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Beaux restes à Wégimont


Château de Wégimont - 4630 Ayeneux (Soumagne)



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  • © Les Meloures 11 March 2007 Creative Commons Attribution-Share 3.0 Luxembourg License

  • Carte postale envoyée en 1956, ed. Blanchy

  • Le fossé et la façade ouest, carte postale ancienne, ed. Ern. thill & Nels

  • Le bassin, carte postale ancienne, ed. Voos-Denoël



Nom Officiel Château de Wégimont
Localisation 4630 Ayeneux (Soumagne)
Construction XVe siècle; 1614; après 1964
Style Renaissance
Architecte
Occupants Domaine Provincial de Wégimont
Affectation Domaine Provincial de Wégimont
Protection

Dernière mise à jour : 04/01/2013


Le domaine provincial de Wégimont est un élément central du tourisme liégeois. L'importance architecturale du lieu n'a guère engendré une grande littérature.

Benoît Franck, Nathalie de Harlez et Francis Tourneur ont presque tout dit dans la plaquette qu'ils publièrent en 1995 pour le Ministère de la Région Wallonne (Carnets du Patrimoine n° 9), à propos de Wégimont. Outre ces auteurs, la bibliographie concernant cet important domaine est d'une rare maigreur, au demeurant non expliquée.

Nous sommes sur le village d'Ayeneux dont la richesse architecturale est considérable. Le domaine faisait partie de l'avouerie de Fléron sous l'Ancien Régime.

Tour et dépendances

Au XVe siècle, le fief était orné d'une tour et de quelques dépendances, appartenait sans doute à Oude de Wégimont, première propriétaire connue. Les Fisenne en étaient maîtres de 1516 à 1536, suivis par Thiry de Rosey signalé là en 1574. En 1610, par mariage, on y vit entrer les Lynden, quand Charles-Ernest d'Aspremont, baron de Lynden, sire de Froidcourt, épousa Catherine de Druyn dite de Rosey. Sous ce seigneur, le château fut abîmé dans la guerre qui opposait les Grignoux et les Chiroux, en 1636.

Les d'Aspremont en étaient encore propriétaires au début du XVIIIe siècle. Ils furent suivis par les Eynatten signale Emile Poumon. Ensuite, en 1756 les comtes d'Oultremont prirent le relais et gardèrent le domaine jusqu'en 1920. A cette date, deux dames nées comtesses d'Oultremont (Camille et Appoline), vendirent le domaine limité à 18 ha, à la Province de Liège.

Camille (1880-1931) avait épousé le marquis Antoine d'Oncieu de Chaffardon. Appoline (1886-1929) avait uni sa destinée au baron Tanguy Cazin d'Honincthun. De 1920 à 1937, la propriété resta vide car les pouvoirs publics n'en firent rien, faute de trouver une affectation à cet important édifice.

Centre de loisirs

En 1938, Wégimont devint un centre de loisirs ce qui cadrait avec l'ambiance récente des congés payés. Léopold III vint inaugurer les lieux en août de cette année-là. Depuis lors, la destinée du site évolua entre maison de retraite et site d'agrément provincial comme l'est le domaine de Hélécine, autre terre Oultremont.

On rappellera néanmoins la pénible existence du domaine de Wégimont lors de la dernière guerre. Les Allemands transformèrent le château en un terrible "Lebensborn", centre d'éducation de jeunes bambins, nés de très jeunes mères d'origine germanique, littéralement mises en production comme des poules pondeuses pour assurer la pérennité de la race aryenne. Juste après la Libération, le château servit de prison pour des militaires allemands et de centre de repos pour les GI'S.

Incendie dramatique

L'après-guerre sera aussi marqué par un terrible incendie survenu dans la nuit du 26 mai 1964 où presque tout le château flamba. Dix-sept pensionnaires âgés y perdirent la vie. Tout cela à cause d'une friteuse mal éteinte.

Le château fut reconstruit partiellement en oubliant ce qui était la maison proprement dite !!!! Wégimont n'est composé que des dépendances formant la basse-cour, alors que le château était accessible par des degrés menant à la haute cour. Il en reste les gardes corps en fer forgé de style Louis XVI. La reconstruction donna lieu à une copie presque intégrale du bâtiment précédent. Les toitures varièrent un peu mais celles des tours changèrent beaucoup.

Quand on arrive de la nationale en regardant la longue façade d'accès, on distingue les trois blocs jointifs de l'aile sud. Ils sont protégés par des douves. Celui de droite, le plus long, posé comme les autres sur un haut soubassement de moellons de grès, monte sur deux niveaux et demi assortis d'un haut niveau de caves. On y calcule la présence de neuf travées presque égales dont les baies (toutes chaînées et harpées) extérieures sont à meneau alors que celles du centre sont à croisée.

L'accès à la cour s'effectue par un pont dormant à trois arches puis par un superbe portail baroque en plein cintre sous une tour carrée datée de 1614. L'arc est en anse de panier sur la cour. Le tympan du portail est orné de délicats stucs feuillagés et polychromés. Trois niveaux surmontent le portail. La toiture en pavillon sommée d'un clocheton carré et d'un bulbe à flèche a fait place à une structure brisée à coyaux. A gauche de la tour d'accès, file une aile de communs presque aveugle et basse. Elle bute sur une tour carrée engagée, éclairée sur quatre niveaux. L'aile gauche de la cour est composée de trois éléments : une tour, une aile basse et une aile haute présentant deux décrochages dont un est souligné par une arête chaînée. L'aile de communs monte sur deux niveaux; sa toiture est garnie de lucarnes presque identiques à celles du château de Reckheim, fief et comté des Lynden, à la même époque.

Visites possibles.

SOURCES:
Boris Thiolay, Lebensborn : la fabrique des enfants parfaits : Ces Français qui sont nés dans une maternité SS, Flammarion 7 mars 2012
Philippe Farcy, Beaux restes à Wégimont,  Vie de Château 380, LaLibre.be 26 janvier 2007 http://www.lalibre.be/archives/divers/article/328338/beaux-restes-a-wegimont.html
Benoît Franck, Nathalie de Harlez de Deulin, Francis Tourneur, Le domaine provincial de Wégimont, Carnets du Patrimoine n° 9, Ministère de la Région Wallonne 1995