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Remersdaal frappé de grandeur


Château d'Obsinnich - 3791 Remersdaal (Voeren)



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  • Remersdaal, un fief dont la puissance se lit sur les murs. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

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Nom Officiel Château d'Obsinnich
Localisation 3791 Remersdaal (Voeren)
Construction Du XVe au XXe siècle
Style Traditionnel
Architecte
Occupants Castel Notre-Dame a.s.b.l.
Affectation Centre de vacances, de réunions, de stages, de prières
Protection Bien non classé. Procédure entamée en 2001 mais non aboutie

Dernière mise à jour : 03/01/2013


Ce vaisseau de briques et de pierre bleue, fief des Eynatten échu aux Furstenberg.


Guy Poswick révèle qu’en ces lieux situés dans les Fourons, s’érigeait déjà un château fortifié; il fut incendié en 1288 après la bataille de Woeringen quand le duc Jean Ier de Brabant prit possession de ce duché stratégique entre la principauté de Liège et le duché de Juliers. Un deuxième château sera construit à mille mètres du site primitif, non loin de la Gueule. Il s’y trouve toujours. Au XIIIe siècle, nous apprend de Seyn, le château appartenait à la célèbre famille des Schavedries, connue dans l’histoire du Luxembourg pour diverses rivalités territoriales. Remersdaal relevait alors de Fauquemont. Au XIVe siècle, elle était détenue par un Scheyfart de Houffalize (futurs Merode) avant d’arriver par héritage chez les Eynatten (Rotselaer). On retrouve les Eynatten non loin d’ici, à Bolland dans le château du baron de Fraula. De Thibault d’Eynatten marié à Anne de Mulken, la filiation directe remonte en sept générations jusqu’à Jean-Théobald d’Eynatten, pour ce qui concerne Obsinnich, terre mitoyenne de Remersdaal et divisée entre deux fils de Thibault. Mort sans hoir en 1706, Jean-Théobald fit hériter sa sœur, Catherine-Elisabeth. Elle eut le bon goût de se marier avec son cousin et voisin héritier de la branche de Remersdaal, Guillaume-Théobald d’Eynatten. De cette union intelligente naquit un fils Frédéric qui eut la délicate idée d’épouser une héritière en la personne de Claire-Joséphine comtesse d’Aspremont- Lynden (Reckheim). Ceci offrait aux Eynatten une promesse d’avenir sur les seigneuries de Wégimont, Harzé et Melen.



Fait comte, il ne tint pas ses comptes


Le Frédéric prénommé devint comte après 1708, mais il finit par se ruiner et fut contraint de se défaire de ses biens. En 1721, Remersdaal fut vendu pour la première fois à la baronne Marie-Anne de Hochsteden, épouse du baron Christian de Furstenberg. Six générations de Furstenberg, barons du Saint-Empire et comtes en Prusse héritèrent de ce lieu superbe qui jouissait encore voici cent ans de 600 hectares. Mais seulement deux générations vinrent y résider en permanence. Le premier fut Clément-Auguste (1846-1926). Il entreprit de gros travaux à la tour et dessina le pignon occidental à crénelages. Le second fut son fils Adolphe (1870-1950), époux de la comtesse Elisabeth d’Oultremont, fille d’Eugène et de la comtesse Clotilde van den Steen de Jehay.



Château vidé


Au décès d’Adolphe, le château fut vidé de ses meubles par la volonté de ses trois enfants. Il s’agissait de Marie-Louise, épouse de Jean du Roy de Blicquy (descendance dans les d’Oultremont jadis propriétaires d’Oteppe), de Maximilien, nonce apostolique, évêque de Tyr puis cardinal de Palte et de Charles, époux de Madeleine de Villers de Waroux d’Awans de Bouilhet et de Bovenistier, dont descendance (Herzele et Conjoux).

Ils vendirent le bien en 1951 à l’abbé François Péters et à l’abbé Léonard Etienne qui transformèrent le château en un lieu de résidence pour familles en difficulté, comme on en trouvait tant si près de la dernière Guerre Mondiale. Puis le château est devenu « un lieu de retraites, il sert de cadre à des classes de plein air, il abrite des sessions de formation, on y organise des concerts... », comme nous l’expliquait Brigitte Charbonelle, directrice. Depuis lors et avant le décès de l’abbé Etienne, le château a été offert à l’évêché de Liège et mis en gérance sous la responsabilité de l’a.s.b.l. Castel Notre-Dame.

Construit en briques et pierre bleue, le château est constitué d’un long vaisseau de deux niveaux et demi posé sur un soubassement percé de jours irréguliers, presque carrés. Le long vaisseau dont question est divisé en deux parts presque égales et composé de neuf travées.

Ces parts traduisent des modifications apportées au cours des siècles. Vers l’est et donc vers la tour circulaire engagée, le soubassement est en moellons de grès; pour la tour il en est de même. Les baies parfois à croisées présentent des linteaux et des piédroits plats et des jambages harpés. On y voit au deuxième niveau des harpes, souvenirs sans doute d’anciennes ouvertures. L’accès à la maison s’opère par le pignon occidental à gradins remodelé la fin du XIXe siècle. Par contre l’autre pignon placé à l’est se révèle ancien et date du XVIIe siècle, selon Poswick.


Cour en U


Du côté sud, le château présente toujours son aspect du XVIIe siècle. Le corps central est bordé par deux ailes en équerre. La partie basse occupée par un auvent cache l’ancien accès d’honneur. Les ailes ne comportent qu’une travée. On remarquera encore que les belles toitures d’ardoises à coyaux sont piquées de lucarnes débordantes. L’ensemble est encore agrémenté par une longue aile de ferme datée de 1730 et garnie en son porche d’une très belle pierre armoriée aux armes des Hochstede et des Furstenberg.




Visites très souhaitées.




SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004 

Guy Poswick, Les délices du duché de Limbourg, Archives verviétoises, tome IV, Verviers 1951
Eug. de Seyn, Dictionnaire Historique et Géographique des Communes Belges, Etablissement Brepols, Turnhout, 3e édition non datée (après 1945)