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Freÿr, une évidence d'éternité


Château de Freÿr - 5540 Hastière



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  • Le « Frédéric Salle », incontournable édifice qui ajoute au charme de Freÿr.

  • Lithographie c1845 (Collection AdB)

  • Collection AdB



Nom Officiel Château de Freÿr
Localisation 5540 Hastière
Construction 1571; 1637; 1769; 1882; 1888; XXe siècle
Style Renaissance mosane; traditionnel et Louis XV
Architecte XXe siècle: baron Francis Bonaert
Occupants Domaine de Freÿr a.s.b.l.
Affectation Musée & activités culturelles
Protection Bien classé le 3 août 1956

Dernière mise à jour : 07/01/2013


Voici un des sites les plus remarquables du royaume


Freÿr (le dernier r ne se prononce pas, nous disait le baron Francis Bonaert) est de ces châteaux dont on ne se lasse pas d’admirer l’équilibre et la classe. Planté dans un site remarquable protégé par un classement au titre de patrimoine majeur de Wallonie, le château de Freÿr en impose avec ses jardins à la française. Il est très bien tenu par les actuels propriétaires et il tient son rang de joyau de notre patrimoine avec une facilité qui semble naturelle. Cette dernière qualité semble être une habitude depuis l’édification des bâtiments que longe la Meuse en sa rive gauche. Une Meuse miroir d’eau en été venue ajouter au charme du cadre naturel piqué de hauts rochers de calcaire et de massifs boisés ondulants. Une Meuse parfois débordante mais point par affection.

Elle affecte la bonne conservation des édifices quand les pluies se transforment en torrents. En ces jours sombres on peut alors voir ce vaisseau de briques et de pierre bleue flotter, immobile comme un paquebot ancré près d’un port. Freÿr fait partie de ces domaines du royaume Belgique à n’avoir jamais été vendus selon certaines sources. Dès le Moyen Âge, le fief relevait du baillage de Bouvignes avant d’être dépendant du comté de Namur qui aurait acheté les droits en 1345 avant de les revendre en 1348 aux d’Orjo, signale Jean-Louis Javaux. Selon d’autres, il était aux mains de la famille de Blize en 1289 voire des Juppleu, ce qui créerait un petit lien avec le château de Pontillas (Fernelmont) et celui de Montigny à Hanret. En 1378 le bien fut donné à Jean d’Orjo, bourgeois de Dinant à en croire Thérèse Cortembos. Marie d’Orjo fille du Jacques précité, allait convoler en 1410 avec Jacques de Beaufort, seigneur de Spontin dont la famille devait conserver le domaine jusqu’en 1836 quand Freÿr échut par mariage aux Mouchet-Battefort, comtes de Laubespin. Il s’agissait de Gilda, fille de Frédéric et d’Ernestine de Starhemberg. Elle fut mariée à Camille de Laubespin, fils de Charles et de Camille de Levis-Mirepoix (Bossuyt). Freÿr se trouve toujours dans leur descendance et cousine avec Elverdinghe.


Suite de constructions

Une maison forte existait dès le XIIIe siècle sans doute. Elle fut partiellement ou totalement détruite en 1554 par les troupes du duc de Nevers lors d’un conflit opposant Henri II de Valois à Charles V de Habsbourg. On en voit les éléments sur la page réservée au domaine dans les « Albums de Croÿ » (1604). L’aile la plus ancienne date de 1571 et montre déjà la mise en place du style mosan liégeois issu de la Renaissance dont le plus bel exemple est la Maison Curtius à Liège. La demeure était déjà de forme trapézoïdale ornée de tours d’angle. À l’ouest fut implantée la ferme. En 1637 Hubert de Beaufort-Spontin qui avait convolé avec Marguerite comtesse de Berlaymont, fit moderniser la cour carrée et y plaça pour l’une d’elle un porche monumental. En 1674 Freÿr fut érigé en baronie. Durant l’été de 1675, Louis XIV découvrira Freÿr quand il y installa ses quartiers avant d’aller assiéger Dinant. Il n’avait sans doute pas demandé l’avis de la châtelaine, Jeanne d’Harscamp (Franc-Waret), veuve de Jacques de Beaufort-Spontin.


Ouverture en U


En 1769 seulement, le château prit son apparence actuelle. On supprima l’aile sud pour créer une cour ouverte dont les extrémités furent reliées aux ailerons par des grilles de fer forgé de la plus belle qualité. À cette époque, les jardins à la française furent créés. Mais déjà en 1737 les orangers avaient été achetés à François de Lorraine, époux de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche. Ils proviennent de son château de Lunéville. Plus tard leur fille Marie-Christine, gouvernante des Pays-Bas et sœur aînée de Joseph II, vint à Freÿr. C’était en 1785. Depuis 1760 et jusqu’en 1775 le parc du château fut redessinné, planté de tilleuls organisés en palissades alors que des charmilles longues de 30.000 mètres (à tailler trois fois par an) élaborent des chambres de verdure. Les délicates et élégantes orangeries datent elles aussi de 1760 comme le signale les chiffres inscrits sur une des toitures mansardées. Le tout fut couronné entre 1774 et 1775 d’un pavillon de style Louis XVI nommé le « Frédéric Salle » déformation de « Frédéric’s Halle ». C’est l’œuvre de Philippe de Beaufort-Spontin, tuteur de son neveu Frédéric, le futur châtelain de Beauraing. Au XIXe siècle la route fut modernisée. La Meuse canalisée monta de quatre mètres. Puis le chemin de fer construit par les Rothschild faillit détruire le flanc nord. Une intervention de Léopold Ier empêcha ce malheur. Tout cela imposa de sérieuses transformations au parc. On entre dans le domaine par le jardin sud désormais simplifié depuis 1970 sous une grille aux chiffres des Laubespin-Coulanges. Vasques, pièces d’eau, fontaines, faunes en terre cuite et d’autres fantaisies du Siècle des Lumières enchanteront les visiteurs.



SOURCES:
Guy Bastin, Château de Freÿr à Hastière, YouTube 30 mars 2011  http://www.youtube.com/watch?v=5dQtBPSJN60
Emmanuel d'Hennezel, Les jardins de Freÿr-sur-Meuse (III), in Demeures Historiques & jardins, n°163, trimestriel III-2009

Emmanuel d'Hennezel, Les jardins du château de Freÿr-sur-Meuse (II), in Demeures Historiques & jardins, n°158, trimestriel II-2008

Comte Baudouin d’Ursel, Beaufort-Spontin 1782, Le Parchemin, 73e année, n° 373, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, janvier-février 2008

Emmanuel d'Hennezel, Le site de Freÿr-sur-Meuse, un patrimoine exceptionnel, Demeures Historiques & jardins, n°149, trimestriel I-2006
Emmanuel d'Hennezel, Les jardins du château de Freÿ sur Meuse ou un jardinier à la recherche du thème de l'immortalité, mémoire DESS 712 HEN, Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Versailles, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, DESS Jardin Historiques, Patrimoine et Paysage 2004
Philippe Farcy, 100 châteaux de Belgique connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté 2004

Le grand livre des châteaux de Belgique, sous la direction de Luc Fr. Genicot, Vokaer 1976