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Leignon, domaine fantasque d'un Eggermont


Château de Leignon - 5590 Leignon (Ciney)



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  • Dans son genre, ce château est un chef-d’œuvre. Leignon impressionne encore par la qualité de sa construction. © Philippe Farcy

  • Folie du XIXe siècle finissant, Leignon demeure l’exemple d’un programme architectural et décoratif complet © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Carte postale ancienne, ed. Nels, série 16, n° 70

  • Carte postale ancienne, ed. Ern. Thill & Nels



Nom Officiel Château de Leignon
Localisation 5590 Leignon (Ciney)
Construction 1895-1900
Style Éclectique, néogothique
Architecte Auguste Van Assche
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien classé le 14 octobre 1992

Dernière mise à jour : 12/01/2013


Folie néogothique.


De très loin, en se promenant sur les routes vallonnées du Condroz, on se dit qu’à l’horizon pointent les tours et les crénelages d’une prison. Que nenni! À l’entrée de la propriété, on prend la mesure de la folie du diplomate que fut Isidore Eggermont (1844-1923), envoûté par les influences gothiques flamandes qui forgèrent le jeune Etat belge, désireux de se doter d’une identité. Le XIXe siècle est celui des nationalismes. L’architecture extérieure et la décoration intérieure, ici exubérante, allaient être un vecteur d’expression de cette mentalité.

Isidore, fils d’un notaire des environs de Gand, naquit à Ledeberg. Il avait épousé Emmérence Matthieu de Wynendaele en 1878. Isidore a sans doute acheté le domaine au comte Ernest de Gourcy-Serinchamps (1829-1898), marié à Camille de Sauvage-Vercour, bourgmestre de Leignon. Ernest était le fils d’Adolphe et de sa première épouse (sur trois), Florentine du Pont de Wèves (des vicomtes d’Ahérée), ce qui nous renvoie vers le château de Scry, à Mettet. Les du Pont de Wèves étaient déjà à Leignon en 1813, comme l’indiquait un cartouche sur l’ancienne demeure.



850 mètres carrés au sol


Le bien passa par héritage aux Modave de Masogne puis aux Gourcy-Serinchamps. À la fin du XIXe siècle, le château de Leignon présentait encore son aspect des XVIIe et XVIIIe siècles, en briques et pierre bleue, chaulé. Le massif central de l’habitation haut de deux niveaux et demi, était complété à l’ouest par une tour carrée de trois niveaux et demi. L’ensemble de ces bâtiments anciens servi à appuyer le nouveau château, exactement comme à Bornem au château des comtes de Marnix, transformé par Beyaert et à Louvignies, au baron de Moreau. Leignon mesure 850 mètres carrés au sol!

La tour ancienne fut prolongée pour grimper jusqu’à 30 mètres de hauteur, où elle se termine en terrasse. On lui accola une tourelle octogonale qui file à 45 mètres. A 30 mètres, la vue est immense et sublime. La tourelle dépasse même la flèche de l’église, ce que les mauvaises langues des environs utilisèrent pour dire que « le sieur Eggermont voulut ainsi montrer sa puissance à son illustre voisine ». Le nouveau château totalement recouvert en moellons de calcaire fut construit en L par Van Assche entre 1895 et 1900. Il compte quarante-neuf chambres. L’aile de retour qui regarde vers le village abrite les entrées communes, les cuisines et diverses annexes. A sa manière, son commanditaire voulut en faire un diamant étincelant de fantaisie, taillé au rythme des crénelages, des pignons, des tourelles d’angles, des bow-windows, des lucarnes variées, des cheminées et de la sentine qui court tout au long de cette incroyable bâtisse.



Réceptacle à souvenirs


D’après Michel Eggermont, descendant d’Isidore : « Leignon et ses 1.200 hectares dont 60 hectares pour le parc, devint rapidement un réceptacle à souvenirs. Isidore ramenait des dizaines d’objets de ses voyages. La maison en était pleine. Comme conseiller de légation de Léopold II, il a beaucoup bourlingué. Revenant de Chine et du Japon, il avait même affrété un navire pour ramener ses biens. Deux samouraïs et plusieurs meubles ont été donnés par la famille aux musées royaux pour orner la Tour japonaise à Bruxelles. Certaines toiles murales évoquent ses périples lointains, tandis que d’autres évoquent la domination de l’abbaye de Stavelot en ces terres pour elle si éloignées. La bibliothèque possède toujours ses décors d’acajou de style Art Nouveau que mon aïeul a acheté dans un château anglais. Mais les 3/4 des oeuvres ont été pillées par les Allemands et surtout les 1.800 bouteilles de vin ».


À la mort de la Mme Isidore Eggermont en 1953, la Société Nationale des Chemins de Fer Belges (SNCB) acheta une partie du domaine, limitée à 11 hectares, à sa fille héritière, la baronne Guy de Villenfagne de Sorinnes (1879-1969), contre quatre millions de francs. La SNCB mit le château et ses dépendances au service de ses retraités. Le 9 juin 1977, les dépendances du château (ferme/laiterie, écuries, garage, manège), ont été cédées à l’A.E.P. (Association des Enfants de Déportés), contre 13,5 millions de francs belges (334.656 €). En 1989, Albert Karaziwan a acheté le château et ses 11 hectares.


On ne visite pas. Le château se voit de la rue et des campagnes.




SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002