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La renaissance italienne de Clabecq


Château des Italiens - 1480 Clabecq (Tubize)



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  • Clabecq attend toujours en cette fin d’été 2002 que les pouvoirs publics se penchent sur son malheur. Même le soleil ne lui rend pas le sourire. © Philippe Farcy

  • Le « château des Italiens » est comme un navire en perdition. Il mérite pourtant toutes les attentions. © Philippe Farcy

  • Ce château typiquement Louis XV appartient depuis peu à la Région Wallonne qui a aussi racheté la ferme. © Philippe Farcy



Nom Officiel Château des Italiens
Localisation 1480 Clabecq (Tubize)
Construction Première moitié du XVIIIe siècle
Style Louis XV
Architecte
Occupants Duferco Clabecq
Affectation
Protection Classé le 4 décembre 1989

Dernière mise à jour : 26/03/2012


Sauvé par les Italiens ?


Clabecq posséda plusieurs châteaux. Dès le Xe siècle, le village en était gratifié. Comme le signale René Cheron en 1986, il s’agissait sans doute d’un château fort peut-être entouré d’une eau alimentée par le Hain et bordé 100 mètres plus à l’ouest qu’aujourd’hui par la Sennette. L’ancien château, dessiné vers 1660 par Jean Van Troyen (1610-1666) et ensuite gravé par Harrewijn, se trouvait à 300 mètres au nord-ouest de l’emplacement du château actuel. Cela correspond à la place qu’occupent la centrale et l’aciérie des anciennes forges. Au début du XXe siècle, on trouvait encore les restes des fondations du château qui se nommait voici cinq cents ans « ‘t Hof van Glabbecque ».


Classicisme du XVIIIe siècle


On ne sait quand disparut cette ancienne demeure de belle facture. Par contre, il est aisé de penser que le castel actuel date de la première moitié du XVIIIe siècle. René Cheron suggère que le château a été reconstruit au début du XIXe siècle avec les pierres d’une carrière toute proche. Les décors intérieurs semblent pourtant dater bel et bien de l’Ancien Régime. Quoi qu’il en soit, la seigneurie est fort ancienne. Les Clabecq y étaient maîtres dès 1180 et jusqu’aux environs de l’an 1500. À leur suite, et jusqu’en 1685, on trouva à Clabecq les Cotterau qui possédaient par ailleurs la Tour de Hasquempont dans le village voisin de Virginal. Les vicomtes de Flodorp leur succédèrent jusqu’en 1780. La seigneurie passa alors aux marquis de Sayve (de la Croix de Chevrière), d’une famille française qui demeura en ces murs jusqu’en 1880. Joseph-Louis, marquis de Sayve, au service de Napoléon Ier, maria une de ses filles au baron Charles Snoy. Les Snoy conservèrent Clabecq jusqu’en 1921. À cette date, le bien fut acheté par M. De Stordeur. À partir de 1935, M. Cauchies s’empara du domaine, exploita les bois et le parc d’une superficie totale - considérable dans la région- de 180 hectares, tout en laissant le château inoccupé. Dépouillé de ses atours, le château fut acquis par les Forges de Clabecq.


Habitations sociales


En 1947, le château fut finalement transformé en habitations sociales pour les ouvriers italiens qui arrivaient en convoi pour travailler à l’usine toute proche.
Dans les ronces qui l’entourent, dans la misère qui est toujours la sienne en cette année 2002, le château de Clabecq revit d’espérance. « Les Amis du Château de Clabecq », a.s.b.l. animée avec passion par un ancien des forges, M. Tosolini, tentent de renverser le cours de l’histoire. Déjà, la Région Wallonne s’est portée maîtresse du vaisseau en péril comme de la ferme adjacente dont la restauration s’achève. On peut penser que le tour du château viendra.

Dans sa structure architecturale, le château se présente en U, sur deux niveaux sous une bâtière d’ardoises à coyaux, piquée de nombreuses lucarnes, elles aussi en bâtière. Chaque niveau est séparé par un bandeau dès le soubassement. Les deux pignons orientés vers la rue sont composés de trois travées. L’ensemble des ailes était jadis enduit mais l’état de celui-ci est tel qu’il laisse apparaître cette belle pierre d’arkose d’un ton vert et sourd qui donne à la bâtisse son allure particulière. Certains éléments sont toutefois composés de briques cimentées. L’aile droite attenante à la ferme présente neuf travées. Six d’entre elles sont constituées de fausses ouvertures en arcs moulurés et surbaissés. L’aile gauche présente un caractère décoratif identique mais elle est de plus agrémentée d’une tour carrée s’élevant sur trois niveaux. Sa toiture en pavillon est couronnée par une base octogonale sur laquelle s’appuie un bulbe sommé d’une flèche. Ce château conserve un potentiel décoratif évident. Sa simplicité n’a d’égal que son élégance même s’il est privé de son parc et si ses abords ont été lotis. Une grande prairie fait face à la longue aile qui regardait jadis vers le parc et que prolonge le corps de la ferme. Tout cet ensemble architectural est d’une grande qualité. Les Italiens de Clabecq et tous les habitants de l’entité attendent son retour à la vie.




Le château se voit de la rue. Visites déconseillées vu l’état des bâtiments.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002