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Château de Courrière, un lieu exceptionnel


Château de Courrière - 5336 Courrière (Assesse)



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  • L’immense quadrilatère surplombe la vallée du Bocq et voisine avec un charmant cimetière disposé autour d’une ancienne chapelle. © Philippe Farcy

  • Courrière vit à cent-à-l’heure. Des travaux s’y poursuivent depuis plusieurs années. Ils rendent aux bâtiments leur splendeur campagnarde passée. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy 10 août 2011



Nom Officiel Château de Courrière
Localisation 5336 Courrière (Assesse)
Construction XVIe et XVIIe siècles (1622)
Style Traditionnel du XVIIe siècle
Architecte Paul Hertsens
Occupants Les Scouts - Fédération des Scouts Baden-Powell de Belgique, depuis 1987
Affectation Gîte d'étape
Protection Bien classé le 25 février 1950

Dernière mise à jour : 03/01/2013


Un château-ferme jadis richement orné.


Des bandes de malandrins circulaient jadis sur cette terre de Courrière située entre le fortin de Crupet (en terre liégeoise) et le donjon du château d’Arche situé à Maillen (en terre namuroise). Les temps troublés ont disparu mais les loups sont entrés dans Courrière depuis 1987. En fait de loups, il s’agit plutôt de louveteaux.

Courrière est une impressionnante construction en carré, jadis totalement entourée d’eau. Les douves seront bientôt rétablies sur un large périmètre. On ne sait guère pourquoi son édificateur, le liégeois Jean Muller, maître de forges, les utilisait car Courrière fut pour lui une résidence de campagne. Le château a été sans doute transformé par le sieur Muller dès 1620. Il l’avait acquis à Jean de Glymes, chevalier, baron de Florennes, seigneur de Spontin et de Stave, qui épousa Renée de Lorraine, dame héritière de Florennes. Jean était fils de Jean et de Marguerite de Beaufort-Spontin. Marguerite était par ailleurs la fille de Jean et de Philipotte de Bouzenton (voir Scy). La vallée du Bocq était prospère sous l’Ancien Régime grâce à la métallurgie. Les châteaux d’Yvoir en témoignent encore.


Rare lanterneau

On entre dans Courrière par un large portail desservi par un pont dormant qui a remplacé un pont-levis dont on voit toujours les glissières. On entre alors dans la cour pavée constituée de deux éléments architecturaux aux fonctions bien distinctes. D’une part, sur la gauche prend place la basse-cour dont une immense grange construite en 1597 clôt l’aile ouest. D’autre part, le maître de maison a désiré séparer sa demeure (la haute cour) de la ferme par une galerie étroite sommée en son centre d’un lanterneau posé sur un portique en plein cintre. Ce lanterneau d’une travée et d’un niveau ouvert par des baies en croisée est couvert d’une toiture en bâtière à coyau et terminé par un clocheton carré, ouvert, à toiture en bâtière.

Passé ce petit porche, on entre dans une seconde cour. La galerie prend toute son ampleur. Naguère encore, la galerie était transformée en abri pour cochons. Elle vient d’être rétablie comme elle était jadis, ce qui lui donne une légèreté magnifique. Sa stabilité a été renforcée par la pose d’une dalle en béton. Les trois arcades de part et d’autre du passage central sont en plein cintre et limitées par des pierres bleues. Ce type de galerie centrale est très rare, voire unique en Wallonie. On trouve des galeries latérales aux châteaux de Fanson, de Harzé, de Frocourt, de Seron, de Fernelmont et de Warnant, entre autres. A Haltinne par contre, la séparation de la haute et de la basse cour est limitée à trois marches.


Vente publique

Sur le plan historique, on sait que le château passa en vente publique en 1699. En 1731, le château-ferme appartenait à la famille de Barsy qui s’en défit à cette date en faveur des Zoude (aïeux des Claes, voir Groenenberg, propriétaire à un moment donné de l’abbaye d’Orval et de la seigneurie de Poix Saint-Hubert). Les Zoude n’ont pas résidé à Courrière, semble-t-il. La demeure passa ensuite, sans que l’on sache comment, dans la famille du baron Edouard de Spandl. Il était né à Seneffe en 1806. Il décéda à Courrière en 1880. De son second mariage avec Clotilde de Le Bidart (1807-1874), il eut entre autres un fils Goswin (1846-1928), qui fut bourgmestre de Courrière. Celui-ci eut trois fils.
 
L’aîné, Arnold, mourut à Courrière en 1950 à l’âge de septante ans. Il n’eut pas d’enfants. Son frère Edouard ne vécut qu’un mois en 1873. Le troisième, Paul, marié à une Zoetaert, ne laissa pas de descendance. Courrière fut hérité par les sœurs Spandl, Clotilde (baronne Emile van Zuylen van Nyevelt) et Alice (comtesse Gaston de Looz-Corswarem). La ferme a été exploitée par les Frogneux; ils louaient le bien aux de Séverin. Les Frogneux arrêtèrent l’exploitation agricole en 1976. Le château passa par achat au sieur Weber, puis aux Wetzelaer. Ceux-ci payèrent six millions de francs belges en 1982 à leur prédécesseur. La tombe des Spandl, dans le cimetière accolé au château, est de fort belle qualité. 

En 1987, la Fédération des Scouts de Belgique se portait acquéreur de Courrière. Les décors stuqués dans la cage d’escalier de la résidence du châtelain sont maintenant remis à neuf, ainsi que la partie ferme du bâtiment. Les travaux de rénovation de la partie castrale sont achevés depuis 2011; la dernière phase de travaux est en cours et devrait s'achever en 2013. La grange de 1592 est actuellement aménagée en un espace de restauration et de réception. Visites possibles sur demande.



SOURCES:
Marc Belvaux, La famille (de) Séverin, Le Parchemin, 76e année, n° 391, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, janvier-février 2011
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002