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Losange, entre ses tours carrées, faits des ronds de jambes


Château de Losange - 6600 Villers-la-Bonne-Eau (Bastogne)



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  • Bien restauré après l’hiver 1944-1945, le château de Losange impose sa blancheur dans les verts massifs épineux de l’Ardenne. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy 15 août 2011

  • © Philippe Farcy 15 août 2011



Nom Officiel Château de Losange
Localisation 6600 Villers-la-Bonne-Eau (Bastogne)
Construction 1597; XVIIe siècle; 1736; 1930 puis restaurations lourdes après 1945
Style Classique
Architecte
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 04/01/2013


La résidence familiale de la princesse Mathilde est ressortie de l’ombre en 1999


Perdue dans les bois à proximité de la Nationale 4, entre Bastogne et Martelange, la terre de Losange est ressortie de l’ombre quand le Palais royal fit connaître à la presse les fiançailles du prince Philippe et de Mlle Mathilde d’Udekem d’Acoz. C’était en septembre 1999. C’était aussi un retour de la famille royale en ces terres ardennaises car Losange avait déjà abrité le 7 septembre 1929 l’annonce de mariage de la princesse Marie-José avec le prince Umberto de Savoie.

Exception faite des habitants de cette région qui frôle la frontière luxembourgeoise, bien peu de monde sans doute connaissait le village de Villers-la-Bonne-Eau (on prononce Villé) et son lieu-dit géométrique. En 1958 la famille de Patrick d’Udekem d’Acoz acheta cette propriété à la compagnie immobilière Bernheim qui l’avait achetée aux comtes van den Steen de Jehay. Le nouvel acquéreur s’installa alors dans les dépendances de 1850 en attendant des jours meilleurs pour affronter le château. Ces jours-là s’égrenent depuis 1971 quand Monsieur convola en justes noces avec la comtesse Anne Komorowska, un temps citoyenne de Forville. Le jeune couple restaura le château inoccupé depuis 1957.


Comté de Chiny

Comme l’écrivait Emile Tandel en 1891, Losange faisait partie de la mairie de Hotte qui dépendait en fief de la prévôté de Bastogne au comté de Chiny, créé en 1041 par l’empereur Othon, dans le duché de Luxembourg. L’histoire laissera des trous béants. Après Nicolas de Losange repéré en 1420, il faudra attendre Hartard de Vaulx pour recueillir une nouvelle trace. C’est sans doute lui qui édifia le château ou une tour forte dès 1597 à l’emplacement de l’étang actuel. On sait qu’il exista car il précéda François de Vaulx, son fils ou son frère. Celui-ci acquit en 1626 les droits de haute, moyenne et basse justice de Losange moyennant 9.200 florins. La seigneurie était constituée des hameaux de Lutrebois, Watringen, Harlingen, Boulaide et Livarchamps. François était prévôt de Bastogne. Il avait épousé le 4 juin 1617 Catherine Gérard, veuve de Herman de Trappé, bourgmestre de Liège en 1606 et 1612, mort en 1615. François et Catherine eurent huit enfants dont une Anne qui épousa son « demi-frère », fils de François de Vaulx. Peut-être était-ce Nicolas de Vaulx, seigneur d’Izier (Durbuy).



Maîtres de forges

Le 12 mai 1666, la dite seigneurie fut engagée par Herman II de Trappé, né le 25 juillet 1632, fils de Laurent, mort en 1634, et de Catherine de Liverlo, née des œuvres de François et de Angèle Stevart, le 13 septembre 1603 et décédée le 19 août 1669. À son départ, Catherine était veuve en troisième noces de son cousin Paschal Lambrechts, mayeur de Liège en 1656. Les Trappé détenaient dans la région plusieurs forges, notamment près de Habay où un château (la Trapperie) conserve leur mémoire.

Herman II mourut le 29 août 1681. Le bien fut alors repris par son fils François de Trappé, décédé à Liège le 27 juin 1706, seigneur de Chacon. François s’était marié à Marie de Fabry-Beckers. Il laissa le bien à son fils Herman III, mort à Liège le 5 septembre 1747, époux de Marie-Philippine de Cicignon, fille de Charles, seigneur de Oberwampach et d’Anne de Rahier. Les Cicignon donnèrent un général-major à la Norvège, gouverneur de Bergen, chevalier de l’ordre de Dannebrog. Il prit part à la bataille de Lund le 4 décembre 1676. Les Cicignon possédaient cette belle devise : "Courage sans conduite est un seigneur sans suite. Conduite sans courage est un pauvre personnage".

De cette union apparut une gamine prénommée Marie-Charlotte. Elle fut mariée à Albert-Louis de Monflin-Bondorff et compta parmi ses enfants une petite Marie-Charlotte. Celle-ci épousa son cousin Edmond-Herman de Trappé. Deux enfants vinrent alors au monde. Jean-Herman, premier baron de Trappé prit Losange quand l’heure fut venue. Il avait une sœur qui épousa le baron Armand van den Steen de Jehay. Jean-Herman sera le dernier seigneur de Losange; il s’en alla sans hoir et laissa le bien à son neveu Armand, baron van den Steen de Jehay. Le bien resta aux Steen jusqu’à la vente de 1958 qui faisait suite au décès survenu le 4 août 1957 de la comtesse Frédéric van den Steen de Jehay, née baronne Henriette Snoy (Bassinnes), fille de Georges et d’Alix comtesse du Chastel de la Howarderie.


Architecture

Le château cimenté et peint a été très endommagé lors de l’offensive von Rundstedt en décembre 1944. Il a été restauré à l’identique et compte sur sa face principale regardant au sud neuf travées sur trois niveaux presque égaux posés sur un épais soubassement aveugle. Une terrasse soutenue par trois arcs surbaissés donnant vers l’étang avait été ménagée vers 1930. De deux niveaux à l’origine, elle a été réduite à un seul niveau. La maison se divise en cinq parties, trois tours carrées et deux éléments rectangulaires, jointes entre elles. Deux tours sont posées aux extrémités. Elles sont en retrait et montent sur trois niveaux sous une toiture en pavillon qui s’achève sous des lanternons de trois niveaux privés de flèches. Celle de droite abrite la chapelle qui est ornée de vitraux dessinés par J.-B. Béthune pour la chapelle du château (détruit) de Ruddervoorde. La façade arrière est nettement plus simple et unifiée comme une bâtisse néo-classique. On y compte neuf travées. Occupé par des religieuses de Notre-Dame de Jouarre entre 1902 et 1912, le château a souvent été transformé à l’intérieur.


On ne visite pas. Domaine gardé. Le château se voit de la route.


SOURCES:
Valentin Dupont, Le château de Losange, Royalement Blog 9 septembre 2011 http://royalementblog.blogspot.com/2011/09/le-chateau-de-losange.html
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004 Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel IX,  Hobonia 2001
Chevalier Xavier de Ghellinck Vaernewyck, Maîtres de forges et châtelains de la Trapperie à Habay-la-Vieille, Le Parchemin, 60e année, n° 296, mars-avril 1995
Emile Tandel, Les Communes luxembourgeoises, Institut Archéologique du Luxembourg 1889-1894