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Hourpes, la folie éclectique d'un métallo


Château de Hourpes - 6530 Thuin



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  • Les Di Luciano ont restauré cette bâtisse extraordinaire de fantaisie perdue dans la forêt près de la Sambre. Hourpes existe à nouveau.



Nom Officiel Château de Hourpes
Localisation 6530 Thuin
Construction Vers 1887
Style Éclectique
Architecte
Occupants
Affectation Sans affectation
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 28/05/2012


Construit vers 1887, le château dominait les usines du premier centre métallurgiste carolo.


Sur la large route qui mène de Fontaine-l’Evêque à Thuin, surgit Hourpes dans une clairière comme lorsque Suxy, si cher à notre consœur Luc Norin, apparaît au milieu de la forêt de Chiny. Le site est remarquable et conserve un château inattendu et un chalet Belle Époque, dans une atmosphère d’un autre temps. Hourpes sur les cartes existe à peine et son château remis à neuf en moins de trois ans n’est jamais cité par aucune source bibliographique. Il y va malheureusement ainsi des demeures trop jeunes pour être respectées.

Le patrimoine industriel du XIXe siècle est de plus en plus souvent classé. C’est justice. Hourpes est un hameau qui symbolise la proximité d’une demeure patronale et celles des ouvriers. Tout ce hameau devrait être protégé comme symbole d’une métallurgie carolorégienne naissante puis prospère en cet endroit jusqu’en 1927. Cela évitera les infectes idées d’aménagements imbéciles d’une décharge de boues de dragages. Hourpes est à la Sambre ce que Frahan est à la Semois.

Les Warocqué

Notre collègue Christine Borowiak (RTBF) nous signalait que Hourpes est située au milieu de la vallée de la Paix, en amont de l’abbaye d’Aulne. Le désert économique actuel ne saurait en effet laisser oublier que la boucle de la Sambre a été exploitée dès 1645 comme site métallurgique. Au début du XIXe siècle, Nicolas Warocqué, maire de Morlanwelz dès 1805, développa ici un complexe de hauts-fourneaux important dont l’expansion fut favorisée par l’implantation de la ligne de chemin de fer reliant Charleroi à Erquelinnes. Elle sera inaugurée par notre roi d’alors, Guillaume Ier.

En 1824, Thomas Bonnehill (1796-1858), par la suite maître de forges à Marchienne-au-Pont (1837) puis à Thy-le-Château et enfin à Walcourt acheta l’ensemble des installations à Nicolas Warocqué et ses associés. Paul-Emile Bonnehill (1834-1893) fils et successeur de Thomas, fit construire le château actuel pour sa fille Elisa (1868-1946), sans que l’on sache qui est l’architecte de ce bel édifice. Elisa mourut le 27 décembre 1946, veuve de Jules Ricker, directeur de l’usine de Hourpes (1866-1907). C’est du haut de la tour carrée qui se termine d’une manière proche de celle de la Tour japonaise de Laeken qu’Emile aimait prendre ses repas. Château et maisons devinrent propriété des Charbonnages de Ressaix (La Hutte). Vers 1960-1962 une vente publique permit à André Claus de prendre le contrôle du château. Il en fit un dancing. Faillite, saisie puis revente et voilà les lieux aux mains de la Croix Bleue qui y installa un club anti-alcoolique dirigé par M. Lempereur; il y vivait avec des enfants du juge Bracq. La Croix Bleue vendit à M. Godeau, marchand de biens à Gerpinnes. Il céda Hourpes à Frédéric Di Stefano à la fin de l’an 2001.



Usines détruites

Du haut de sa tour, Bonnehill dominait ses biens et regardait fumer les cheminées de ses usines. Mme Borowiak signale que la Première Guerre mondiale donna aux entreprises de Hourpes un surplus de gloire quand les 800 ouvriers refusèrent de collaborer avec l’ennemi. En représailles, en 1917, les usines furent détruites. Remontées après le conflit elles furent définitivement fermées en 1927. Le château orienté nord-sud est pour le moins pittoresque. Il est construit en briques pour les décors très variés et en moellons de grès. Il s’étire sur onze travées inégales. Le corps de logis posé sur un haut soubassement à jours monte sur deux niveaux bien séparés par diverses moulures et cordons sous une toiture en bâtière. L’entrée est désaxée et sommée d’un pignon ajouré à ferme décorative en bois tourné et sculpté où un arc répond à celui de décharge de la baie supérieure. À l’extrémité nord, prend place une aile transversale faisant office de tour montant sur trois niveaux dégressifs. À l’ouest une tour carrée engagée grimpe sur cinq niveaux. Le dernier niveau est constitué d’une verrière de quatre côtés agrémentée d’une terrasse dont le garde-corps en bois ajouré évoque lui aussi l’Orient.


Grotte florale


Un petit édifice termine l’alignement vers le sud. Jadis il était ceinturé de serres pour le raisin. Les crêtes de l’ensemble des toits ont retrouvé leur décor en plomb et fer forgé. Le parc ceinturé de grilles est orné de beaux arbres. Il ne descend pas jusqu’à la Sambre. Enfin, il faut savoir que les Bonnehill avaient imaginé à gauche de la porte d’entrée un corridor en forme de grotte piquée de pots de géraniums. Cette fantaisie qui faisait penser à la grotte d’Eulenburg a été enlevée par M. Di Luciano.



Le château se voit de la route. Visites sur rendez-vous. 



SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004