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Les Trois-Fontaines au service du tribunal de la Foresterie


Château de Trois-Fontaines - 1160 Auderghem (Bruxelles)



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Catégorie : Informations Business Evénements
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  • Les Trois-Fontaines sont perdus dans les bois près de Rouge Cloître. On y monte quelques expositions en été.



Nom Officiel Château de Trois-Fontaines
Localisation 1160 Auderghem (Bruxelles)
Construction XVIe-XVIIe siècles; restauration au XVIe siècle; prison jusqu'en 1786; restaurations de 1976 à 1980
Style
Architecte
Occupants Géré par l'Institut Bruxellois de Gestion de l'Environnement (IBGE) depuis 1973
Affectation Salles d'expositions
Protection Bien classé le 19 novembre 1986

Dernière mise à jour : 24/03/2013


Les petits restes d’une antique prison au cœur d’un site agreste.


Alphonse Wauters précise dans son incontournable « Histoire des environs de Bruxelles » que le site est connu depuis 1373 au moins. On le nommait déjà Trois-Fontaines (Dryen Borren ou Drie Borne). Cet endroit retiré dans la forêt de Soignes était à un jet de pierre de l’abbaye du Rouge-Cloître. À l’époque de sa construction, le donjon était réservé au Tribunal de la Foresterie ou à celui du Consistoire de la Trompe. Ils ne s’y réunirent presque jamais. Il y faisait « galeux », comme on dit en Ardenne, tant il y avait par là de l’humidité. Il s’agissait, on le devine vu le cadre, de mettre en cage de fer les braconniers de tous poils et plumes et les détrousseurs de bourses. Le domaine carcéral avait été créé par le duc Jean III de Brabant en l’an de grâce 1355 pour remplacer la prison qui se trouvait à Tervueren. Des prisons mobiles avaient été imaginées et fonctionnèrent sur cet immense territoire de plus de 6 000 hectares (16 500 arpents) jusqu’à la fin du XVe siècle.


Office de puissants personnages


Pour le défendre, les Grands Veneurs avaient sous leurs ordres une petite compagnie d’une douzaine d’hommes pour maintenir la paix et la salubrité dans la forêt, explique Michel Maziers. Puis on installa des sergents à postes fixes. Ils furent jusqu’à seize entre Boitsfort et Waterloo. Au milieu du XVIe siècle, des unités mobiles de surveillance furent mises en place. La « garde spéciale » fut, vers 1615, dirigée par Louis le Comte d’Orville. On y compta plus tard celle de 200 hommes dirigée par Jacques Pastur, dit Jaco, actif dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Il s’agissait alors de repousser des Français installés au Hainaut pendant la guerre de succession d’Augsbourg. Sous Jean III de Brabant, une chapelle fut érigée à proximité des murs de la prison. Elle allait, sous Philippe le Bon, être affiliée à la mense conventuelle de Saint-Jacques-sur-Caudenberg. Assez rapidement, au début du XVIe siècle, semble-t-il, les édifices tombèrent dans un état scabreux. Les messes de la chapelle furent dites à Boitsfort. L’auteur signale par ailleurs que la prison servit aussi à mettre à l’ombre des prisonniers politiques. Il en fut ainsi en 1373 quand le maire de Louvain avait choisi l’endroit pour écarter un certain Arnoul Van Redingen. Odile Seutin signale que le pavillon était occupé par Arnold de Gand en 1410. Des Liégeois y furent aussi incarcérés en 1446. Il faut dire que la principauté possédait une enclave à Blanden, à côté de Louvain. Ceci explique peut-être cela. Sous le règne de Philippe II, les bâtiments étaient devenus inutilisables après avoir été assiégés et brûlés vers 1584. La tour, comme le montre une gravure ancienne publiée par Sanderus en 1659, était elle aussi en pierre, mais dans sa totalité. On y accédait par une porte à arc brisé de style ogival. En 1680, le site était tenu par le gruyer (lieutenant du Grand Veneur) nommé Madoets; il faisait office de concierge châtelain. Avant lui, la charge avait été occupée par des van der Noot et un Dongelberg, note Odile Seutin.


Ruine et métairie


Les Grands Veneurs étaient toujours des gens importants. On se souviendra de Jean III, puis de Jean IV de Berghes-Glymes, sires de Bergen-op-Zoom, au XVIe siècle. Les Merode en furent aussi au XVIIe siècle, tout comme Henri d’Ongnyes, prince de Grimberghe de 1774 à 1791. Le 6 mai 1786, les archiducs Albert et Marie-Christine de Saxe-Teschen édictèrent que les prisonniers devaient être transférés à la porte de Laeken à Bruxelles; sans doute s’agissait-il de la « Steenpoort ». Ce fut la fin de la pérennité des bâtisses qui finirent par s’effondrer sauf le petit bâtiment actuel qui servit de métairie. La fin fut d’autant plus rapide, signale Augusta Maes, que les bourgeois de Boitsfort vinrent attaquer les édifices en 1787. En 1822, le site fut accroché à la propriété de la future Société générale de Belgique qui vendit en 1828 les restes du donjon. Devenu bien privé, Trois-Fontaines se mua en ferme. Elle appartint à Josse Devisser en 1832, puis aux Marnix en 1845, puis aux Vinck à partir de 1882. François Sombrijn en sera le dernier maître privé, de 1901 à 1906. À ce moment, le bien fut vendu à l’État. Il était ruiné (le bien, pas encore l’État). Finalement l’avenir du « château » fut assuré par l’asbl « Conseil de Trois-Fontaines ». La maison de pierre et de briques sous une toiture en bâtière de tuiles animée de trois lucarnes se compose de cinq travées inégales. Une porte à l’arc en anse de panier donne accès à la résidence. Des baies à croisées et d’autres aux montants chaînés sous des arcs bombés donnent de la lumière à la demeure.

Visites extérieures possibles.




SOURCES:
Louis Schreyers & Irène Arquin, Les cinq "châteaux" d'Auderghem, in Demeures Historiques & jardins, n°160, trimestriel IV-2008

Philippe Farcy, 100 châteaux de Belgique connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté 2005