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Carlsbourg, un château englué dans un collège


Château de Carlsbourg - 6850 Carlsbourg (Paliseul)



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  • Le château de Carlsbourg se nommait jadis de Saussure, ce qui n’a rien à voir avec la célèbre famille genevoise qui possède toujours le magnifique château de Vufflens (VD).

  • Devenu un collège, le château présente toujours des airs de légèreté face aux bâtiments modernes qui le jouxtent.



Nom Officiel Château de Carlsbourg
Localisation 6850 Carlsbourg (Paliseul)
Construction 1729
Style Louis XV
Architecte
Occupants Collège Saint-Joseph (Frères des Écoles Chrétiennes)
Affectation École secondaire
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 12/01/2013


L’ancien château de Saussure a été réédifié en 1729. Depuis 1844, il appartient aux Frères des Écoles chrétiennes.


Sur l’entité de Paliseul (duché de Bouillon), non loin de Corbion, du Tombeau du Géant, site remarquable s’il en est, à quelques kilomètres de Noirefontaine et de son célèbre hôtel-restaurant le « Moulin Hideux », se trouve le petit village de Carlsbourg. Ce nom fut imposé à partir du 10 août 1757 quand Charles-Godefroy de la Tour d’Auvergne, duc souverain de Bouillon, lui donna son prénom en lieu et place de Saussure. Depuis 1729, la localité est centrée sur son château de style Louis XV et sur son église paroissiale bien plus jeune. Le frère Félix Hutin a en 1894 retracé l’histoire de cette seigneurie. À l’en croire, le fief était tenu par Jean Ier d’Orjo, châtelain de Bouillon, à partir de 1387. Jean Ier d’Orjo est signalé comme homme lige du comte de Nevers, comme chambellan du comte de Rethel et comme capitaine du château de Raucourt. Orjo sera suivi par les puissants et illustres la Marck à savoir Evrard III (1470-1496) et Guillaume, 3e frère d’Evrard (1444-1485), improprement nommé le « Sanglier des Ardennes ».


Merode et Berlo

Robert Ier, 4e frère d’Evrard III, mort en 1487 et Robert II, son fils, mort en 1536 semblent avoir régné sur cette terre liégeoise. Pour la petite histoire, on se souviendra qu’Henri de La Tour d’Auvergne, Ier duc de Bouillon (1555-1623), avait épousé une la Marck (Charlotte) dont il n’eut point d’enfant. Dès 1527 toutefois, la seigneurie est relevée par François de Merode-Houffalize, fils de Renaud, époux d’Adrienne van den Bosch. Adrienne était la fille de Lambert, mort en 1499 et d’Isabelle de Berlo, décédée en 1483. Par sa grand-mère Berlo, François devenait seigneur de Moupertingen, Vaux, Châtelineau et Jouchout, à moins qu’il ne s’agisse de Bouckout, hameau de Aalst près de Saint-Trond. Il sera par ailleurs seigneur de Creux, de Beth et d’Abbais. François de Merode décéda en 1530. Il avait épousé Anne von Schauenberg, toujours vivante en 1551. Le bien passa à leur fils Evrard puis à la fille de ce dernier parmi six enfants, Marie née en 1566 et retournée au Père en 1616. Elle reçut Saussure de son frère Robert, peut-être en 1590. Marie avait d’abord épousé son cousin François de Merode-Rummen. Veuve elle convola en 1602 avec Jean-Gérard d’Oyembrugge de Duras et de Roost. Leur fils (?) Guillaume, seigneur de Bombroeck, gouverneur du château de Bouillon, épousa Anne de Looz-Corswarem de Niel, fille du comte Jacques, seigneur de Landelis, marié à sa cousine Catherine de Looz, dame de Niel, petit village posté près de Saint-Trond, une fois encore.


Retour au duc

En 1638, le domaine est acheté par François de Miche qui laissa le bien à sa fille Jeanne-Ernestine, épouse du baron Jean de Rougrave (Serinchamps). La Jeanne régna ici de 1674 à 1710. À cette date dernière, Saussure fut repris par Charles-François de Rougrave, marié à Marguerite de Lopez Gallo (Male). De 1723 à 1756, on y trouvait Philippe de Rougrave qui n’était rien moins que le vicaire général de Liège et l’édificateur du château actuel. À son décès, son neveu Philippe-Bernard de Rougrave prit Saussure en charge mais finit par vendre cette terre à Louis-Gérard de Lamock de Sohier, seigneur de Botassart. Celui-ci revendra le château à Charles-Godefroy de La Tour d’Auvergne, duc de Bouillon (1706-1771; 5e duc), marié à Marie-Caroline Sobieska. Leur fils Godefroy-Charles (1728-1792), époux de Marie-Henriette de Lorraine eut à son tour un fils Léopold (1742-1802) marié à la princesse Marie-Henriette de Hesse-Rheinfels. Mais ces derniers ne firent point d’enfant. Pour continuer la lignée Philippe d’Auvergne fut adopté par Godefroy-Charles en 1786. Philippe (1736-1816) était vice-amiral anglais et gouverneur de Jersey. Il reprit le domaine et le duché. En 1815, il tenta vainement de se rétablir sur Bouillon, mais il échoua d’où sans doute l’expression « se prendre un bouillon ». En 1825, le colonel de cavalerie Grandjean, peut-être s’agissait-il du baron Louis-Stanislas placé à la tête du deuxième régiment de la deuxième brigade de la 12e division de cavalerie à Waterloo, est cité comme propriétaire; mais à qui a-t-il acheté ? Mystère. Il cédera ses bâtiments en 1844 à l’évêque de Namur, Mgr Dehesselle, sous l’impulsion de qui l’école fut créée par transfert de celle de Bastogne.

1729


Le château de deux niveaux sous une toiture d’ardoises en bâtière ornée de lucarnes se compose d’un corps de logis central long de sept travées. Les deux travées latérales émergent en léger ressaut du centre de l’édifice dont l’accès est souligné par une travée elle aussi en avancée, placée sous un fronton triangulaire percé d’un oculus. Le fronton est daté de 1729. Les arêtes d’angles sont chaînées, comme elles le sont ailleurs. La porte d’entrée est incluse dans un encadrement à refends chaînés. De part et d’autre du logis, des ailes anciennes modifiées mènent aux deux tours d’angle carrées qui grimpent sur trois niveaux sous une toiture à l’impériale sommée d’un clocheton. 



SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004