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Annevoie se mire à belle eau


Château d'Annevoie - 5537 Annevoie-Rouillon (Anhée)



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  • Annevoie, un moment de bonheur qui s’éternise. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Après les Montpellier et Stéphan Jourdain, voilà que cette demeure admirable est tombée dans l’escarcelle de la Région Wallonne. Qui aurait prédit de tels changements ? © Philippe Farcy

  • Carte postale envoyée en 1910, ed. Nels, série Godinne n° 3

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Nom Officiel Château d'Annevoie
Localisation 5537 Annevoie-Rouillon (Anhée)
Construction 1627; vers 1750
Style Louis XV
Architecte Philippe Phazelle
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien classé en totalité 29 octobre 1981; parc qualifié de patrimoine majeur

Dernière mise à jour : 30/07/2013


L'un des plus beaux sites du royaume est entré dans le domaine public depuis août 2004


La province de Namur est d’une richesse extraordinaire quand on regarde son patrimoine ancien. Annevoie comme Franc-Waret y figurent au sommet de la hiérarchie pour l’élégance et le raffinement de leurs sites piqués de part et d’autre d’une maison dont on ne peut rien dire d’autre sinon qu’elles sont parfaites. Les jardins d’Annevoie datent de 1758. Pris pour eux-mêmes, ils sont un des hauts lieux du tourisme belge et ils représentent la quintessence du goût baroque issu de France et d’Allemagne pour l’art des parcs et les symboles végétaux qui s’y trouvent. Avec Attre, Hex, Leeuwergem et Belœil cette propriété est un écrin sublime sorti tout droit du XVIIIe siècle.



Allures italiennes

Le jardin d’eau a des allures de Tivoli ou de Frascati grâce à son étroit canal de 650 mètres de long longé à nouveau depuis ce printemps 2004 par des tilleuls. N’oublions pas ses bassins, jets et fontaines, sculptures et autres cascatelles dont la vitalité sera garantie bientôt par la restauration prévue en 2004-2005 des canalisations. Les eaux y glissent avec paresse ou vigueur selon les endroits à la seule force de la nature et des eaux produites par les sources environnantes qui alimentent ensuite le Rouillon. Classé patrimoine majeur de Wallonie, le parc mérite un véritable détour. Un labyrinthe de trois hectares y sera accessible dès que les plans de maïs, comme à Barvaux-sur-Ourthe, auront poussé. Le château, plus ancien que le parc, n’est pourtant pas la moindre des belles choses de ce domaine merveilleux.


Les Servais

L’histoire d’Annevoie est à tout jamais liée à celle de la famille Servais de Montpellier. En effet, vers 1500, un certain Jehan Servais s’en alla poursuivre ses études de médecine dans cette illustre et déjà ancienne université de Montpellier. On lui donna à son retour du Montpellier au point de coller à la peau de la famille pour – espère-t-on – l’éternité. Mais cet attachement ne doit pas faire oublier qu’avant les Montpellier, Annevoie était issu de la volonté d’une autre illustre famille locale, les de Halloy. Ce sont eux qui, en 1627 à en croire les ancres accrochées aux façades, érigèrent les premiers bâtiments. En 1680, Catherine de Halloy transmit le domaine à sa nièce Marie qui allait convoler avec Jean de Montpellier. Les Montpellier de la branche d’Annevoie en furent maîtres, en même temps qu’ils étaient maîtres de forges, jusqu’à la fin du XXe siècle. Depuis le domaine est passé dans les mains de l’homme d’affaires Stéphan Jourdain qui l’a revendu en août 2004 à la Région Wallonne tout en conservant la gestion du site.


Charles-Alexis choisit Phazelle

Le plus célèbre des propriétaires fut Charles-Alexis de Montpellier, bailli de Montaigle et surtout industriel à la tête de cinquante forges comme les d’Arche de Tromcourt ou les Desmanet de Biesme. C’est lui aussi qui fit transformer le château en partant de la gentilhommière de 1627 pour en faire le vaisseau actuel sous la plume de l’architecte Phazelle, dont nous ne savons presque rien sauf qu’il aurait construit la charmante église de Bothey. Celui-ci conserva l’étagement de deux niveaux sur un haut soubassement aveugle. La demeure est totalement couverte de pierre bleue en moellons ou taillée et panneautée pour dynamiser les volumes.

Les toitures couvertes d’ardoises sont en bâtières et ornées de lucarnes généralement de même type; certaines sont en arcs surbaissés et ailerons à volutes. La façade sur la pièce d’eau se compose de onze travées plus celle de la tour oblongue engagée mais en fort ressaut. Au centre et pour répondre au dispositif de la cour intérieure, l’architecte a placé un avant-corps en léger relief, large d’une travée. Il précède une petite terrasse et se compose de deux niveaux sous un fronton aveugle. Les baies à petits-bois ne sont pas munies de garde-corps ni de volets. Du côté de l’entrée, le château se présente en U. L’entrée s’effectue par un avant-corps plus marqué que celui donnant sur les jardins. La cour est par ailleurs bordée à gauche de communs et au-delà d’une ferme. Il ne faut pas omettre la chapelle baroque qui borde le domaine vers Bioul. Tout cela tient du paradis terrestre et est accessible en saison.
 

Visite obligatoire. On vous y attend avec impatience.



SOURCES:
Frédéric de Montpellier & Marc Belvaux, Aux origines de la famille de Montpellier, Le Parchemin, 76e année, n° 394, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, juillet-août 2011

Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005

Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel II, Hobonia 1987