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Anthisnes et sa fierté dépecée


Avouerie d'Anthisnes - 4160 Anthisnes



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  • © Philippe Farcy

  • L’Avouerie d’Anthisnes n’est plus que la moitié de ce qu’elle fut jadis; c’est dire son importance stratégique. Le lieu reste remarquable. Il voisine avec deux anciennes fermes hors du commun. © Philippe Farcy



Nom Officiel Avouerie d'Anthisnes
Localisation 4160 Anthisnes
Construction Du XIIIe siècle au XIXe siècle
Style Traditionnel mosan
Architecte
Occupants Avouerie d'Anthisnes a.s.b.l.
Affectation Centre culturel, de réunions et de fêtes, Musée de la bière et du pèket
Protection Bien classé le 13 mai 1970

Dernière mise à jour : 06/01/2013


Le donjon remonte au XIIIe siècle. Il évoque celui de Nandrin ou d’Ochain qui ne sont pas loin.


Village frontalier, Anthisnes se situait jadis aux limites des terres liégeoises et stavelotaines. Mais les complications féodales trouvèrent ici un surplus de vigueur quand on sait qu’au centre du village se trouvait et se trouve toujours le donjon augmenté de son château au XVIIe siècle. Ces bâtiments longés par la route étaient la propriété des abbés de Waulsort depuis 946. Ils demeureront bien d’abbaye jusqu’à la Révolution française. Reste que pour défendre leurs terres, les abbés successifs firent appel à des hommes musclés comme Terminator et riches comme Brumel.



Fief limbourgeois

Dès 1221 Jean Ier, duc de Brabant fut l’élu. Duc de Limbourg par conquête après la bataille de Woeringen, il fit entrer le fief d’Anthisnes dans le domaine temporel de ce duché établi à Dolhain. Le village devint rapidement une enclave limbourgeoise stratégiquement importante car elle permettait de relier Comblain et Esneux, elles aussi au Limbourg en partie. Les d’Anthisnes furent pendant de nombreuses générations les hommes de fief du duc de Limbourg, comme l’explique Guy Poswick dans ses délices du duché de Limbourg parus en 1952. De la fin du XIIIe siècle jusqu’au milieu du XVIIe siècle, les d’Anthisnes se contentèrent du donjon comme lieu de résidence. La lignée se clôtura en 1671 quand Marie d’Anthisnes, épouse de Conrard de Crisgnée – de nos jours Crisnée –, laissa le bien à son lointain parent par alliance Mathieu-Ignace de Wal, devenu seigneur d’Anthisnes. Les de Wal, alliés aux d’Aspremont-Lynden puis aux Haultepenne puis aux Secus et enfin par une fille, au baron Léon van der Linden d’Hoogvorst, se lassèrent d’Anthisnes et le vendirent aux barons Auguste et Edouard de Waha-Baillonville, châtelains d’Ouhar. Les enfants du frère de ces deux derniers se résolurent à vendre le domaine le 30 mars 1897 à un cartel de messieurs du voisinage. D’abord associés à d’autres partenaires, les Tassin prirent seuls en novembre 1912 le contrôle de ces murs antiques avant de revendre le tout mais en quatre morceaux en 1928. L’abbé Peters prit le château contre 18.000 francs tandis que le cordonnier Octave Blétard s’empara d’un bâtiment contre 25.000 francs, etc...


Protégé par des passionnés

Le curé fit donation de son domaine aux  Œuvres Sociales Chrétiennes en 1949. Le 28 février 1969, l’a.sb.l. Avouerie d’Anthisnes accepta de gérer le bien avec l’aide généreuse entre autre de Jacques De Stordeur. Dès le 13 mai 1970, les bâtiments étaient classés. En 1983 et 1991, on remembra divers morceaux égarés depuis 1928 mais Anthisnes avait déjà beaucoup perdu de sa superbe par les avatars de l’Histoire et par la rage des flammes qui adorent les vieux planchers. Ainsi en 1835 un incendie ravagea deux tourelles et la partie nord du corps de logis à partir du grand vestibule. Rien ne fut reconstruit. En 1897, le feu mit en cendres le porche d’entrée et la ferme du château située dans les ailes sud et est de la cour arrière. Plus tard encore, le mur d’enceinte placé au nord et une échauguette furent supprimés. Enfin la poterne nord donnant sur des prairies fut démolie en 1947.

Malgré ces pertes, l’Avouerie ne manque pas d’allure. On isolera d’abord le puissant donjon de cinq niveaux couverts depuis 1757 d’une toiture mansardée; celle-ci était précédée d’une toiture de pierres couvrant quatre niveaux. Cela explique la présence de ces sortes de tablettes à hauteur de la toiture précédente. Toute la tour est constituée de moellons de calcaire. Elle est percée de cinq jours et d’une porte. Le corps de logis accolé à gauche date de 1648. Il grimpe sur quatre niveaux sous une toiture en bâtière à croupes. Les deux premiers niveaux sont éclairés de baies à croisée limitées par des linteaux droits chaînés. On remarquera ensuite les deux tours carrées à toitures en pavillon couvertes d’ardoises qui flanquent de part et d’autre le corps de logis. Voilà qui a de la gueule.



Visites possibles et même souhaitées. Tout ceci se voit de la rue centrale. Le château peut être loué pour des fêtes.



SOURCES:
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel XI, Hobonia 2005

Philippe Farcy, 100 châteaux de Belgique connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté 2004
Guy Poswick, Les délices du duché de Limbourg, Archives verviétoises, tome IV, Verviers 1951