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Bovesse, les inconnues d'un manoir


Manoir de Bovesse - 5081 Bovesse (La Bruyère)



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Catégorie : Informations Business Evénements
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Nom Officiel Manoir de Bovesse
Localisation 5081 Bovesse (La Bruyère)
Construction Vers 1750
Style
Architecte
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection

Dernière mise à jour : 06/01/2013


Le Namurois recèle de bien beaux villages.  Bovesse est méconnu et pourtant son passé fut riche.

A Bovesse on trouve un château médiéval dont il reste un élément ancien, accompagné d’une maison du XIXe siècle. Il s’agit du château de la Distillerie, nom donné à une affectation industrielle au XIXe siècle. Jadis, on le nommait “Del Vaux”. Nous y reviendrons tant l’endroit a été magnifiquement restauré. Ce château est assorti à une lointaine distance par la ferme du château, actuellement en mains de la famille Mohimont.  Elle est remarquable et pourrait avoir été une seigneurie.

Puis, de l’autre côté de la voie ferrée Namur-­Bruxelles, on trouve le manoir que vous découvrez ici et qui appartient à Ysabelle et Emmanuel Crahay. Elle est artiste et lui faiseur de jardins, comme l’est son ancien associé Emmanuel d’Hennezel. Leur demeure n’est pas décrite dans le Patrimoine monumental.

Le manoir de Bovesse est dans les mains de la famille Crahay depuis près de septante ans. Emmanuel Crahay nous révélait ceci. “Dans le village et depuis très très longtemps, on parle du château Bouesnel ou Boesnel, et même du château “Le Manoir”, charmante curiosité d’appellation, lisibles sur les cartes de la commune. Il ne figure pas sur celles de Ferraris. L’édification des bâtisses date des années 1750. C’était sans aucun doute une maison de campagne, une villégiature, car les occupants d’alors venaient y chasser. Je pense qu’ils ont dû regarder à la dépense parce que les fenêtres de l’étage ne sont pas entourées de pierre bleue, comme en bas, mais d’un cimentage faisant illusion.

Et autour des fenêtres des dépendances on trouve du bois ou du cimentage. La décoration intérieure faite de cheminées, moulures et escalier est d’époque Louis XVI. Il est encore à remarquer que la construction s’est effectuée sur quelque chose de plus ancien car il existe un souterrain reliant le manoir et une tour de guet, dans les champs en face; elle était encore présente en 1830. On sait par ailleurs qu’en 1912 le bien appartenait à la famille Paternostre et qu’à partir de 1947 s’y trouvait Georges Crahay, cousin sous-­germain de mon père. En 1998, nous nous y sommes installés. Sans doute entre les Paternostre et Georges Crahay, y a­ t-­il eu occupation du fermier Procès qui exploitait la ferme du Manoir. On nous a dit qu’il y aurait eu des cochons dans la maison !”.

A propos de l’histoire ancienne du site, il est bien compliqué de situer les mouvements de propriétaires. Autant Bormans que Radiguès quand ils évoquent Bovesse, ce n’est jamais sans donner les détails des lieux. Ils parlent tous deux de la seigneurie du village. Est­-ce la seule propriété de la Distillerie ? En tout cas, quand ils énoncent la seigneurie de Bovesse c’est pour dire qu’elle était aux mains des Hoen de Cartils (ce qui crée des liens avec le Limbourg de Maestricht), puis aux Ponty comtes de Balâtre, puis aux Pasquet et enfin aux Cornet (branche du Ruart). Ou est­-ce le château mentionné aux mains de Renier Marchand, natif de Merdorp puis de son fils chanoine à Ciney, prénommé Renier également, et cité en 1771. Henri de Radiguès mêle les deux seigneuries (hautaine et “Del Vaux”), peut-­être avec raison. Les Pasquet et les Marchand termineront l’Ancien Régime, assurément sur des lieux différents, encore que les Pasquet vendirent la seigneurie au comte Charles-­Henri Cornet de Ways­ Ruart le 13 octobre 1791.

Quoiqu’il en soit, la maison qui nous occupe assortie de sa ferme qui la jouxte de l’autre côté d’une voirie menant aux champs, est d’une grâce subtile et toute en harmonie. La maison se présente sous forme d’un U égal et homogène. On accédait jadis à la maison par le parc, près de la grand ­rue de Rhisne. Une grille à présent condamnée illustre un autre accès du XXe siècle. On y arrive à présent par le chemin commun avec la ferme.

La cour d’honneur permet d’admirer la simplicité louis quinzième des façades qui montent sur deux niveaux inégaux posés sur un soubassement ajouré. On compte cinq travées dans le corps central; celle du centre est isolée par la présence de deux pilastres de briques. Par rapport aux images connues d’il y a cent ans, il manque les lucarnes en forme de chiens assis et une cheminée. Les toitures en pavillon sont animées de croupettes et celles des ailes sont assorties de coyaux. Du côté sud, bordé par un mur dont la position en guingois est d’un évident charme, on compte trois travées de largeur dans l’aile de retour; il n’y a que deux baies au second niveau.


Sur la voirie, on trouve plusieurs baies en ordre dispersé et en toiture on conserve une lucarne en pavillon à croupe. La maison est couverte d’ardoises. Les dépendances d’un niveau et demi sont protégées par de l’Eternit. Entre les dépendances et la cour d’honneur se trouvent deux piliers de pierres bleues (rapportés) qui répondent aux hauts piliers à bossages du portail. On voit une partie de la demeure depuis les chemins.

 

On ne visite pas.


SOURCES
:
Philippe Farcy, Bovesse, les inconnues d'un manoir, La Libre Belgique, 8 juillet 2011, Arts Libre, Vie de Chateau 589

Henri de Radiguès, Les seigneuries et terres féodales du comté de Namur, Annales de la Société Archéologique de Namur, n° 22, Ad. Wesmael-Charlier 1895
Stanislas Bormans, Les fiefs du comté de Namur, Ad. Wesmael-Charlier 1880