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Le Sterckshof, couleur vermeille


Kasteel Sterckshof - 2100 Deurne (Antwerpen)



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  • © Philippe Farcy

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  • Ces détails du château montrent le souci de rendre à cette bâtisse son exacte apparence de la fin de la Renaissance. La ville d’Anvers ne ménagea pas ses efforts. Il y allait de son prestige. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Kasteel Sterckshof
Localisation 2100 Deurne (Antwerpen)
Construction Après 1524; puis 1927 à 1929
Style Renaissance flamande
Architecte J.A. Van der Gucht, au XXe siècle
Occupants Zilvermuseum Sterckshof
Affectation Musée de l'orfèvrerie
Protection Bien classé le 17 février 1994

Dernière mise à jour : 05/01/2013


Renaissance d’une folie renaissante.

Nuit noire sur Deurne. Le musée étincelle pourtant de lumières orangées et dorées pour l’ouverture d’une nouvelle exposition. La vitalité de ce musée consacré à l’argenterie belge et européenne n’est plus à vanter. Les bâtiments impressionnent. Entourés d’eau, ils sont plus qu’un havre de paix dans cette zone périphérique de la Métropole où les buildings cohabitent avec les voies autoroutières. Si les automobiles rompent le silence, on en n’est pas moins stupéfait devant l’immensité de ce « gâteau » en grande partie reconstruit dans les années 20, presque à l’identique de ce qu’il fut dès le XVIe siècle. Il avait été gravé par Jacques Le Roy en 1694. Le 6 avril 1921, les pouvoirs publics d’Anvers achetèrent le domaine à la descendance du couple formé par Louise Cogels (1853-1917) et par Ernest Bosschaert de Bouwel (1853-1900). A cette époque, le domaine qui nous occupe était lié à celui du Rivierenhof, autre château des Cogels. Ce dernier a, depuis, été transformé en une très grosse villa et en hôtel-restaurant. D’après Paul Arren, le domaine se composait alors de 85 hectares. Il n’en reste que 35. Mais ils conservent de belles perspectives animées de grandes pièces d’eau et de douves.


Banquier et conseiller secret

Avant le XIIIe siècle, le site du Sterckshof contenait déjà une ferme fortifiée nommée Hooftvunder. Elle était ceinturée d’eau comme l’est le château aujourd’hui. Ce n’est qu’en 1524 que Guillaume Sterck ((+1564) en devint propriétaire. Sterck était un conseiller secret de Charles-Quint. Marchand et banquier, il transforma la bâtisse en un immense castel. En 1693, d’après les sources muséales, le domaine passa sous le contrôle des jésuites de Lierre. Paul Arren écrit pour sa part que les châteaux de Rivieren et du Sterckshof furent réunis en un seul bien par les jésuites le 22 mars 1619. La totalité du domaine passa aux enchères publiques lors de la suppression des ordres religieux le 21 juillet 1773. La vente eut lieu le 16 août 1776 et le lot fut engagé contre 63.100 florins par Jean-Baptiste III Cogels (1729-1799), banquier de son état, marié à Isabelle Stier (1738-1795). Fortement augmenté par le banquier, le bien passa à son fils Albert-Ferdinand (1776-1852), jusqu’au petit-fils de celui-ci, Joseph, dit John (1814-1885), époux de la baronne Joséphine Osy de Zegwaert (1821-1882) dont la famille possédait le château de Dongelberg, près de Jodoigne. En 1921, les petits-enfants de John et de Joséphine vendirent le château à la ville d’Anvers.

À cette époque, il ne restait du château ancien qu’un bâtiment d’un étage avec son beffroi, la porte d’entrée et quelques élévations en mauvais état.



Le chef-d’œuvre d’un architecte

Dès 1922, l’architecte J.A. Van der Gucht, donna des plans mis en œuvre un peu plus tard, dans le respect des traditions héritées de la seconde moitié du XIXe siècle. Ses projets traduisent un goût inouï de fantaisie où les briques rivalisent de légèreté avec la pierre blanche et les ardoises. Rien ne manque au vocabulaire architectural hérité de la fin du Moyen Âge modernisé sous les débuts de la Renaissance flamande. Crénelages, pignons droits ou à gradins, tours et tourelles à encorbellement ou sans encorbellement, meneaux et croisées, cheminées et pinacles se répondent au gré des bâtiments accolés autour de plusieurs cours intérieures. Voilà une superbe folie de fiers édiles communaux, parfaitement entretenue, dont le spectacle extérieur ne lasse jamais le regard. Et que dire des collections d’argenterie anciennes et modernes, si ce n’est qu’elles sont superbes. Cela donne de bonnes raisons de se rendre à Deurne.



Visites ardemment souhaitées.




SOURCES
:
Wim Nys, Esthétique moderne. Art-nouveau en art-decozilver uit de collectie van het Zilvermuseum Sterckshof, Sterckshof Studies 45, 2011
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002 
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel VII,  Hobonia 1997