FR - NL - EN
ACCUEIL AGENDA CONTACTEZ-NOUS FAQ CONNEXION CHÂTELAINS

Dilsen, la simplicité affectée des Mottes


Kasteel van Dilsen - 3650 Dilsen (Dilsen-Stokkem)



Contacter

Catégorie : Informations Business Evénements
Prénom
Nom
E-mail
Téléphone
Veuillez écrire CASTLE dans le champ ci-dessous:

  • Dilsen dans la brume du soleil couchant a retrouvé sa simplicité. À gauche, s’élevait jadis une aile de la fin du XIXe siècle qui, avec ses vitres immenses, ressemblait à un laboratoire. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Kasteel van Dilsen
Localisation 3650 Dilsen (Dilsen-Stokkem)
Construction 1725; vers 1880; vers 1960
Style Classique
Architecte
Occupants Stedelijk Administratief Centrum Dilsen-Stokkem
Affectation Bureaux
Protection Bien classé le 23 octobre 1985

Dernière mise à jour : 04/01/2013


La mairie veille avec soin sur son petit domaine.


La façade donnant sur le parc de sept hectares se compose d’un corps central de trois travées montant sur deux niveaux posés sur un soubassement à jours et inscrits sous une toiture mansardée privée de lucarne. La travée centrale n’est pas en ressaut mais les deux pilastres peints en gris qui la cantonnent offrent cet effet de mise en évidence qu’appuie le petit fronton percé d’un oculusa circulaire. Les arêtes de la façade sont harpées. Les faces latérales sont ouvertes chaque fois par une paire de petites baies rectangulaires surmontée d’un linteau mitré. Les montants des baies sont privés d’animation, exception faite de six moulures qui font office de bandeaux sectionnés et de gouttes carrées à l’entablement. De part et d’autre du bâtiment, s’élèvent deux petites ailes d’une travée sous une toiture mansardée agrémentée d’une lucarne en pavillon.


Université de Louvain


L’histoire commence au XIe siècle quand Dilsen dépendait du Chapître de Maestricht. À partir du XVIe siècle, les informations se précisent. Le château actuel fut édifié en 1725 par le baron Michel de Rosen au lieu dit « Keiserhof », qui se trouvait au centre du fief. À la suite de la construction d’une chaussée, sur ordre de Napoléon, le parc du château fut coupé en deux. Les Rosen avaient Dilsen déjà sous Jean II de Rosen, écuyer, bourgmestre de Liège en 1651. Ce Jean II (1601-1680) était le fils de Jean Ier (1567-1637) marié avec Marie Corselius, fille du célèbre jurisconsulte Pierre Corselius, professeur à l’Université de Louvain et de Marie Wames. Marie eut un frère, Gérard Corselius, recteur de la même université de 1594 à 1616. Par ailleurs, les Wames sont connus pour avoir été seigneurs de « Ter Motten » depuis 1506; ceci explique l’arrivée des Rosen en ce lieu. Jean II fut marié en premières noces à sa cousine Dorothée de Joncis, ou Juncis ou Jonxis; les Joncis donnèrent plusieurs mayeurs à Liège. Jean perdit son épouse et se remaria le 10 février 1639 avec Isabelle de Sélys et décéda le 21 juin 1679. Elle était la fille de Michel, écuyer, deux fois bourgmestre de Liège et de Marie Hocht.

Les Rosen-Sélys eurent neuf enfants dont Michel-Henri (1644-1718). L’empereur Léopold Ier lui concéda le titre de chevalier banneret du Saint-Empire le 12 mars 1698 avant de lui offrir le titre de (premier) baron de Rosen le 30 mars 1703. Il était seigneur de Reepen et de Chinstrée. Michel-Henri épousa à Liège, le 10 janvier 1670, Hélène Hellinckx (+ 1711) et le couple eut douze enfants dont Michel qui reprit la seigneurie de Dilsen. Ce Michel (1685-1773), seigneur de Ter Motten ou Mottenhof, fut chargé de la totalité de Dilsen par succession de son oncle, le chancelier Jean-Pierre de Rosen (honoré du même titre de chevalier que son frère Michel-Henri). Michel s’était uni à Marie-Marguerite de Rossius, dame de Bellaire, dernière de son nom. Il se retrouva donc avec deux châteaux. Le château de Bellaire est posté à 100 mètres de celui de Saive-Méan. Michel devint échevin de la souveraine justice de Liège par lettres patentes de l’empereur Joseph après le décès de son frère ainé Servais le 17 mars 1703. Michel fut député aux Etats et bourgmestre de la Cité ardente en 1706. Au décès de Michel de Rosen, ses deux filles se partagèrent les fiefs de leurs père et mère. Marie-Hélène, épouse d’un Grady releva les seigneuries de Bellaire et de Queue-au-Bois, tandis que Marie-Marguerite-Philippine de Rosen, dame de Mottenhof, Asch, Niel et Lancklaer reçut le château de Dilsen. Elle avait convolé avec Guillaume-Arnold-Joseph de Saren.



Aller et retour


On notera que Servais de Rosen (1676-1703) épousa Marie-Catherine de Salms qui, une fois veuve en 1703, fila le parfait amour avec Jacques de Flaveau de la Raudière, ce qui met Dilsen en relation avec Loverval. Par la suite, Dilsen passé aux Saren allait revenir aux Rosen. Il fallut pour cela attendre trois générations. En effet, le fils de Servais, Michel-Henri de Rosen (1701-1762), épousa Marie-Louise van der Heyden a Blisia, dame de Borgharen, Oigenshoven et Nuchelen. Puis leur fils cadet, Charles-Servais (1746-1828) marié en 1768 à une van Buel qui lui donna dix héritiers, vit son fils Charles de Rosen (1787-1858) épouser sa cousine Thérèse de Saren (1791-1814), héritière du château de Dilsen.

Elle était tout simplement la petite-fille de Guillaume et de Marie-Marguerite-Philippinne de Rosen. De l’union de Charles de Rosen avec Thérèse de Saren, naquit une fille, la baronne Caroline (1814-1863). Elle épousa en 1840 Gustave Misson (de Janti) (1807-1879). Plus tard, la propriété échoua successivement à différents propriétaires ayant tous un lien de parenté. On y signale le vicomte (1871) Albert van Aefferden (1808-1892), seigneur de Golten et Browis, en Hollande.

Il était le beau-frère de Caroline de Rosen de par son mariage avec la sœur de Caroline prénommée Mathilde (1823-1885). Mathilde était née d’un second mariage entre Charles de Rosen avec Marie van der Maesen.

Puis le château de Dilsen servit de résidence au chevalier Léon Moreau de Bellaing (1855-1918), époux de Emma de Laminne (1855-1915). Le grand-père d’Emma, Louis de Potesta de Waleffe (1798-1870) était le cousin germain de Caroline et Mathilde. Mlle Renée Moreau de Bellaing (1893-1952), fille de Léon fut la dernière habitante du château car elle vendit le domaine à la mairie de Dilsen avec jouissance pour elle jusqu’à son décès survenu le 5 avril 1952 à Saint-Servais (Namur). Il est intéressant de souligner que Renée avait un frère en la personne du chevalier Raymond Moreau de Bellaing (1889-1929). Il fut bourgmestre de Dilsen et épousa Anne de Chestret de Haneffe (1892-1977). Ils eurent entre autres enfants une fille prénommée Emma, qui épousa Armand Prion-Pansius, fils d’Armand-Louis-Léon Prion et Marie-Barbe-Augustine Coemans. Or les Prion-Pansius sont les actuels propriétaires indivis de Bellaire.



Visites possibles. Le château se voit de la rue.




SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004