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Arondeau, une rigueur arrondie d'eau


Château d'Arondeau - 7601 Roucourt (Péruwelz)



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  • La symétrie est un des charmes d’Arondeau. Son parc est ceinturé de fossés remplis d’eau. © Philippe Farcy

  • Arondeau est typique de la puissance des familles locales au XIXe siècle. Ce pays était aussi prospère que Verviers ou Liège. © Philippe Farcy

  • Le Château d'Arondeau s.p.r.l.

  • Le Château d'Arondeau s.p.r.l.



Nom Officiel Château d'Arondeau
Localisation 7601 Roucourt (Péruwelz)
Construction Vers 1850
Style Éclectique
Architecte
Occupants Le Chateau d'Arondeau s.p.r.l.
Affectation Hôtel, mariages, réceptions, conférences
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 04/06/2015


Ce château témoigne de l’ancienne prospérité de la région.


La région de Péruwelz fut au XIXe siècle et au début du XXe siècle presque aussi riche que le fut Verviers... c’est dire. C’est dire surtout si le coin est gratifié et bien pourvu d’édifices intéressants. Les carrières de pierre à chaux, les filatures, les fabriques de chaussures et surtout la bonneterie allaient offrir le plein emploi à cette zone oubliée de nos jours où le chômage règne trop fort et d’où les belles fortunes sont parties vers d’autres cieux. Les châteaux furent alors nombreux à éclore dans des paysages relativement plats mais boisés et baignés d’eau; par ici un « wez » est un cours d’eau. Péruwelz qui inclua jadis Roucourt était une des quarante-quatre baronnies, du Hainaut. Cette terre de Roucourt appartint aux princes d’Epinoy, aux Berlaymont et aux Croÿ. Roucourt est un village très ancien dont la première église fut fondée par le comte de Bourgogne et de Nervie, contemporain de Charles Martel.


Mademoiselle de Blois

Pour ce qui regarde précisement Arondeau, les premières mentions d’une seigneurie remontent à 1218 quand un document cite le nom de Robert d’Arrondeau. Le fief comprenait à la fin du Moyen Âge, château, dépendances, moulin à eau et divers étangs. Au XVIIe siècle, la terre fut reprise par les Blois et en 1675 pour ceux-ci, Louis XIV éleva Arondeau en un vicomté. Des Arondeau on ne sait guère de choses sinon que Marie-Maximilienne-Henriette Robert dite de Choisy, plus tard de Robertsart, décédée le 4 décembre 1789, épousa en 1725 Antoine-Joseph de Blois, vicomte d’Arondeau, seigneur de Roucourt, etc. Elle était la fille de Jérôme-Alexis Robert, seigneur de Choisy, Panchon, Saint-Symphorien, Dameries, Dudezelles et Escoiffe. Né le 12 décembre 1666 et décédé le 3 octobre 1758, il était conseiller de la Noble et Souveraine Cour à Mons ainsi que conseiller royal ordinaire à l’assemblée des États. Il épousa le 13 janvier 1701 Marie, Barbe, Florence, Elisabeth de Broide, dame de Gondecourt, Noyelles, Escobec, Beauffremez, fille de Henri, seigneur d’Helemes et La Valutte et de Marie Fauconnier, décédée le 17 mars 1749.


Champion hippique

Le dernier vicomte de Blois d’Arondeau, Adolphe, mourra le 28 février 1898, comme le signale Raymond Bulion. Sa fille quittera la propriété en 1936 après que son premier époux William Bosville Boshell eut dilapidé sa fortune et celle de son épouse Blois. C’est ainsi que dès 1920, le domaine était hypothéqué. En secondes noces Mlle de Blois, qui en évoque une autre plus chanceuse et illustrement née, convola avec Louis van de Poele. Ils eurent deux enfants. Leur fille allait épouser le très célèbre jockey britannique Freddy Head, aussi connu que Yves Saint-Martin. Head gagna quatre fois le Prix du Jockey-Club de Chantilly en 1969, 1973, 1975 et 1976. En 1936 un notaire de Frasnes racheta l’hypothèque.

Entre 1943 et 1945 Arondeau était dans les mains de Mme van de Poele. Madame fut suivie par la société Curimo qui utilisait le bien comme bureaux et site de soins. Ensuite la maison sera achetée par M. Mureau, installé à Leuze (Ath); sa belle-fille Mme Feron elle aussi médecin, conserva le château mais son fils Pierre Feron le vendra via le notaire Gorin. En 1991 un groupe d’investisseurs japonais dirigé par Mme Tsuji se pencha sur cette bâtisse. L’idée était de transformer le bien en une école d’hôtellerie comme cette société l’avait déjà entrepris sur deux châteaux de la région de Lyon et en Bourgogne. Mais la crise du début des années nonante allait contrecarrer le projet. Arondeau fut alors acheté par M. Catoire vers 1998. Le château a été vendu à la socièté Agira en septembre 2006 pour l'ouverture en juin 2009 d'un lieu de réception pour mariages et séminaires  avec 10 chambres d'hotel 3* .


Château isolé

Le domaine, isolé du village, non loin du canal de Pommerœul est ceinturé par un fossé rempli d’eau. La maison est bordée sur une face par un large étang d’un hectare. La façade d’accès est centrée sur une travée en ressaut qui se poursuit par un haute lucarne à volutes et coquillage inscrit dans un fronton en arc surbaissé. Elle s’étire sur sept travées aux baies surbaissées pour les niveaux inférieurs. L’accès au vestibule s’effectue par un perron en pierre bleue soutenu par une paire de colonnes circulaires. La chambre centrale profite alors d’une porte fenêtre surmontée d’un linteau débordant qui soutient un faux balcon aux balustres baroques. La demi-baie est elle même sommée d’un linteau à draperie de style Louis XVI. Le château, posé sur un épais soubassement de pierre bleue aveugle, s’élève sur deux niveaux et demi sous une toiture d’ardoises artificielles en bâtière piquée de quatre petites lucarnes et agrémentée par un lanternon couvert en poivrière. La bâtisse est érigée en briques et pierre bleue pour les nombreux bandeaux et les cordons larmiers qui délimitent les niveaux. Sur les faces latérales aveugles, émerge une tourelle engagée de quatre niveaux percée à chaque niveau par un triplé de baies rectangulaires étroites. Chaque tourelle s’achève par une terrasse en encorbellement animée de crénelages. Du côté de la pièce d’eau, la façade compte toujours sept travées mais celles du bas sont englobées dans une superbe véranda en fer forgé posée sur pilotis. Le soubassement est de ce côté percé de jours oblongs.


On ne visite pas. Le château se voit du chemin.



SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004