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Bazel dans les lumières ouatées du déclin


Kasteel Wissekerke - 9150 Bazel (Kruibeke)



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  • Les adjonctions de la fin du XIXe siècle se sont limitées à ces quatre arcades soutenant un salon et une chapelle privée © Philippe Farcy

  • Ce château à l’histoire prestigieuse est remarquablement préservé © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Monument funéraire du comte Philippe Vilain XIIII et de son épouse la baronne Zoé de Feltz © Philippe Farcy

  • Carte postale ancienne



Nom Officiel Kasteel Wissekerke
Localisation 9150 Bazel (Kruibeke)
Construction Du XIIIe siècle au XIXe siècle
Style Renaissance flamande
Architecte Verly, au XIXe siècle
Occupants Gemeente Kruibeke
Affectation Espaces culturels et de réception
Protection Bien classé le 3 juillet 1981

Dernière mise à jour : 04/01/2013


Sous l’influence de l’Egypte

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Bazel était une des plus importantes places du comté de Flandre. Ses sources remontent au XIIe siècle. Après les Barsele, s’y établirent diverses familles zélandaises et c’est vers 1450 qu’y arrivent les seigneurs de Rotselaer dont Antoine, époux de Louise de Moerkerke. Le bien passa ensuite (dans l’ordre) soit par héritage soit par vente aux van Megersfruyt, aux Lefebure puis aux van Pottelberghe, aux van Steelant, et ensuite, aux Recourt de Lens et de Licques. De cette famille, naquit Aurelia, fille de Servais II et de Marguerite de Robles d’Anappes, qui se maria avec Colin du Pont, vicomte d’Ahérée.

Cela relie, fut-ce de loin, Bazel à Scry et Leignon. Depuis 1630, les Recourt étaient barons de Wissekerke. En 1658, ils achetèrent le château (disparu) de Rupelmonde, juste à côté de Tamise (Temse), auquel le souverain attacha un titre de vicomte en 1670 en faveur de Philippe. Celui-ci était l’époux depuis 1677 de Marie-Anne de Truchses (ou Truxis), comtesse de Waldburg-Wolfsegg. Ivan, fils de Philippe, sera le dernier des Recourt. À sa mort en 1721, ses biens et titres passèrent à un cousin, Antoine-Désiré de la Kethulle, fils de Guillaume et d’Aurélie de Recourt. Bazel passa ensuite aux chevaliers de Ghellinck, seigneurs de Nokere. Quand le 5 mai 1777 Anne-Marie de Ghellinck de Potegem épousa Philippe-Matthieu vicomte Vilain XIIII, l’avant-dernier chapitre de Bazel s’ouvrait. Les Vilain XIIII restèrent sur cette terre jusqu’en 1990, lorsqu’ils vendirent le domaine à la commune de Kruibeke.



Beau porche néogothique

Les fondations du château remontent au Moyen Âge. Mais son apparence actuelle est celle d’une maison du XVIe siècle où briques et moellons de grès sont utilisés pour animer les baies et les chaînages des angles. Le château, encerclé sur trois de ses façades par l’étang, est distribué en plusieurs éléments, sous des toitures d’ardoises. Pour arriver dans la propriété, il faut dépasser la belle église du XVe siècle et traverser un beau porche néogothique bordé de deux jolies maisons de gardiens du même style. Le chemin principal permet ensuite de découvrir la demeure centrée sur une rotonde enserrée par deux ailes de deux et trois travées.


La rotonde est une adjonction du Premier Empire quand Philippe Vilain XIIII vivait avec son épouse Zoé (des barons) de Feltz (1780-1853), dame d’honneur de l’impératrice Marie-Louise. Zoé avait des goûts très modernes et elle fit venir ici l’architecte François Verly (1760-1822), qui allait aussi travailler à Duras.


Rare salon Egyptien

Cet artiste toucha à tout dans le domaine, transformant les décors intérieurs avec un goût infini de grâce et de délicatesse jusqu’à créer un superbe salon égyptien. Il s’intéressa même au parc qu’il déploya par un jeu subtil de vallonnements. Précédemment, le château était en U. Il est maintenant en un L composite pour ne pas dire compliqué. La rotonde compte cinq travées percées de baies en arc brisé; elle s’élève sur deux niveaux sous un toit plat en léger encorbellement. Les ailes latérales présentent des pignons crénelés piqués d’une tourelle en échauguette coiffée d’une toiture en poivrière à coyaux. Cette aile de quatre niveaux, en ce compris celui des caves, s’étire sur huit travées. En cave, les baies sont carrées, à chaînages et protégées par des grilles. Les autres baies, jadis animées de volets, sont toutes en arcs brisés. Le pignon sud possède au rez-de-chaussée une seule travée, large et haute, que précède une terrasse. Les deux autres niveaux compte trois travées. Une travée supplémentaire crée un joint avec la tour engagée, carrée en bas et à douze pans en haut. Cette tour file vers le ciel sur sept niveaux. L’aile formant le L occupe ici deux travées terminée par un ponton placé sous le pignon crénelé. Le ponton servait d’embarcadère.

Le parc et les bois environnants dans lesquels on donna la première chasse aux faisans de Belgique en 1820 comptent plusieurs bâtiments annexes très intéressants comme le ravissant petit château (ferme) mais aussi un pont en métal conçu par Vifquin fils. Il s’agit d’un pont suspendu métallique, long de 28 mètres, construit en 1821. C’est le premier pont de ce genre sur le continent européen. Les Vifquin, père et fils, natifs de Tournai, travaillèrent avec l’architecte Jean-Pierre Cluysenaer (Dilbeek).



 


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002 
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel I, Hobonia 1985
L'Intermédiaire des Généalogistes, n° 240, Service de Centralisation des Etudes Généalogiques et Démographiques de Belgique (SGCD) 1985