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L'opulence moyenâgeuse de Zellaer


Kasteel Zellaer - 2820 Bonheiden



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  • © Philippe Farcy

  • Zellaer est un caprice extraordinaire qui n’a de rival que Hargimont ou Pierrefonds, en France. © Philippe Farcy

  • Le goûts de la puissance et l’entrain pour l’historicisme poussèrent les architectes à créer des œuvres complètes et proches des sources moyenâgeuses. Château imprenable, Zellaer est à présent ouvert à des gens qui prient dans une forteresse d’un autre temps. © Philippe Farcy



Nom Officiel Kasteel Zellaer
Localisation 2820 Bonheiden
Construction Après 1884; 1888-1892
Style Château fort
Architecte Heugenbaarts, de Malines
Occupants Bezinningscentrum Zellaer
Affectation Retraites et Foyer de Charité (propriétaire: archevêché de Malines-Bruxelles)
Protection Bien classé le 5 mars 2001

Dernière mise à jour : 03/01/2013


Une retraite comme au Moyen Âge.


Nous sommes à cinq kilomètres au nord de Malines. C’est la pleine campagne. Paul Arren signale qu’en cet endroit le chanoine Arnold de Zellaer avait édifié un château dès le XIIIe siècle. L’auteur ajoute qu’en 1686 un nouveau château se trouvait entre les mains d’un certain Aimé de Coriache, chanoine et archidiacre de Saint-Rombaut. Ensuite, le domaine qui compte encore dix-huit hectares fut cédé à Pierre-François de Romrée, seigneur de Mazée (à moins que ce ne soit de Mazy), Paddenborch, Caneghem, Berentrode etc... Par héritage, le château réédifié au XVIIIe siècle, fut transmis aux comtes d’Yve avant de poursuivre sa route (par quel transport ?) dans les familles Lauwers et Van Tricht. En 1856, Zellaer fut cédé au Gantois Henri van den Hecke. Il planta en 1865 les très beaux arbres que nous connaissons aujourd’hui. On y compte entre autres une très belle drève de tilleuls menant à de superbes grilles en fer forgé datant sans doute de la fin du règne de Léopold Ier. Cinq platanes majestueux complètent le décor proche du château.



L’apanage d’une religieuse

L’histoire du site se poursuit en 1884 quand le fils van den Hecke se sépara de Zellaer en faveur de Gabrielle Marie Justine Neefs, épouse de Gustave de Vrière, comte romain depuis 1877. Les Neefs étaient des voisins immédiats. Cet achat leur permit d’accroître leur domaine puisqu’ils « possédaient déjà le Puthof, petit château de nos jours disparu, remplacé depuis par une grosse villa nommée Vredestein, nous précisait Grégoire Orban de Xivry. C’est au couple de Vrière que l’on doit l’édification du château actuel sur des dessins de l’architecte Heugenbaarts, de Malines. De ce maître, nous ne savons rien. Quant au château, une tradition raconte qu’il fut érigé avec les pierres de la citadelle de Vilvorde démantelée dans ces années-là après avoir servi de prison. Les Vrière eurent deux filles : Ludwine (1889-1916) et Marie (1892-1934). La première épousa le 28 mai 1914 le baron Etienne Orban de Xivry (1883-1953). Veuf, le baron se remaria en tournant son regard vers celui de sa belle-sœur Marie. Elle acquiesça et la cérémonie eut lieu le 2 mai 1919. Neuf bambins vinrent au monde, couronner ce nouveau bonheur. Toutefois, du premier lit naquit le 5 juin 1915 une petite Ludwine-Elisabeth. Elle vit toujours à l’heure d’écrire ces lignes; elle est religieuse chez les Dames de Marie, rue Edith Cavell à Uccle. Devenue sœur Marie-Ludwine, elle hérita de cette imposante bâtisse que lui laissait sa mère décédée en 1938. Le père de sœur Marie-Ludwine allait défuncter en 1939. C’est en 1962 que la religieuse se résolut à vendre Zellaer au « Foyer de Charité ».



Forteresse médiévale

On aborde le château construit en moellons de grès blond en ayant longé les communs dont il reste une belle tour à colombages. D’emblée, en apercevant le castel, on pense au château de Fontaine situé à Anthée, près de Hastière. Un petit châtelet d’entrée défend l’accès au château, grâce à deux petites tours à pans coupés sommées par des terrasses octogonales en encorbellement, animées de crénelages. La demeure est totalement ceinturée d’eau. Un pont précède le massif central du corps de logis oblong, limité par deux tours cornières, circulaires. Haute de trois niveaux plus le soubassement, elle file vers l’encorbellement et des salles de gardes percées de jours carrés et d’arquebusières, sous une toiture en poivrière à coyaux. Diverses baies hautes et fines en animent l’élévation. Il en est de même sur les faces latérales. La façade regardant vers le sud est plus complexe. La tour circulaire inscrite à droite semble plus petite que ses voisines posées au nord. Ce n’est qu’illusion, due à la présence d’une autre tour carrée immense comme à Male haute de cinq niveaux plus le soubassement. Les deux tours sont reliées par un patio surmonté d’un corridor couvert qui se termine en une terrasse à crénelage. Le patio comporte trois baies en arcs brisés. Un long pont en bois donne accès à la petite terrasse herbeuse posée les pieds dans l’eau. Les décors intérieurs sont parfaitement conservés et d’une admirable qualité de boiserie.

On ne visite pas.



SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002 
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel V,  Hobonia 1993