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Pour Forchies, ça marche


Château de Forchies - 6141 Forchies-la-Marche (Fontaine-l'Evêque)



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Catégorie : Informations Business Evénements
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  • © Philippe Farcy

  • Forchies a été sauvé récemment par des entrepreneurs d’origine italienne. Le site a retrouvé une grande part de son cachet. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Château de Forchies
Localisation 6141 Forchies-la-Marche (Fontaine-l'Evêque)
Construction Du XIVe au XXe siècle
Style Traditionnel
Architecte
Occupants
Affectation Résidences privées
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 04/11/2014


Le château des comtes de Rodoan a été sauvé par un entrepreneur en bâtiments


Forchies-la-Marche est depuis la fin de ses travaux de réaménagement, soit depuis 1998, un château passé du stade de demeure en pré-ruines à celui de maison parfaitement habitable. Les frères Di Stefano, père et oncle de Frédéric, avaient acheté cette propriété vers 1980. Le vendeur d’alors était un ferrailleur qui avait repris le lot pour exploiter ce qui restait des bâtiments déjà fort abîmés par manque d’entretien. Le ferrailleur qu’on laissera dans un anonymat aussi profond que les entrailles de la terre où brûlent les fournaises de Satan acquit le château et la ferme aux Brugman-Claes. Cela remonte à 1977. Les Brugman étaient des fermiers; ils tentèrent d’élever des poules pondeuses en batterie.


Charbonnages radins


Les Brugman s’étaient porté acquéreurs de Forchies quand en 1967 les Charbonnages de Monceau-Fontaine trouvèrent enfin en eux de vrais amateurs. Jean Haveaux, le locataire de la ferme et seul occupant jusqu’en 1966 avait acheté les terres mais il ne voulait plus du château.

« C’était une ruine. Les Charbonnages n’ont jamais rien fait pour l’entretenir. Ma famille a exploité la ferme pendant près de cent ans, comme locataire. Je suis né là en 1922. Mon père aussi y est né. Et mon grand-père y est arrivé vers 1879, quand il avait dix-huit ans. Il était berger ». Si M. Max Bedoret nous disait que « la destruction des bâtiments de ferme était une bonne chose pour mettre en valeur le château », M. Jean Haveaux nous faisait part de sa tristesse « car la grange était belle et immense ». Ce sont les Di Luciano qui démontèrent ce qui restait de la ferme. D’après Sébastien Di Luciano « elle datait de 1805 ».

Le château en effet ressort mieux et nettement dans le paysage vallonné que les Charbonnages exploitaient en sous-sol depuis 1920. Ils avaient acheté le lot avec plus de 140 ha de terres aux Dewandre. Paul Dewandre (1866-1953), ingénieur civil, était co-propriétaire, avec son épouse Elise Audent (1871-1947), fille de Jules (1834-1910), avocat, sénateur et bourgmestre de Charleroi.

Jules Audent dont l’épouse décéda en couche, ne se remaria jamais. Il avait acheté la moitié des 200 hectares du territoire de Forchies en 1896, nous apprend Mme Dupont-Watteyne, petite-fille des Dewandre. Il reprenait la moitié des parts détenues par Georges Dewandre qui, comme son frère Paul, avait hérité du château pour moitié. Les Dewandre étaient en effet les héritiers de François-Philippe de Haussy, sénateur et premier gouverneur de la Banque Nationale de Belgique. Le sénateur avait eu deux filles.

La première, Charlotte, avait épousé Bartel Dewandre mais elle mourut très jeune laissant une fille qui épousa un Demeure. La seconde Jenny épousa son beau-frère, Bartel, à qui elle donna six enfants. Le vendeur était alors M. Roussilles dont la famille possédait plus de 47 ha de terrains dans l’enceinte de Mons, nous confiait M. Bedoret. Les Roussilles possédèrent par ailleurs le château de Bois d’Angre à Buvrinnes, de 1850 semble-t-il à 1913. Ils étaient aussi propriétaires du château des Epioux, près de Florenville. De la Révolution française aux Roussilles, nous ne savons rien.


Fief des Rodoan


Le château est inscrit sur l’entité de Fontaine-L’Evêque (l’évêque est celui de Cambrai) et il est dit « la Marche » car il se trouve aux confins du comté de Hainaut et de la principauté de Liège. La demeure actuelle évoque avec de nombreux éléments comme ses tours circulaires, une ancienne forteresse signalée dès le XIVe siècle. En 1391, Bauduin de Hennin en était le seigneur et dixième de ce titre. Vers 1490 le domaine entra chez les Lannoy. Par succession, Forchies arriva chez Marie de Hamal en 1545. Ensuite et toujours via les femmes, on vit Alardine de Herzelles qui servit de lien vers les Rodoan, seigneurs de Fontaine-l’Evêque. Par les Rodoan, l’histoire de Forchies se mêla à celle de Fontaine. Faits comtes en 1775, les Rodoan gardèrent leurs seigneuries jusqu’à la Révolution française.


Un château sur sa défensive


Le château se résume à un vaste quadrilatère construit sur trois côtés, piqués de quatre tours circulaires engagées; celle de gauche est totalement édifiée en moellons de grès appareillés. Jadis le château était entouré de douves dont on voit encore nettement les traces. Après avoir franchi un portail de style baroque récent, on entre dans l’ancienne basse-cour. La demeure est précédée d’un pont dormant de deux arches. Le château a été construit en briques et moellons de calcaire. Comme de tradition, le calcaire est utilisé pour les décors de baies mais surtout pour le très beau portail, lui aussi baroque, datant de 1760 et qui mène à travers un passage carrossable couvert à la haute cour. Ce portail est animé de refends et agrémenté d’une gorge évasée. Il est limité par deux pilastres venus soutenir un fronton courbé décoré en son centre des armes des Rodoan. Le château se voit de loin dans une large plaine.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004