FR - NL - EN
ACCUEIL AGENDA CONTACTEZ-NOUS FAQ CONNEXION CHÂTELAINS

Corroy, un château princier issu du Moyen Âge


Château de Corroy-le-Château - 5032 Corroy-le-Château (Gembloux)



Contacter

Catégorie : Informations Business Evénements
Prénom
Nom
E-mail
Téléphone
Veuillez écrire CASTLE dans le champ ci-dessous:

  • Corroy, cathédrale civile de l’Histoire belge et européenne, est immortel. Le château n’a jamais été vendu. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Vue de l’allée d’accès depuis l’arrière de la barbacane et alignement de travées à droite de l’ancien donjon. © Philippe Farcy



Nom Officiel Château de Corroy-le-Château
Localisation 5032 Corroy-le-Château (Gembloux)
Construction Du XIIe au XIXe siècle
Style Château fort; classique, néo-gothique et néoroman
Architecte
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien classé le 16 mars 1965

Dernière mise à jour : 06/01/2013


Cathédrale civile, Corroy est un réceptacle pour l’identité de toute une région

Cette demeure est un des douze châteaux du royaume construit sous la féodalité à n’avoir jamais été vendu. Corroy de par son ancienneté peut se regarder avec vénération; il doit se déguster comme une friandise même si son apparence n’a rien de sucré. Mais c’est pour notre pays la cerise sur un gâteau.

Plus qu’ailleurs, l’histoire du comté de Namur tient ici un témoignage tangible de ses hauts faits, face aux puissances voisines du Brabant et de Liège. « Corroy , écrivait M. Ubreghts, est une grande collégiale, sa valeur testimoniale est superlative et unique ». Certes, mais pourquoi ne pas comparer ce vaisseau à une cathédrale puisque de tout temps le château fut aux mains de très hauts et puissants seigneurs, proches cousins – quand ils n’en étaient pas eux-mêmes membres – des cours européennes ?


Liens impériaux

Le plus ancien seigneur connu fut Baudouin, seigneur d’Orbais, en 1095. Sa descendante Aléide allait épouser Guillaume de Brabant, seigneur de Perwez (Grimbergen). Deux générations plus tard, Marie de Brabant épousait le comte Philippe de Vianden, fils de Henri, marquis de Namur et de Marguerite de France-Courtenay, elle-même fille de Pierre, empereur latin de Constantinople. Le cousinage avec Paris allait sans doute justifier une lointaine filiation stylistique entre le vieux Louvre et Corroy.

Puis le temps passa et les alliances s’en allèrent vers l’est et le Saint-Empire. À la fin du XIVe siècle, Elisabeth de Sponheim, fille de Simon et de Marie de Vianden épousa d’abord le comte Engelbert III de la Marck dont la mère était née Clèves. En secondes noces, elle convola avec Robert comte palatin du Rhin, fils de l’empereur Robert de Bavière et d’Elisabeth de Hohenzollern-Nuremberg. Faute d’une descendance, le bien passa à un cousin, Jean V, comte de Nassau-Dillenburg.

Ensuite, Corroy fut repris par le fils aîné de Jean V, prénommé Henri III (1483-1538).


Fils légitimé

Henri III s’est marié à quatre reprises dont une première fois secrètement avec Elisabeth de Rosembach. Il en vint un fils prénommé Alexis qui se vit offrir la seigneurie par son demi-frère René de Châlon, prince d’Orange, fils dudit Henri III et de Claude de Châlon. Claude était la fille de Jean II, prince d’Orange et de Philiberte de Luxembourg.


De ce bâtard qui fut gouverneur de Mouzon puis légitimé en 1545 par Charles-Quint, est issue toute la lignée des comtes de Nassau-Corroy qui conservera Corroy jusqu’au dixième marquis de Trazegnies, Gillion, fils d’Eugène et de Marie-Victoire de Rifflart, marquise d’Ittre. Les Trazegnies sont propriétaires de ces murs antiques depuis 1809. Leur dynastie avait été remise en selle par la germanique baronne Eléonore von Bode, jeune et riche veuve dans la trentaine, qui épousa in illo tempore à Vienne le grand-père de Gillion de Trazegnies, Philippe-Ignace, officier dans un régiment hongrois, à l’époque le seul rejeton Trazegnies restant.



Incendie

Il n’avait pas le sous et se renfloua avec la dot d’Eléonore. Pour comble de chances, le château aura traversé le temps sans être trop défiguré. Seul l’incendie de 1863 priva la demeure de son ancien donjon, remplacé par un appendice de style roman des extrémités duquel jaillissent avec bien peu de force deux tourelles à crénelage. Il en reste à l’arrière la gothique chapelle.

Quant au hall d’entrée, il a été décoré en 1988 de dizaines de portraits des amis et parents du marquis de Trazegnies, peints au plafond par Anatoly Stolnikoff et la comtesse Catherine de Limburg Stirum. Corroy est donc un site et une demeure exceptionnels, à visiter obligatoirement, car outre les murs, les souvenirs de famille y sont accumulés avec un goût parfait.


Position stratégique

Le château actuel, construit tout en moellons de calcaire et de grès est classé depuis le 23 août 1917 avec extensions de protection le 16 mars 1965. Il a été bâti vers 1220/30 ou vers 1270/80 selon les sources par un comte de Vianden, à la demande et sans doute avec les finances du duc de Brabant qui désirait verrouiller ses terres face à la menace de la Maison des Dampierre, comtes de Flandre, installée à Namur.

Corroy est flanqué de quatre tours reliées entre elles par un système assez savant de courtines et d’escaliers. Une cinquième tour regarde au nord. La plus grosse des tours abrite la chapelle; ce doit être le plus ancien oratoire privé du pays. Parce qu’il est partiellement entouré de fossés, on arrive au château en passant un pont qui fut restauré au XVe puis au XVIIIe siècle. Une barbacane du XVe siècle, restaurée en 1718 comme en témoigne une pierre gravée, précède le châtelet d’entrée. Celui-ci est défendu par deux tours et il abritait jadis le mécanisme du pont-levis et celui de la herse qui pesait 600 kg. 1718 est aussi la date des aménagements intérieurs consentis par le comte de Corroy. Le château dessine un U très profond.

Le 22 septembre 2008, le château fut vendu à l'artiste Wim Delvoye pour 3.300.000 euros. Le 30 octobre 2008, le marquis Olivier de Trazegnies, le propriétaire initial, l'acquit à nouveau dans une société dénommée Marquis de Trazegnies-Comte de Nassau, avec l'intention de verser cette société dans l'Association Royale des Demeures Historiques et Jardins de Belgique et avec la possibilité pour l'artiste Wim Delvoye d'exposer ses oeuvres dans la cour et dans le parc durant trois ans.



Visites très souhaitées; locations possibles. 




SOURCES:
Marquis de Trazegnies, Un personnage secret : Gillion, deuxième marquis de Trazegnies d’Ittre (1772-1847) époux de Constance-Amélie, comtesse de Nassau et de Corroy, Le Parchemin, 77e année, n° 400, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, juillet-août 2012
Marquis Olivier de Trazegnies, La vente du château de Corroy-le-Château en 2008, dans le site de l'Association Royale des Demeures Historiques et Jardins de Belgique   http://www.demeures-historiques.be/fr/demeures-historiques/chateau-corroy-le-chateau.php
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004 
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel VII,  Hobonia 1997

REMERCIEMENTS:
François-Emmanuel de Wasseige, rédacteur en chef de Demeures Historiques & Jardins