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Ooidonk, image d'une Flandre rêvée


Kasteel Ooidonk - 9800 Bachte-Maria-Leerne (Deinze)



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  • Le raffinement des décors, les contrastes de volumes, les ajouts du Temps et de l’Histoire font de cette demeure une perle nationale. © Philippe Farcy

  • Tout à Oydonck est remarquable, à commencer par le site. © Philippe Farcy

  • Westfotovid©Lemineur

  • Westfotovid©Lemineur



Nom Officiel Kasteel Ooidonk
Localisation 9800 Bachte-Maria-Leerne (Deinze)
Construction XVe siècle et après 1592; fin du XIXe siècle
Style Traditionnel
Architecte Clément Parent au XIXe siècle
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Château classé le 4 mai 1944; extension en 1980 et 1995

Dernière mise à jour : 15/09/2013



Oydonck est l’un des plus parfaits exemples belges de l’art de vivre au XVIe siècle.


À un jet de pierre de la Lys, à une lieue de Lathem-Saint-Martin, formant un triangle castral avec les belles demeures néo-classiques de Deurle et de Leerne, Oydonck est un symbole de pérennité. Le temps semble s’y être arrêté voici 350 ans. Son isolement dans un domaine de 140 hectares renforce cette impression de stabilité que la modernité n’affecte pas. Et pourtant, Oydonck dans sa virilité dont les tours rondes et trapues font plus penser au château de Saint-Fargeau qu’à un Chambord si souvent évoqué, vit au rythme du IIIe millénaire, sûr de sa puissance et de ses avantages.



Ligne de défense


Parfaitement tenu par son actuel propriétaire, Oydonck était jadis le point central de la ligne de défense ouest de la cité de Gand en compagnie des châteaux de Gavere, Laarne et Poucques. Le Oydonck actuel est l’héritier direct d’une vieille forteresse citée dès 1230 dans les mains des seigneurs de Nevele déjà rencontrés à Huysse. Parmi eux, Jean de Fosseux est réputé avoir fortifié le château après 1381 quand son château de Nevele avait été détruit par Louis de Mâle, comte de Flandre. En 1422, par le mariage de Jeanne de Fosseux et de Jean de Montmorency, connétable de France, le domaine échut aux Montmorency. Ils étaient devenus comtes de Hornes (Leeuwergem et Yssche) par le legs des titres et terres de Jean de Hornes à Philippe de Montmorency.



Hornes décapité


En 1491 et vers 1578-1579, le château fut deux fois brûlé. De la période antérieure, il ne semble pas rester grand-chose, sauf peut-être des caves. Le dernier incendie fut causé par les guerres de religions et les troupes du duc d’Albe. C’est alors que le comte de Hornes fut fait prisonnier comme membre de la Ligue et signataire du Compromis des Nobles fomenté à Antoing. Hornes fut décapité par les Espagnols sur la place du Marché aux Chevaux à Bruxelles (Gaasbeek). Son neveu et héritier, le comte Philippe de Lalaing, fils de sa soeur Eléonore de Montmorency, dut se résoudre à vendre ses terres de Nevele et d’Oydonck. Un riche marchand anversois en profita. Il se nommait Martin della Faille (1544-1620) et était descendant d’une famille courtraisienne, les van der Faelge. En 1592, il acquit Nevele et ses 17 villages pour 95.100 carolus d’or. Il releva alors le château en briques rouges et en grès de Lede. Les della Faille furent maîtres en ces lieux jusqu’au 10 juin 1801 quand s’éteignit sans hoir Jean-Charles della Faille, baron de Nevele. Le domaine passa par héritage aux du Bois.


Ultime vente


Mais, dès 1864, l’ensemble changea une ultime fois de mains. Oydonck et ses 157 hectares fut cédé Henri de Naeyer, avocat à Gand, pour sa fille Zoé, épouse de Henri t’Kint de Roodenbeke (1817-1900, fait baron en 1870 et comte en 1900). Henri de Naeyer avait le sens de l’équilibre. Cela explique qu’il acheta un château pour chacune de ses deux autres filles, à savoir Wingene et Bellem. Henri t’Kint de Roodenbeek sera député, sénateur, président du Sénat et ministre d’Etat. C’est à lui que l’on doit les restaurations intérieures et extérieures du château, entreprises dès l’achat de 1864. Aidé par l’architecte français Clément Parent (c’est lui qui transforma et agrandit le château d’Antoing vers 1870), Oydonck fut assorti de deux tourelles d’angles près des tours d’entrée bordant le pont-levis. La tour carrée qui surmonte le passage couvert donnant sur la cour d’honneur a été par lui exhaussée. Il élargit les pavillons latéraux et dessina l’escalier monumental. Toutes les baies furent augmentées et parfois décorées de croisées. Sur la cour, les lignes horizontales priment alors que partout ailleurs les volumes jouent sur les contrastes entre courbes et droites. Notons encore que le château n’a jamais été complètement fermé comme le furent Wynendaele ou Gaasbeek et que les tours donnant au sud et à l’ouest ont toujours été esseulées. Elles servaient jadis d’écuries et de garages.



L’avenir se trouve dans la défiscalisation


Le château a été très bien entretenu par le comte Henri (+1990) avec l’aide de la Région Flamande qui soutenait les travaux jusqu’à 80 pc. Pour des raisons inconnues et injustifiées, les aides ont chuté pour ne plus représenter que 40 pc des budgets. On devine que face à la somptuosité de cette demeure couverte par 1,8 hectare d’ardoises, les frais quotidiens sont gigantesques. Le nombre de visiteurs (intérieur et extérieur sont visibles) se situe à 25.000 entrées. C’est beaucoup par rapport à d’autres châteaux belges mais c’est trop peu. L’équation est simple. Sans défiscalisation complète du patrimoine classé, celui-ci est voué à péricliter ou pire à disparaître. Personne n’y a intérêt. Comme l’écrivait le duc de Luynes, « Ce ne sont pas les châtelains qu’il faut aider mais les châteaux ». Encore faut-il ne pas faire perdre leur âme aux demeures ancestrales. Et le duc de Cossé-Brissac d’ajouter ailleurs: « Les châteaux sont la gloire et la richesse d’une patrie. La destruction d’une oeuvre d’art est un appauvrissement spirituel et matériel pour tous les membres d’une nation ».


SOURCES:
Eddy Lefevre, Twin Castles - een wereldpremière: Kasteel Ooidonk verbroedert met het Schotse Duns Castle, Nieuwsblad.be 6 augustus 2011 http://www.nieuwsblad.be/article/detail.aspx?articleid=BLELE_20110806_005
François-Emmanuel de Wasseige, Château d'Ooidonk: la restauration de trois tours, in Demeures Historiques & jardins, n°153, trimestriel I-2007
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003 
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel IV,  Hobonia 1991
Chevalier Xavier de Ghellinck Vaernewyck, Visitons nos beaux châteaux. Oydonck, Le Parchemin, 14e Série, n° 130-131, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, octobre-novembre 1967