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Boterberg, un cadeau à la Fondation Roi Baudouin


Kasteel Boterberg - 2920 Kalmthout



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Catégorie : Informations Business Evénements
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  • © Philippe Farcy

  • Carte postale envoyée en 1920, photo F. Hoelen 1890

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Kasteel Boterberg
Localisation 2920 Kalmthout
Construction 1898-1905
Style Néotraditionnel Tudor
Architecte
Occupants
Affectation Projet de cohabitation avec sept logements unifamiliaux
Protection

Dernière mise à jour : 22/08/2015


La Fondation Roi Baudouin (FRB) a reçu un château à Kalmthout et des centaines d'hectares aux abords de la Hollande, près de Bergen-op-Zoom, plus quelques terres en Brabant wallon.

La famille Carlier n'était plus guère connue en Belgique et même dans le milieu d'affaires anversois jusqu'à ce que la dernière des trois enfants d'Hector Carlier (1884-1946), ne vienne à disparaître en laissant dans son testament la totalité de ses biens à la Fondation Roi Baudouin. Mademoiselle Marie-Antoinette Carlier (1934-2007) était fort possessionnée d'autant plus que sa soeur Amalia, décédée en 2001 et son frère Ferdinand, retourné au Père en 1986 à l'âge de 51 ans, ne s'étaient pas mariés. Marie-Antoinette avait donc retrouvé le patrimoine que son père Hector avait laissé à sa mort brutale survenue le 1er janvier 1946. En effet il se suicida, poursuivit qu'il était par la chasse des collaborateurs du régime nazi. Son frère Fernand avait pris le chemin de l'exil et fila au Brésil. Sa descendance toujours installée du côté de Brasilia s'est au demeurant réveillée quand elle apprit que Marie-Antoinette avait donné la moitié ses biens à la Fondation Roi Baudouin et le reste à divers particuliers plus des associations telles la Croix-Rouge, Médecins sans Frontière et Plan International. Des actions en justice pour récupérer une partie des domaines sont en cours. En tous cas la Fondation Roi Baudouin a déjà fait procéder à la vente du mobilier décoratif et meublant du château de Boterberg. C'était en la Galerie Moderne à Ixelles.

Comment Marie-Antoinette était-elle si fortunée ? Cela tient à ce que les Carlier étaient comme d'autres familles belges ou d'origine allemande (pensons aux Friling ou aux Bunge, pour ne citer qu'eux), installés dans les affaires à Anvers et qu'ils profitèrent de l'expansion belge sous le règne de Léopold II. Le grand-père de Marie-Antoinette était Jean-Baptiste Carlier, banquier de son état, propriétaire de la Banque d'Anvers dans laquelle la Société Générale de Belgique avait de gros intérêts. De plus, les Carlier furent avec les van de Vyvere et les Meeus, parmi les plus importants actionnaires de la Petrofina. Dans cette Belgique richissime, peuplée du tiers des habitants d'aujourd'hui, il y avait donc de la place sous le soleil d'un ancien marquisat d'Anvers qui comptait des milliers d'hectares vides. C'était le cas dans cette zone de Kalmthout. Jean-Baptiste plus vraisemblablement qu'Hector, acheta des territoires de sable et de pins par blocs de centaines d'hectares, comme l'avait fait Léopold Ier à Rethy; le roi avait acquis 1500 ha d'un coup. Rappelons qu'une loi avait, vers ces années 1850, obligé les communes à vendre les terres reçues après la suppression des domaines abbatiaux. Cette disposition légale permit à de grandes familles d'industriels ou de l'aristocratie d'acquérir des milliers d'hectares à travers tout le pays. Sur Boterberg on en compte quatre cents qui progressent vers la Hollande dans ce que l'on appelle « De Zoom Kalmthoutse Heide ». Cette zone boisée est classée et d'autant plus que dans sa partie sud se trouve le fameux« Arboretum » de Kalmthout (cette partie n'a rien à voir avec les Carlier). Il y avait en outre dans le portefeuille de Marie-Antoinette un ensemble de sept cents hectares situés en Hollande entre Rucphen et Schijf. Ces terres sont situées au sud-est de Roosendaal. Plusieurs bâtiments agricoles sont installés sur ces domaines belges et hollandais. Il en est de même dans la proximité de Boterberg dont le château de style Tudor, érigé vers 1890-1900 compte un joli pavillon de gardes en briques construit tel un U. Derrière celui-ci on trouve encore une longue aile d'écuries dotée d'une belle fontaine en fonte et d'un emplacement pour nettoyer les chevaux. Un troisième bâtiment de moindre caractère crée une sorte de basse cour.

On arrive au château en passant sur un pont et en prenant un petit chemin caillouteux, sur la nationale 111 qui va vers Wildert puis Essen. Le petit pont passe au-dessus du seul inconvénient de ce site remarquable, à savoir la ligne de chemin de fer reliant Bruxelles à Amsterdam. Des rails au château il n'y a pas 500 mètres et là, ça vous enlève l'envie de rester pour prendre le thé sur la terrasse, à moins d'être sourd. Et on entend d'autant mieux les convois que le château est posé sur une motte qui n'est pas de beurre. Le château est donc de style Tudor, très en vogue voici cent ans et un peu plus. L'architecte ne nous est pas connu. Le paln est massé et composé d'une suite d'éléments en avancées et en retraits dont les baies hautes et larges accueillent des croisées successives et accolées. Le château compte deux niveaux plus un autre encavé. Ses hautes toitures sont animées de lucarnes et cheminées. La maison compte tout un ensemble de décors médiévaux ou renaissants aux gargouilles et autres arêtes de façades qui donnent une curieuse ambiance à la bâtisse. Il n'y a pas à proprement parlé de jardin. Les bois viennent illico flirter avec les façades de briques et de pierre blanche.

On ne visite pas. La Fondation Roi Baudouin créera un fonds spécial avec le fruit des ventes Carlier.


SOURCES:
Philippe Farcy, Boterberg, un cadeau à la Fondation Roi Baudouin, Vie de Château 512, La Libre Belgique
Kasteel Boterberg (ID: 13288), De Inventaris van het Bouwkundig Erfgoed, Onroerend Erfgoed https://inventaris.onroerenderfgoed.be/dibe/relict/13288