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L'histoire tranquille du fief de Bonneville-Sclayn


Château de Bonneville - 5300 Bonneville (Andenne)



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  • À Bonneville, les baies peuvent se faire rares et rappeler que cette maison recelait de la puissance. © Philippe Farcy

  • Dès que l’on passe à l’aile sud, la recherche de lumière se fait sentir. Bonneville s’étire de grandiose manière sur dix travées inégales. La cour de la ferme est elle aussi très intéressante. © Philippe Farcy



Nom Officiel Château de Bonneville
Localisation 5300 Bonneville (Andenne)
Construction Du XVe au XIXe siècle
Style Traditionnel mosan
Architecte
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien classé le 19 octobre 1982

Dernière mise à jour : 06/01/2013


Apanage principalement féminin, ce domaine mosan n’a plus été vendu depuis 1689


Bonneville est une antique seigneurie qui incluait jadis les terres de « Sclayn, Sclayneau et Sclermont » pour reprendre Saumery, en 1744.

Pour Cécile Douxchamps, la terre relevait du ban de Sclayn. Le plus ancien seigneur connu est Godefrin de Bonneville. En 1368 les sources citent Thibaut Smal de Broesbergh, issu d’une famille du duché de Limbourg. Ce Thibault qui était en 1371 à la bataille de Baeswiller, était marié à Agnès de Blehen. Les Smal, devenus aussi seigneurs de Neerepen, étaient cousins des Hun et des Hosden, avant 1500. Voilà qui mettait Bonneville en relation étroite avec le château de Montigny à Hanret, comme le révèlent les études de Henri de Radiguès en 1895.

Les Smal posséderont Bonneville jusqu’à l’achat du fief en 1520 par Jacques de Senzeilles (Serinchamps). En 1524, Antoinette de Senzeilles épousa Jean de Hosden. Leur fils Jacques et sa sœur Jeanne épouse de Guillaume de Juppleu relevèrent la terre. Par les Juppleu, Bonneville cousina derechef avec les sires de Seron et de Montigny déjà cité. En 1560 le fief est repris par Jehenne de Juppleu, fille de Guillaume. Elle avait épousé Conrad d’Argenteau, seigneur de Ligny par sa mère Françoise de la Haye, dame du dit lieu, mais aussi de Keumiée et de Tongrinne. Tongrinne et Ligny partiellement était des fiefs dépendants de la seigneurie de Héverlée.


Les vrais édificateurs


En 1617, la fille de ces derniers, Anne d’Argenteau, veuve de Lancelot d’Yve vendit Bonneville à Jacques Zualart (+ en 1654), mari de Jeanne de Chokier. Leur fils Tilman poursuivit sans la terminer la construction du château. En 1689, la terre est une dernière fois vendue au chevalier Jean-Hubert de Tignée (1650-1724), seigneur de Faulx et de Haltinne, mayeur de Liège en 1705. C’est lui qui termina l’édification du château actuel après des travaux entamés mais jamais terminés par les Zualart. Jean-Hubert était marié à Anne-Catherine d’Olne, fille du baron Guillaume, banquier bien connu dont le frère Lambert était seigneur de La Neuville-sous-Huy. Après 1724, le château est hérité par les trois enfants des précédents. On y compte Jérôme-Paul de Jaminet (1688-1771), juriste et gendre de Jean-Hubert de Tignée, marié à Elisabeth de Tignée. En 1738, Elisabeth et Jérôme-Paul seront les uniques propriétaires du bien. Ils avaient repris déjà le château de La Neuville en 1730 avec les frères Tignée. Par la suite, à travers les Reul, déjà vus à Vieljaren puis les barons de Thiriart, le château fut assumé dès 1931 via un cousinage par Marie-Louise de Harlez de Deulin (1891-1961), ce qui crée un autre lien avec Deulin.


Classicisme mosan


Lors de la vente de 1617, les bâtiments agricoles semblent complets. Des Zualart, on retiendra la belle et longue façade du côté est, précédée jadis de fossés « remplis de boue » selon Saumery et accessible par un pont-levis. Ces éléments de défense seront supprimés par les Reul au début du XIXe siècle. Cette aile principale de style traditionnel mosan en briques et pierre bleue est limitée par deux tours carrées en hors-d’œuvre. La porte d’entrée précédée d’un perron est décentrée. Elle s’inscrit dans un encadrement en plein cintre à refends.

L’aile compte dix travées sur deux niveaux bien séparés par des bandeaux de pierre bleue. Les baies à croisée possèdent des encadrements de calcaire dont les seuils du rez furent abaissés sous les Jaminet.

Les tours posées sur de hauts soubassements de calcaire sont ouvertes sur une face et sur trois niveaux. Les autres faces sont percées de meurtrières. L’aile regardant à l’est a été édifiée principalement en moellons de calcaire et surélevée en briques. La cour intérieure pleine de charme avec ses ailes posées de manière peu régulière a été affectée par un incendie en 1899; elle présente de très beaux éléments du début du XVIIe siècle. L’aile du côté est a été érigée en grande partie en moellons de calcaire. Lors de l’achèvement des travaux, on la rehaussa de briques.



On ne visite pas. Le château se voit de la route.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004
Cécile Douxchamps-Lefèvre, Châteaux de la province de Namur 2002
Chevalier Baudouin de Theux de Meylandt et Montjardin, Illustrations héraldiques d’une lignée de châtelains à Bonneville, Le Parchemin, 55e année, n° 265, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, janvier-février 1990
Henri de Radiguès, Les seigneuries et terres féodales du comté de Namur, Annales de la Société Archéologique de Namur, n° 22, Ad. Wesmael-Charlier 1895

Pierre Lambert de Saumery, Les Délices du Pais de Liège ..., chez Everard Kints 1738