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Le retour en grâce de Seraing


Château de Seraing - 4100 Seraing



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  • Seraing, la résidence des princes évêques de Liège, a retrouvé son prestige grâce aux nouveaux dirigeants de CMI. Gloire à eux. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Château de Seraing
Localisation 4100 Seraing
Construction Milieu du XVIIIe siècle et XIXe siècle
Style Louis XV liégeois
Architecte XIXe siècle: Deprez
Occupants CMI Energy Services Sud (CMI pour Cockerill Maintenance & Ingéniérie)
Affectation Bureaux et salles de réceptions
Protection Bien classé le 23 avril 1980

Dernière mise à jour : 04/01/2013


La demeure préférée des princes-évêques de Liège retrouve de sa superbe.


Seraing est un vrai joyau de style classique en plein cœur du siècle des Lumières liégeois. Son implantation actuelle aux bords de la rive droite de la Meuse et au centre de l’activité métallurgique ne favorise plus l’exacte perception de ses qualités esthétiques. Pire encore, on se demande comment des gens dits « responsables » ont osé, dans l’axe même de la façade principale du château, planter un pont autoroutier qui le prive et nous prive tous d’une superbe perspective. Voilà un outrage à la beauté et un scandale face au patrimoine majeur de la contrée. Le pont précédent était posé plus en amont, face à la rue Cockerill.



Tableau de Delcloche

Pour imaginer ce qu’était la grâce de ce lieu au temps jadis, il faut regarder la gravure de Remacle Le Loup (1742), voir les vues panoramiques des voyageurs du XIXe siècle ou se rendre à Munich. Dans la capitale bavaroise, est conservée au musée national la toile du Liégeois Paul-Joseph Delcloche (1716-1755), premier peintre de l’évêque Jean-Théodore de Bavière. On y voit ce prince participer à un concert dans un pavillon du parc de Seraing. Le château est situé dans le fond à gauche et toute la vue plongeante est construite sur les magnifiques jardins à la française dont les charmilles évoquent Belœil. Le château n’a pas changé. Le parc lui, n’est plus. Il n’est malheureusement pas le lieu de repos de Mélusine, fille d’Elinas, roi d’Ecosse et de la fée Présine, mais bien celui de grands hangars où Vulcain trouva des amis qui y installèrent des forges et des usines bruyantes. Depuis 1817, les frères Cockerill et leurs héritiers au titre de capitaines d’industrie ont géré le bien avec un certain bonheur. Lors de la revente de CMI (Cockerill Maintenance & Ingéniérie) par Arcelor à un groupe d’ingénieurs en 2002, le domaine a quitté l’histoire contemporaine de ce qui fut Cockerill. Et le château en cure de rajeunissement est devenu le fleuron, l’image de marque de la nouvelle firme CMI.



Terre des évêques

La seigneurie est signalée par Jean Puraye comme étant âgée de près d’un millénaire (1082). À cette date, le prince-évêque Henri de Verdun y séjournait. En 1307 y fut conclue la Paix de Seraing. Ensuite, on sait que Louis de Bourbon, lui aussi prince-évêque dès 1419 (+1482), « céda » le bien épiscopal au grand mayeur de Liège, Guillaume de la Marck. La famille la Marck avait déjà donné deux évêques, Adolphe et Engelbert, avant le plus célèbre d’entre eux, Erard de la Marck, prince de la Renaissance. Après Erard, le château ancien tomba partiellement en ruine car les chefs d’Etat suivants, trois fois des princes de Bavière, allaient préférer leurs résidences allemandes. Il faudra attendre Georges-Louis de Berghes (1662-1743) installé sur le trône en 1724, pour que le site soit reconstruit. On doit à Berghes l’aile gauche sur la Meuse. Jean-Théodore de Bavière (1703-1763) sur le trône en 1744, acheva l’œuvre. L’endroit était tellement charmant que le chevalier de Saint Peravi, orateur à la Société de l’Emulation vers 1780, en écrivit une ode.



Décors intérieurs

Sous Velbrück, évêque en 1774, le château fut superbement décoré de boiseries et de stucs. 114 personnes étaient alors attachées à cette demeure quand le prince y demeurait.
Après la Révolution française, le château devint un hôpital militaire jusqu’en 1798, puis Napoléon voulut y établir la Sénatorerie de Liège, comme il l’avait prévu à Overijse (Yssche). Gaspard Monge (Beaune 1746-1818), comte de Péluse, fondateur de l’Ecole Polytechnique à Paris y résida. En 1815, le château fut transformé en magasin à poudre avant d’être récupéré par les Domaines. Puis le roi Guillaume Ier de Hollande le vendit aux frères Charles-James et John Cockerill le 20 janvier 1817, contre 45.000 francs. En 1915 un incendie détruisit les bâtiments de fond de cour datant du XVIe siècle. L’architecte Deprez réédifia l’ensemble.

Sur la Meuse et donc vers le nord, le château jadis enduit et construit en briques et pierre bleue présente vingt-et-une travées. Il monte sur deux niveaux sous une toiture d’ardoises mansardée, neuve. Les ailes extérieures de cinq travées sont en fort ressaut et décorées de magnifiques frontons aux motifs rocaille en tuffeau. Ces ailes créent à l’intérieur de la cour une avant cour en U de trois travées d’épaisseur et de quatre travées de largeur. On y arrive par un porche carrossable couvert et sommé des armes de Velbrück. À l’ouest, l’aile compte neuf travées dont quatre sont disposées sous un fronton triangulaire. L’aile sud compte à son tour quinze travées. Le fronton en doucine porte les armes de Guillaume Ier d’Orange-Nassau. La cour est animée d’un bassin circulaire, de très belles statues de mineurs et de forgerons, de plusieurs lampadaires; puis elle est fermée par une grille aux armes de l’évêque de Berghes.


Le château se voit évidemment de la chaussée. Tout cela est magnifique mais n’est pas accessible.



SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004