressante, rendue possible par l’usage abondant de moellons de calcaire. Certains éléments de la cour intérieure sont montés en briques.

Nous sommes ici sur un ancien fief de la famille des (actuels) comtes de Bousies, sires de Feluy, de Vertaing, de Gosselies et de Tyberchamps, titrés comtes de Fauquemberghe (ou Fauquenberg), au comté de Hainaut. Le plus ancien cité dans cette branche remonte à la fin du XIIe siècle, mais la terre de Feluy ne leur arriva que par le mariage d’Eustache II de Bousies (dont la mère était Marie de Trazegnies) avec Agnès de Bierne, dame de Feluy par son père Arnould ; lui avait épousé une Wesemael, ce qui le fit graviter pas loin de la cour des ducs de Brabant. Or, c’est Eustache II qui fit construire le château de la Rocq pour son fils Wauthier, à la fin du XIVe siècle. Wauthier fut sire d’Aubigny et de Familleureux ; il acheta cette dernière terre le 11 mai 1404. Marié à Catherine de Waziers, ils eurent un fils Jean qui lui eut une fille Nicole. Elle fut la première épouse de Jean de Rubempré, sire de Bièvre et d’Arquennes, chevalier de la Toison d’Or, conseiller de Charles le Téméraire, grand bailli du Hainaut et lieutenant général des armées de Bourgogne. Ce Jean mourut à la bataille de Nancy le 5 janvier 1477.

Sans doute cette proximité avec le plus haut pouvoir de l’Etat bourguignon permit-il de recevoir ici le chancelier Nicolas Rolin (1376-1462), fondateur des Hospices de Beaune. On sait que ce dernier commanda un important tableau à Jean van Eyck conservé au Louvre et dont on dit que la vue arrière représenterait Liège. Rolin résida ici en 1430. Wauthier et Marie de Wavière eurent aussi un fils prénommé Wauthier dit « Fier à Bras ». Il y eut encore trois générations de Bousies des comtes de Fauquenberg puis la branche s’éteignit. La terre de la Rocq fut héritée par les Hun qui étaient également sires de Louvignies, signale un des auteurs de « Castella » (1995). Le même signale que la sœur de Pierre-Paul Rubens, Isabelle de Parcq habita cette imposante maison. Au XVIIIe siècle, le domaine fut repris par les Lalieux devenus Lalieux de la Rocq. Ils gardèrent la Rocq jusqu’au début du XXe siècle. Au siècle passé le bien était dans les mains de Camille Orts (marié à Léonie Daoust), petit-fils du bourgmestre de Bruxelles et grand-père de Claire Orts qui travailla avec passion chez Sotheby’s, Bruxelles.

Trazegnies



Le domaine des comtes de Bousies conserve des allures grandioses. Les Lalieux en firent leur fief au XIXe siècle.


Une autre branche Bousies issue de celle de Feluy donna les vicomtes de Rouveroy, au XVIe siècle, par mariage. Pour ce qui concerne Feluy, le mariage d’Eustache V de Bousies (mort en 1458) avec Marie de Humières ne donna qu’une fille (Jeanne) ce qui, le jour de ses noces fit passer Feluy et ses alentours à son cousin Charles de Rubempré, vicomte de Montenaken, sire de Bièvres, Rèves, Aubigny, Estrée. Jeanne mourut à Feluy en 1549 et fut enterrée à Rèves près de son mari.

Pour accéder au château il faut se « perdre » à la sortie du village de Feluy et se laisser glisser à travers des bocages qui font penser au Kent. On découvre alors un ensemble en moellons de calcaire du pays (les carrières sont nombreuses par ici) , disposé en un U irrégulier, piqué de quatre tours, carrées trois fois et ronde une fois (pour un escalier récent), inscrites aux angles. Les pignons à gradins frappent d’emblée par leur puissance. La totalité des éléments est défendu par un profond fossé rempli d’eau. La structure des édifices est ancienne mais comme le signale l’article du patrimoine monumental, les différents corps de logis ont été améliorés à la fin du XIXe siècle ou même voici cent ans. La tour-porche de trois niveaux est sans nul doute l’élément le plus ancien. On y lit par les ancres la date de 1660, souvenir probable d’une restauration. L’un des éléments de briques a été semble-t-il redécoré avec un porte baroque . Elle pourrait provenair du couvent des Récollets de Nivelles. Elle date de 1713. Du temps des Lalieux-Simonis justement, il y eut un incendie, ce qui amena des modification. Or, Emile de Lalieux (1862-1918), était mayeur de Nivelles. Il avait épousé Maria Simonis (1866-1945), fille d’Alfred et de Berthe de Grand Ry. La disparition prématurée de leurs fils amena sans doute la vente du bien après la Première Guerre mondiale.



Eclaircissements sur les comtes de Bousies


Les Bousies actuels sont issus de Claude de Bousies, fils naturel d’Eustache de Bousies, sire de Vertaing, et d’une certaine Barbe Lorent, fille d’un ardoisier. Ce Claude de Bousies, seigneur d’Hodierbois, épousa Isabeau de Trazegnies, dame d’Escarmaing, veuve d’un bâtard de Rubempré. Elle était fille de Troïlus de Trazegnies, fils naturel de Jean III de Trazegnies. Ce Troïlus avait épousé Antoinette de Quarouble, dame d’Escarmaing.

Wauthier de Bousies n’était pas sire de Vertaing (apanage de la branche aînée), mais d’Aubigny et de Familleureux. Son épouse était Catherine de Waziers, troisième fille de Hellin VI, seigneur de Waziers, de Heudincourt et de Comines, et de Béatrice d’Aveluis. Sa sœur aînée, Marie, avait épousé Jean III, seigneur de La Hamaide (famille éteinte dans les Berlaymont de Ville, eux-mêmes éteints dans les Luxembourg. Cette branche s’éteignit dans les Egmont: le grand Lamoral d’Egmont, fils de Françoise de Luxembourg, était né au château de La Hamaide. Au XVIIe siècle, Jacqueline d’Egmont apporta Waziers à son mari Albert-Louis de Trazegnies, vicomte d’Arnemuiden) et sa deuxième soeur, Jeanne de Waziers, dame de Comines, épousa Colart de la Clyte (d’où l’illustre maison de la Clyte-Comines, illustrée par le grand chroniqueur, qui s’éteignit dans les Halewyn puis les Croÿ-Aerschot et, pour la fille de Philippe de Comines, dans les Brosse-Bretagne, comtes de Penthièvre et d’Etampes, prétendants légitimes au trône de Bretagne).

Barbe Lorent eut cinq enfants d’Eustache V de Bousies, sire de Vertaing, lequel avait épousé Marie de Humières (dont Jeanne de Bousies, dame de Vertaing, Gosselies, etc. qui épousa Charles de Rubempré, vicomte de Montenaeken), puis Jeanne van der Eycken, dite Jeanne de Loupigne. Cette dernière mourut avant 1520 et le seigneur de Vertaing se consola en troisièmes noces avec Barbe Lorent, de Feluy, veuve de Jean l’Escailleteur (= l’ardoisier).

Il fit plusieurs donations en 1520, 1532, 1538, 1542 et 1546 à ses enfants naturels: a) Eustache b) Claude, seigneur d’Hodierbois, époux d’Isabeau de Trazegnies, fille de Troïlus, bâtard de Trazegnies, et veuve du bâtard de Rubempré c) Jean d) Charles, chanoine de Soignies et e) Charlotte qui épousa en 1546 Antoine de Wittem, bâtard de Beersel, seigneur du Pont (Eustache V leur donna le 15 juillet 1546 la ferme et la tour d’Ansielsart).

Aux funérailles en 1550 de Jean III de Trazegnies, chevalier de la Toison d’Or, c’était Isabeau de Trazegnies, dame de Bousies-Hodierbois, sa petite-fille par la main gauche, qui recevait les hôtes de marque au château de Trazegnies en leur ouvrant la porte...

Claude de Bousies et Isabeau de Trazegnies eurent trois enfants: a) Isembard de Bousies, seigneur d’Hodierbois et d’Escarmaing, qui épousa Marguerite de Briart, vicomtesse de Rouveroit (d’où les comtes de Bousies actuels) b) Jeanne qui épousa Philippe de Hoves, seigneur de Hundelghem et c) Charlotte qui épousa Augustin Bellabocca.


SOURCES:
Philippe Farcy
Castella, Algemene Gids van de Kastelen in Benelux/Guide Universel des Châteaux du Benelux/Comprehensive Guide to the Châteaux of Benelux, Editions Eccho, Lierneux 1987