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Tilleghem, une beauté éclectique entre forteresse et palais


Kasteel van Tillegem - 8200 Sint-Michiels (Brugge)



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  • Cantonnée entre deux fortes tours d’angle, la demeure de style Renaissance a été joliment agrandie au XIXe siècle © Philippe Farcy

  • Le temps a passé sur Tilleghem mais le château conserve toute sa puissance et beaucoup de grâce © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Carte postale ancienne, d'après une étude de Van de Putte XIXe siècle, ed. Ern. Thill & Nels



Nom Officiel Kasteel van Tillegem
Localisation 8200 Sint-Michiels (Brugge)
Construction Du XIIIe au XIXe siècle
Style Gothique, renaissant et néo-gothique
Architecte Baron Jean-Baptiste de Bethune et A. van Assche (1889-1905)
Occupants Streekhuis Streekhuis Noord-West-Vlaanderen Kasteel Tillegem
Affectation Bureau régional Bruges-Ostende de la Province de Flandre Occidentale
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 12/10/2015


D’un lieu de péage à une demeure très aristocratique.


Au sud de Bruges, la seigneurie de Tilleghem apparaît dans toute sa splendeur. Le château couvert de briques et de pierres blanches et grises de diverses origines, est totalement entouré d’eau. Par rapport à la gravure qu’en laissa Sanderus en 1641 dans sa Flandria Illustrata, il semble n’avoir perdu « que » l’aile est et les tours cornières qui la limitaient. Des aménagements destinés à renforcer son aspect moyenâgeux furent consentis dès 1889. Un second pont a été depuis construit, à l’est. Dans « Castella », on apprend que le site avait été choisi sans doute par le premier comte de Flandre, Baudouin « Bras de Fer » pour y surveiller les arrivées des bateaux et celles de marchands ambulants. Des péages plantureux étaient perçus en cet endroit.



Proche de Male

Le nom de Tilleghem signifie d’ailleurs « l’endroit proche du péage ». Sur ce site, on construisit ensuite une petite forteresse sur les mêmes plans que celle de Male. Parmi les puissantes familles qui habitèrent le château, il faut évoquer les Voormezele, les Hubrecht, les Aertrycke, les Pinnock (dont le plus fameux fut Io) et dont l’aïeul, chanoine de l’église Saint-Donat, habita la demeure au XVIe siècle, selon Wauters. Les Baenst et les Poucke suivirent le prélat, puis les marchands espagnols du nom de Matanca (ou Mantanza, à en croire Wauters), y arrivèrent en 1573. En 1664, les de Schietere rachetèrent le bien. En 1718, les le Bailly en héritèrent par mariage et y restèrent jusqu’à la fin du XIXe siècle. Les Peñaranda de Franchimont l’achetèrent alors, sans doute au décès du baron Edmond le Bailly de Tilleghem (Thielt 1818-Saint-Michel 1887). Il faut y voir Jean-Frédéric (1829-1902), époux d’Emilie de Beughem de Neder-Heembeke, fille du vicomte Antoine et de Marie de Géradon. Jean-Frédéric était le petit-fils de Pierre de Peñaranda de Dufilée, adjoint au maire de Bruges sous le régime français.



Héritage féminin

Des cinq enfants de Jean-Frédéric et d’Emilie, Louise hérita de cette superbe maison. Elle avait épousé le comte Charles de Briey, fils d’Albert, châtelain de Laclaireau. Charles naquit au château de Seneffe en 1866 car sa mère était née Alix-Félicité Daminet, fille d’Adolphe. Le père d’Adolphe, Alexandre, était propriétaire des charbonnages de Haine-Saint-Pierre et de La Hestre. Des huit enfants du couple Briey, Marie hérita du château de Tilleghem. Elle avait épousé le lieutenant-général baron Georges Verhaegen (1886-1963). Leurs neuf enfants contraints par les droits de succession vendirent le domaine. La province y entra en 1980.



Apports du XIXe siècle

Si la structure du château n’a guère changé depuis le XVIe siècle, son apparence a été largement modernisée par les architectes J.-B. Béthune (1821-1894) (abbaye de Maredsous et chapelle du château de Gesves, entre autres) et Auguste van Assche (1826-1907) à qui l’on doit des transformations aux châteaux de Fallais et de Spontin,, entre autres. Un pont en moellons de calcaire a été construit vers l’avant. La tour d’entrée a été remontée et couverte d’une toiture en bâtière piquée de quatre échauguettes posées en encorbellement. L’aile centrale regarde vers l’ouest et s’étire sur sept travées (tours centrale et cornières non comprises). Elle a été surélevée d’un niveau et garnie de lucarnes à gradins. Les fenêtres sont à croisées et à meneaux. L’ensemble repose sur des caves parées de pierre de Gobertange, elles-mêmes installées sur un socle en lits de pierre de Tournai.

Les tours disposées aux coins s’élèvent sur cinq niveaux dégressifs. Les niveaux « tapissés » de briques présentent des chaînages d’angles. La façade nord se compose de trois travées, tour comprise. Le pignon de l’aile centrale est sommé de gradins. Il monte sur trois niveaux dont un sous la pente. L’aile en retour s’ouvre sur une travée garnie d’un oriel. Sa face est présente elle aussi un pignon à gradins de trois niveaux qui enserre un arc brisé par la colonne de la cheminée. On y compte deux travées. L’aile du centre compte sept travées plus une tour à trois pans sommée d’une toiture en poivrière à six pans. La face sud est disposée comme celle du nord. Un oriel en bois y a été aménagé au troisième niveau.



SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003 
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel IV,  Hobonia 1991
Castella,  Algemene Gids van de Kastelen in Benelux/Guide Universel des Châteaux du Benelux/Comprehensive Guide to the Châteaux of Benelux, Editions Eccho, Lierneux 1987
Alphonse Wauters, Histoire des Environs de Bruxelles ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette ville 1855
Antonius Sanderus, Flandria Illustrata, chez De Vos 1735