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La marche forcée de Haltinne vers la célébrité


Château de Haltinne - 5340 Haltinne (Gesves)



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Catégorie : Informations Business Evénements
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  • Haltinne en ses terres intactes fascine.

  • Le château est ceinturé d’eau et ses faces occidentales sont bien peu ouvertes sur l’extérieur. Il n’en n’est pas de même au sud et à l’est.



Nom Officiel Château de Haltinne
Localisation 5340 Haltinne (Gesves)
Construction 1635-1640 et après un incendie partiel 1690-1703
Style Traditionnel mosan- pure 18ème
Architecte
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien classé monument historique exceptionnel le 11 août 1981 avec 90 ha de parc classé comme site

Dernière mise à jour : 04/02/2013


Un château namurois en mains liégeoises depuis des siècles.

Inaccessible pendant près de quarante ans, le château de Haltinne s’est ouvert sur le monde grâce à son nouveau et jeune propriétaire de quatre-vingts ans, André Lamarche, époux de Thérèse du Parc (Vlamertinghe). Il hérita de son père en 1978 mais resta nu-propriétaire jusqu’en 1998. Le village compte trois demeures castrales avec Bellaire et ce qui reste des Arches. Le cadre paysager de Haltinne n’a pas changé depuis 300 ans et la ferme qui jouxte le château n’est pas moins intéressante que la demeure du châtelain.


Comte de Namur

La première mention importante de Haltinne comme terre chevaleresque remonte à 1329 quand Jean de Flandre, comte de Namur, échangea avec Jehan de Ferme, fils de Robert et petit-fils de Fastré, maréchal de l’évêché de Liège, un fief de soixante-sept bonniers. Haltinne possédait cinq fiefs au total. Les Ferme garderont ce premier fief jusqu’en 1450 quand il fut vendu à Jean de Gosne. Le château d’alors était une tour ou un donjon dont il reste quelques bribes à 500 mètres du château. Quatre générations de Gosne, tous prénommés Jean, allaient suivre. Finalement en 1662, le comte Ferdinand de Merode reprit ce fief.
Celui qui concerne plus précisemment le château actuel dit « des Fossés » appartenait en 1413 à Rennewart Morkin de Haltinnez. Il sera suivi par Jehan Moréal ou Moreau. En 1581 le bien est cédé contre une rente par Ysabeau Moréal à Catherine de Senzeille et à sa sœur Marie, chanoinesse d’Andenne. Vingt ans plus tard, le fief était revendu à Henry d’Enghien, dit Tornaco, qui s’en chargea dix-neuf ans. En 1635 le baron Gérard de Groesbeek, seigneur de Hoemen, et son épouse Marguerite de Waha reprenaient le lot à Christophe Harmant. La cense des Fossés fut démolie en partie et intégrée au nouveau château (coin sud-est). Elle allait mener à la ruine les acheteurs en nous laissant une demeure magnifique. Groesbeek mourut et sa femme dut vendre dès 1647.

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Héritage refusé

Jacques Zualart, seigneur de Bonneville acheta le lot en 1650 pour le compte de Ferdinand de Merode précité. Haut personnage, Ferdinand né en 1615 était baron de Jehay, sire de Mheer, de Strud, de Maizeroulle, de Halloy et d’Aelst, près de Kerkom au Limbourg. Fils de Jean et de Constance de Lynden (Harzé et Reckheim) il ne se maria point. Vers 1657 il avait cédé ses droits sur Haltinne à son neveu Ferdinand-Maximilien qui ne put les racheter. Le premier mourut dénué d’argent et poursuivi par des créanciers

Ses soucis étaient tels que personne ne voulut reprendre sa succession alors que le second était désigné comme héritier. Du coup cela profita le 20 octobre 1688 à Jean-Hubert de Tignée (Bonneville). Entre-temps, en 1674, le château avait partiellement brûlé du fait des armées impériales. Il avait reprit feu en 1684 à cause des Français. Jean-Hubert, né en 1650, allait restaurer Haltinne. Fils de Henri et de Elisabeth de Fortemps de Lhoneux dite de Warrimont, il épousa en 1690 Anne-Catherine d’Olne. Il vendit Haltinne dès le 1er mars 1689. Puis le bien passa le 30 avril 1690 à Jacques Rémy de Goër de Herve (1643-1726), époux de Isabelle de Méan, fille de Jean, seigneur de Pailhe et de Caroline de la Jonchière. Goër sauva à nouveau Haltinne de 1690 à 1703. Cet André Lamarche des temps anciens restaura le château et fit construire la ferme. Les Goër garderont Haltinne pendant 123 ans. En 1814 en vente publique, le château sera à nouveau cédé. Cette fois le comte Ferdinand d’Aspremont-Lynden acheta le bien contre 126.700 francs. Son fils aîné s’installa à Barvaux-Condroz. Ses trois filles plus deux autres fils déposèrent leurs pénates à Haltinne. Le plus jeune, Guillaume fut sénateur et ministre des Affaires étrangères de Léopold II; il fut surtout obligé de vendre le domaine le 13 mai 1889 à Gustave Dumont qui lui en offrit 500.000 francs. Depuis 115 ans le château est resté dans la même famille (Dumont puis Lamarche).



Entouré d’eau

Haltinne garde par miracle ses traits issus du XVIIe siècle. Le château dont la restauration est menée avec énergie par l’actuel propriétaire est presque parfaitement rectangulaire et totalement entouré d’eau. Construit en briques sur un très haut soubassement de calcaire et de grès non réglé, il s’élève sur deux niveaux sous des toitures en bâtières couvertes d’ardoises qui reposent sur des corniches à modillons en pierre. La demeure se caractérise par ses quatre tours d’angle en fort ressaut; elles montent sur deux niveaux et demi. L’accès à la maison s’effectue d’abord en passant une superbe grille en fer forgé proposée à Léopold II pour Ciergnon mais le souverain ne la retint pas. Comme le notaire royal nommé Boseret était aussi celui du sieur Dumont, il fut proposé au maître de Haltinne de profiter de l’occasion. Après avoir été dévoilée à Anvers à l’Exposition internationale, elle fut installée là où elle se trouve toujours. On accède au château par la façade est via un pont dormant d’une arche (le pont-levis a été enlevé en 1889) suivi d’un passage couvert carrossable en plein cintre inscrit dans une tour de deux niveaux. La façade d’accueil compte avec les tours dix-sept travées, ce qui est exceptionnel. Le corps de logis occupe l’aile sud. Il est précédé d’un perron qui limitait la cour basse où se trouve la fontaine restaurée et la cour haute. Du côté du parc, se trouve un pont mi-dormant/mi-pont-levis, piétonnier. Il mène au jardin jadis français orienté à l’ouest.


On ne visite pas sauf en certaines occasions. Le château se voit de la rue.




SOURCES:
Philippe Farcy, 100 châteaux de Belgique connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté 2004