FR - NL - EN
ACCUEIL AGENDA CONTACTEZ-NOUS FAQ CONNEXION CHÂTELAINS

Broydenborg affectés par ses affectations


Kasteel Broydenborg - 2660 Hoboken (Antwerpen)



Contacter

Catégorie : Informations Business Evénements
Prénom
Nom
E-mail
Téléphone
Veuillez écrire CASTLE dans le champ ci-dessous:

  • © Philippe Farcy

  • Les armes des van der Beken-Pasteel ornent la façade de l’aile la plus récente. Le château des années 1830 est caractérisé par ses deux hautes colonnes. © Philippe Farcy

  • Carte postale envoyée en 1938, ed. A. Somers & Nels



Nom Officiel Kasteel Broydenborg
Localisation 2660 Hoboken (Antwerpen)
Construction 1540; 1830-1831; 1871; 1929
Style Néoclassique
Architecte
Occupants Stad Antwerpen, District Hoboken
Affectation Siège de plusieurs associations publiques
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 05/01/2013


Broydenborg cache bien son important passé.


À Hoboken, dans cette belle périphérie sud de la Métropole, se trouve le château de Broydenborg ou Beroydenborg. Jadis résidence de campagne, cette demeure moderne et aux lignes strictes est devenue une propriété comme les autres car privée de son parc. Ce ne serait plus qu’une très grosse maison si derrière les murs et sous la terre ne sommeillait une longue histoire que l’affectation actuelle en centre psycho-social cache mal.

Les premières traces d’une terre seigneuriale en ces lieux semblent remonter en 1539-1540 quand Balthasard van Wissenborch fit ériger ici un petit château de style Renaissance. En 1617, le négociant Joseph Van den Broeck, fils de Jean, déjà propriétaire du domaine de Meerlenhof acheta aux héritiers de la veuve du peintre Louis Van Oort-Van den Putte, le petit château de Beroydenborgh. Sa contenance n’était que d’un bonnier. Joseph, veuf d’Elisabeth Van Opmeer décéda en 1638 laissant huit enfants. Il avait déjà cédé en 1636 le site de Broydenborgh à un collègue de bureau, Robert de Smit, juriste et échevin comme lui. Smit n’avait pas le pied castral. Il se défit de la chose illico sans qu’on sache vers qui.

En 1688, une autre mention du domaine apparaît quand est signalée la veuve de Gilles du Bois (1618-1687), seigneur d’Aische-en-Refail, près d’Eghezée. Elle était par ailleurs la propriétaire du château de Zorgvliet à Hoboken. Il s’agissait de Marie Tholinckx (1626-1708) dont on sait qu’elle agrémenta le parc d’une drève de 750 mètres en partie publique. À travers elle, le bien fut hérité par les Heuvel puis par les Fraula. Marie-Suzanne van Colen, fille du premier mariage de la vicomtesse de Fraula de Rosierbois, en devint propriétaire quand sa mère s’en alla en 1762 vers le ciel.

Un homme d’affaires puissant


Elle transmit cette terre à son fils unique Simon de Neuf, seigneur d’Hoogelande. Il fut un des plus extraordinaires financiers de son temps. Il était marié à sa parente Philippine du Bois d’Aische et possédait cinq châteaux dans la région dont les seigneuries d’Immerseel et de Wommelghem achetées en 1778 au prince de Gavre. Ce dernier était l’héritier des van Liere-Immerseel. Simon allait améliorer et agrandir Broydenborg. À la fin de sa vie, alors qu’il venait de faire construire le château de Terlinden à Edeghem et le « Zwarte Arend » à Deurne, Broydenborg passa dans les mains de sa fille Anne-Henriette (1757-1830) comtesse Charles-Ignace d’Oultremont de Wégimont ; il était né à Leyde en 1753 et il décéda à Anvers en 1799. La fortune du couple fut bien gérée par divers banquiers et elle traversa la Révolution française sans heurts. Leur fils Émile d’Oultremont (1787-1851), marié en 1814 à Marie-Françoise de Lierneux de Presles (1785-1850), vendit sans doute Broydenborg, car en cette même année 1830, le domaine entra en possession du banquier Joseph Verbist. Il allait démolir le vieux château et ériger ce que l’on voit de nos jours, du moins la partie centrale animée de ses hautes colonnes corinthiennes. Après ce banquier, vint s’établir Adrien-Eugène van der Beken-Pasteel (1841-1916). Il acheta le bien et l’agrandit aussitôt en 1871. Il s’agit de l’aile éclectique perpendiculaire ornée vers l’avenue des armes de sa famille (d’argent à trois lions de gueule). Adrien-Eugène, greffier de la province d’Anvers et député permanent, était le fils de Pierre (1795-1868) et de Louise van den Berghe (1810-1879). Il allait épouser Savina Kervyn de Volkaersbeke (1848-1930) dont il eut cinq enfants. Savina était la fille d’Auguste (1821-1851) et de Julie van Hoobrouck ten Hulle. Cette dernière allait se remarier en 1860 avec le baron Antoine de Villenfagne de Vogelsanck (1802-1877). Les van der Beken-Pasteel conservèrent la maison jusqu’en 1923 au moins.



Double affectation ?


À cette date, Dame Kervyn était veuve et signalée résidente en son château de Hoboken dans l’« Annuaire des Châteaux » de 1923. Elle y figurait avec son époux dans les éditions de 1897 et de 1907. Comment expliquer cependant une plaque en bronze d’Alfons Mauquoy datée de 1928 posée sous le porche aux colonnes. Elle indique qu’en ces lieux, la « Société John Cockerill » fonda le 1er mai 1883 une école industrielle. Elle était justifiée par les importants chantiers navals de Cockerill Yards à Hoboken ouverts en 1873. Deux médaillons ornés de profils précisent les noms de deux administrateurs de l’époque. Il s’agissait d’Edmond Crets et de Adolphe Greiner (1842-1915). Les Liégeois louèrent-ils une partie du château ? Sans doute, car la généalogie signale trois naissances van der Beken-Pasteel au château en 1877, 1884 et 1886. Un mariage suivit en 1894 entre Marie van der Beken-Pasteel (1870-1957) et le chevalier Charles Dessain (1871-1944) qui sera sénateur et bourgmestre de Malines. C’est en 1928 ou 1929 que la ville de Hoboken racheta le domaine.


Rigueur des lignes


La partie la plus ancienne du château peint en blanc monte sur deux niveaux. Ils sont posés sur un mince soubassement. La façade d’entrée est composée de quatre travées groupées deux par deux et centrées sur un corps axial en retrait limité par deux monumentales colonnes à chapiteaux corinthiens. C’est une idée très originale d’un architecte inconnu et dont nous ne connaissons pas d’autre exemple en Belgique. La toiture est en bâtière couverte d’ardoises sur une corniche à modillons; elle pose sur un épais entablement. On remarquera encore les arêtes d’angles chaînées et à refends. La face arrière est plate et composée de six travées. On y ajoutera de ce côté-ci trois travées pour la partie ajoutée en 1871. Cette adjonction grimpe sur deux niveaux et demi sous une toiture mansardée à lucarnes en bâtière. L’étage d’attique présente toujours ses briques et ses bandeaux d’esprit néo-renaissant. Sur la face avant, la partie récente présente deux travées dont la dernière vers l’angle est en ressaut.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel III,  Hobonia 1989