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La gloire retrouvée de Neercanne


Kasteel Neercanne - 3770 Kanne (Riemst)



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  • Neercanne est en Hollande le seul château avec des jardins en terrasse. Grandiose, cet endroit. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

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Nom Officiel Kasteel Neercanne
Localisation 3770 Kanne (Riemst)
Construction 1611 pour les bâtiments de service; 1698 pour le château
Style Château: renaissance mosane & Louis XIV; jardin: baroque
Architecte
Occupants CamilleOostwegel ChateauxHotels & Restaurants
Affectation Hôtel-restaurant
Protection Bien classé

Dernière mise à jour : 03/01/2013


Depuis 1839 a été enlevé à notre patrimoine limbourgeois un superbe domaine qui possède le seul parc en terrasse de Hollande.


Neercane est un endroit superbe, mais une borne placée depuis 1839 à l’entrée du parc clos de murs marque la limite entre Belgique et Hollande et nous prive d’un bien beau vaisseau. La passionnante chapelle baroque ornée de stucs, de tuffeau sculpté et d’un monument intérieur digne des meilleurs sculpteurs liégeois est heureusement encore chez nous. Mais pour le château, il fut décidé de l’offrir à la Hollande. La demeure est inscrite au flanc de la colline truffée de galeries d’où on tirait la pierre déjà sous les Romains. À l’instar de Eysden, Neercanne fait partie de ces châteaux furieusement liés à notre histoire quoique passé à l’étranger. Le site comportait jadis deux seigneuries. Un Canne bas où sur le Geer on pouvait faire du canot et un Canne haut. La Révolution française allait les mêler en une seule.



Des Pité dépités


La première mention manuscrite de Neercanne remonte à 1353. À cette époque, Bertram van Liers était nommé sire du village et maître du fort dit d’Agimont; celui-ci n’a rien à voir avec celui proche de Givet. Une mention ancienne parle d’Aigermont. En 1454, Johan Chabot de Jupille (d’après Stanislas Bormans en 1867) apparaît comme propriétaire du château. Il est le plus proche héritier de Lambert de Liers, son cousin. En 1477, Gérard de Villers, mari de Alide Chabot, sœur de Jean, releva la seigneurie dite de Nederkanne pour sa femme. Il la transféra en 1496 à son gendre Jean Pité, mari d’Aelid. Le château avait été réduit à rien par les troupes de l’évêque et prince de Liège, Louis de Bourbon en 1465. Ensuite, les Pité, sires de Neercanne, Canne, Emael et Ebenne, devant le spectacle des ruines, forts dépités, gardèrent Neercanne jusqu’en 1644 après l’avoir reconstruit.


Bourgmestre de Liège


Affecté par une bataille livrée entre les troupes de Frédéric de Nassau affrontées aux soldats espagnols en 1632, le château fut vendu en 1644 à Philippe de Wansoulle, seigneur de Grofays et par ailleurs bourgmestre de Liège. Un Wansoulle sera abbé d’Amay et chanoine de la cathédrale de Liège, nous apprend Herckenrode.



Général baron de Dopff


Ensuite, précise Bormans, le 14 février 1697, après d’autres conflits entre les Pays-Bas du Nord et la France entre 1672 et 1678, Neercanne en piteux état changea à nouveau de mains. L’acquéreur se nommait Daniel Wolf, général et baron de Dopff. Militaire et fort bien dans ses papiers, il reconstruisit le château tel qu’on le voit aujourd’hui et aménagea les jardins jusqu’au Geer dont les eaux servent de nos jours de frontière. En 1715, le domaine était gravé par Guillaume de Bruyn, contrôleur de la Ville de Bruxelles. Le 27 juillet 1717, le tsar Pierre Ier fit l’honneur de son passage en ces lieux. Dès 1718, le baron défunctait et le bien était repris par son fils puis ses petits-fils.

Le 11 juin 1757, la seigneurie fut engagée par les Dopff (Vlamertinghe) en faveur de Jean-Charles de Grady de Croenendael, seigneur de Ghenek et de Zutendael. Le 10 février 1761, le baron de Cler et son épouse Marie-Agnès de Coenen achetaient la seigneurie, de même que celle d’Eben, celle d’Emael et celle de Riemst. Ils payèrent 120.000 florins. En 1791, Marie-Agnès de Cler instituait le chevalier Ignace de Thier, fils du chevalier de Thier de Skeuvre, comme son légataire contre une pension de 1.000 écus. Sur la demande de M. de Thier, le domaine resta attaché à la couronne hollandaise après 1831. Il décéda en 1848. Sa petite-fille Charlotte-Adelaide de Thier hérita. Elle se maria en 1868 avec Oswald Poswick, fils du général Henri Poswick, commandant de la province de Liège.



Cantonnement d’ouvriers


Les Poswick furent les derniers châtelains de Neercanne. Oswald décéda en 1923. Le château qui avait déjà servi de logement pour les réfugiés belges dès 1914, devint ensuite un cantonnement d’ouvriers lors de la guerre 40-45; voilà qui fait penser à Clabecq. Ce n’est que le 2 avril 1947 qu’une fondation « Het Limburgse Landschap » acheta le domaine et le sauva superbement en dépensant des fortunes sur de longues années. Depuis 1997, le parc où l’on élève quelques hectares de pinot noir a été rendu au public. Voilà un endroit exceptionnel, tenu à la perfection depuis qu’il se trouve entre les mains de Camille et Judith Oostwegel, dirigeants d’un ensemble de restaurants châteaux dont fait partie la magnifique abbaye de Saint-Gerlach. Neercanne a retrouvé sa splendeur et comme on dit là-bas, quand le Canne va, tout va.



Visites très attendues. Réservation souhaitée.



SOURCES
:
Olivier-Godefroid Poswick, Notice biographique sur la famille Poswick et plus spécialement sur la branche « dite de Nedercanne », Le Parchemin, 70e année, n° 358, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, juillet-août 2005
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004 
Stanislas Bormans, Les Seigneuries allodiales du Pays de Liège, avec une introduction historique, J. Gothier 1867