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Villemont, une terre de fer au comté de Chiny


Château de Villemont - 6730 Tintigny



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  • Tintigny profite de Villemont, château superbe et élégant. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Château de Villemont
Localisation 6730 Tintigny
Construction XVIIe siècle, 1741 et XXe siècle
Style Traditionnel lorrain
Architecte 1924: L. Lamy
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 07/05/2015


Epinglé


Les Barbançon sont une une des plus illustres familles du Hainaut médiéval, divisée en plusieurs branches : les sires de Barbançon (éteints dans les Ligne au XIVe siècle), les barons de Vierves (éteints dans les Trazegnies à la même époque), les Barbançon de Villemont, les Barbançon-Werchin (éteints dans les Melun, princes d’Epinoy : c’est par eux que la ville (puis marquisat) de Roubaix est arrivée chez les Ligne) et leurs cadets les Barbançon de Cany en France. La branche cadette des Ligne-Barbançon est devenue Arenberg au XVIe siècle. Un des fils de Jean de Ligne, baron de Barbançon et de Marguerite de la Marck, comtesse-princesse d’Arenberg, Robert de Ligne-Arenberg, fut créé prince de Barbançon en 1614. Il épousa une Salm et fut le père du mari de Marie de Barbançon, vicomtesse de Dave. Leur fille Isabelle épousa Albert de Lalaing, comte de Hoogstraeten, frère de Jacqueline de Lalaing. Leur fille unique transmit Hoogstraeten aux Salm-Salm.


Une seigneurie peuplée de gens illustres

Comme l’écrit Emile Tandel, les premiers possesseurs de cette terre et seigneurie furent les comtes de Chiny suivis par les seigneurs de Wiltz. Walter d’Arlon n’apparaît qu’en 1150. Sa descendance conserva Villemont durant plusieurs siècles et elle allait voir sa branche aînée s’éteindre à travers les Barbançon et les Merode dans les Trazegnies. En 1451 apparaît un nouveau seigneur en la personne de Guy de Barbançon, uni à la fille du seigneur de Wiltz. Son apparition dans la dévolution s’explique sans doute par Alix de Wiltz morte en 1428. Elle était l’héritière de la branche de Villemont, branche cadette qui avait repris Wiltz et qui s’éteignit au XVIIe siècle dans les Custine. Alix épousa Jean de Barbançon et mourut en 1422. Jean s’en alla vers le Père en 1428. Guy de Barbançon était sans doute leur fils. Les Barbançon furent relativement puissants. Seigneurs de Montquintin à la fin du XVe siècle, ils donnèrent plusieurs prévôts et des prieurs dans diverses communautés religieuses.


Pas de problèmes de distances


Le plus célèbre d’entre eux fut sans doute Baudouin, seigneur de Villemont qui devint, par son mariage en 1527 avec Jeanne de Boulant, seigneur de Montjardin et de Fexhe, voué d’Aywailles et de Remouchamps. Jeanne de Boulant était dame de Soy du fait de sa mère Isabeau de Hamal. Par l’ultime volonté de la tante de sa femme, Bertheline de Boulant, il devint en plus seigneur de Geneffe, Aaz, Hermée et châtelain de Waremme. Voilà ce qui s’appelle faire fi des distances. Le gaillard avait de l’ambition. On le retrouva prévôt d’Arlon et de Chiny puis gouverneur de Florenville. Il s’en alla au paradis le 8 mai 1576 après un veuvage de 31 ans et en ayant sans doute gardé le souvenir de la destruction de son château par les armées du duc de Nevers, gouverneur de Champagne, en 1556. Baudouin et Jeanne eurent quatre enfants. Anne épousa Florent d’Argenteau. Claudine devint la femme du baron Aymond de Schwartzenberg et Everard fut uni à Marguerite d’Ongnies.


Titres ronflants


Quant à l’aîné, Henri, il reprit Villemont et tous les titres paternels. Il devint en plus seigneur de Soy, Nettines, Rianwez, vicomte de Dave. Henri épousa Bonne d’Ongnies, sœur du précédant puis il défuncta en 1594 laissant un fils unique, Everard. Ce dernier convola avec Louise comtesse d’Oostfrize (Spontin). De cette union, apparurent deux anges prénommées Marie et Bonne, décédée en 1638. Marie, baronne de Barbançon, épousa Albert de Ligne, duc d’Arenberg, prince de Barbançon, pair du Hainaut, etc... (1600-1674). Dépensier il vendit la plupart de ses terres y compris celles de sa femme pour combler ses dettes. En 1675 son épouse refusa même sa succession. Le 18 novembre 1621, sa sœur Bonne convola avec Philippe de Merode, premier marquis de Westerlo (1626) qui rendit son dernier soupir en 1628. Ensuite Bonne s’unit une seconde fois à un autre Merode. Il s’agissait d’Arnoux (Arnold), comte de Montfort, seigneur de Clermont et de Remersdael. Arnoux et Bonne donnèrent la vie à deux charmantes damoiselles. La première Catherine-Charlotte fut présentée avant 1666 à Dieu en compagnie d’Eugène-François marquis de Trazegnies, baron de Silly, etc... Les Trazegnies furent sires et comtes de Villemont jusqu’en 1808 quand ils vendirent Villemont au baron François d’Anethan. La seconde, Anne-Françoise, convola avec François de Briey, baron de Landre, seigneur de Ruette. En 1740 le château fut détruit dans un incendie. Aussitôt, Philippe de Trazegnies, heureux époux de Marie-Eléonore, baronne de Bode qui avait hérité d’une grosse fortune de son père ministre de l’empereur Charles VI, fit reconstruire le château. Après 1801, la demeure fut vendue au baron François d’Anethan, descendant des barons de Cassal, ce qui recrée un lien avec Soy. La fille du baron François d’Anethan, Eléonore-Appoline (1798-1856), allait épouser le baron Auguste d’Huart (1789-1868), fils de Henri et de Catherine de Patoul. Actuellement, la baronne Emmanuel de Jamblinne de Meux, née baronne Nicole d’Huart, est la propriétaire et leur héritière indirecte.

Partiellement détruit lors de la dernière guerre, le château en pierre naturelle du pays fut reconstruit mais pas en totalité. Le baron d’Huart a recomposé la façade principale haute de deux niveaux et longue de neuf travées. L’aile principale est couverte d’une toiture d’ardoises en bâtière à coyaux animée de quelques lucarnes. Sur l’arrière la façade profite du rythme offert par deux belles tours trapues de trois niveaux, presque en hors d’œuvre et percées de six baies chacune. Elle sont sommées de toitures en poivrière. On en trouve une troisième à droite du château contre l’un des communs.



On ne visite pas. Les chiens ont une tête bizarre quand ils croisent le regard d’un étranger.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004 
Emile Tandel, Les communes luxembourgeoises, 10 vol., Institut Archéologique du Luxembourg, rééd. 1889-1894