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Ledale, ancien prieuré de l'abbaye de Bellinghen


Den Dael - 1674 Bellingen (Pepingen)



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  • La cour d’entrée de Ledale est très élégante et joliment rythmée. © Philippe Farcy

  • Sur le parc, regardant vers Saintes, le château prend des airs plus sévères. © Philippe Farcy



Nom Officiel Den Dael
Localisation 1674 Bellingen (Pepingen)
Construction Entre 1780 et 1820
Style Néoclassique
Architecte
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 15/08/2014


Un petit pied en Brabant wallon et l’autre pas

Vers Saintes, à l’extrémité sud de l’entité de Bellingen dont l’église côtoie la ferme de Cantimpré, se trouve le château Le Dael ou Ledale. C’était une seigneurie cléricale sous l’Ancien Régime dépendante de l’abbaye de Cantimpré près de Cambrai. Bellinghen possédait une autre seigneurie sur son territoire. Il s’agissait de celle de Terloo, fief des van der Haeghen, puis des van der Noot d’Assche. Ces derniers étaient installés jusqu’il y a peu dans les immenses dépendances de feu le château de Mussain. L’abbaye française ayant brûlé vers 1500, ses moines augustiniens vinrent s’installer en Brabant. Ils agrandirent les édifices et construisirent la magnifique église gothique, classée depuis 1942. Entre les deux, fut créée une drève de marronniers dont il reste quelques arbres derrière le château. En 1794, la terre saisie par les révolutionnaires avait été achetée par Charles Claes, distillateur bien connu de Lembecq (Lembeek). Il emportait d’un coup 300 hectares. Mais il se défit du lot dès 1800 en faveur d’un sieur le Duc.


Les pierres parlent


Les précisions sur ce personnage viendront du très beau tombeau des van Hoobrouck à Bellingen, daté de 1858. Dans son enceinte, se trouve une pierre gravée. Là, on lit (inscription complétée par votre serviteur) que repose Pierre-Ghislain-Nicolas le Duc de Ledale, né à Enghien et décédé à Bellinghen le 6 octobre 1812, âgé de 34 ans. Il était le fils de Victorin, seigneur de Ledalen et de Catherine le Duc d’Holdre. Son épouse était Marie-Anne-Caroline Bruneau de la Motte, décédée à Bruxelles le 18 décembre 1826 à l’âge de 48 ans. Elle était la fille de Joseph-Aloïs et de Jeanne-Françoise Schotte. Mlle Bruneau avait épousé en premières noces Charles-François van Hoobrouck de Tewalle, colonel des Hussards de Vierset (Gand, 1753 - Liège, 1801); il décéda des suites de ses blessures contre les Turcs au sein des armées autrichiennes.

Les van Hoobrouck sont originaires de Gand. Ils étaient seigneurs de Asper, de Synghem, d’Axelwalle, de Worteghem et furent barons de Mooreghem. Ils donnèrent un lieutenant-général célèbre, proche collègue du comte de Clerfayt. Retrouver les van Hoobrouck à Bellingen n’a rien de surprenant quand on sait que deux mariages scellés au XVIIIe siècle créèrent des liens étroits entre eux et les van der Haeghen. Le plus récent était celui de Thérèse van Hoobrouck avec Charles du Sart, seigneur de la Tour au Bois (dépendance de Rebecq) dont la mère était une van der Haegen de Mussain. Charles-François et Mlle Bruneau eurent deux fils. Louis-André était né le 12 avril 1799. Il reprit cette terre sans doute car son frère Charles-Ignace, né posthume le 1er février 1802, était propriétaire de la terre de Oisquercq (près de Tubize) en 1853. Louis-André avait épousé le 26 juin 1821 Eulalie de Bounder de Melsbroeck. Ils eurent six enfants.


Arbres coupés et maison incendiée


Comme on sait que les van Hoobrouck gardèrent le château jusqu’à la Grande Guerre, on peut imaginer que Léon (1826-1913) qui laissa tomber sa particule, reprit la maison au décès de son père. Léon avait été marié à Emma van Hoorebeek. Leurs enfants, sans aucun doute, vendirent le domaine. Parmi eux se trouvait Valérie (1887-1947), inhumée avec son mari et leur fils (1917-1985) à Bellingen. Son mari n’était autre que le marquis (René) de Bardon de Ségonzac (1877-1962), explorateur, écrivain colonialiste et officier supérieur français. Après le conflit mondial, un marchand de bois devint maître des terres. Il coupa tous les beaux arbres pour se payer sur la bête. Assez vite, le château passa aux mains de M. Rolin, éleveur de chevaux et ami des Speeckaert, châtelains de Mussain. Rolin se défit de Ledale en faveur d’un entrepreneur qui restaura le bâtiment dont l’état avait été rendu épouvantable à cause d’un incendie. Vers 1946, le château entra en possession du baron Guy van Eyll (issu des Kerchove d’Exaerde, Bellem) et de Madame née baronne Marie-Louise de Viron (issue de Dilbeek) qui venaient d’Osselt. Ils cédèrent la demeure entre 1968-1970 aux Piaget. Ces derniers vendirent Ledale voici peu d’années aux actuels propriétaires.



Rigueur des lignes


La cour en U est bordée de deux charmantes ailes d’un seul niveau à toitures mansardées animées de six lucarnes. On y voit des arcades en plein cintre dont les baies d’imposte sont animées de petits-bois rayonnants, pour les écuries. Le corps de logis est composé de cinq travées étagées sur deux niveaux égaux. Au centre, pointe un fronton. Entre deux pilastres à refends, le portail d’entrée est ceinturé par des montants en pierre bleue. Sur le parc, le château est enduit ce qui renforce son apparence néoclassique. Jadis, le logis montait sur trois niveaux tandis que les tours carrées percées de deux travées vers l’étang et agrémentées chacune d’un oriel, grimpaient sur cinq étages. Au centre, les baies sont bombées. Un garde-corps de balustres baroques comme celles qui couronnent les tours, enjolivées par huit vases couverts, sera replacée comme avant l’incendie. Une partie du parc se trouve en Brabant wallon. Les caves dateraient du XIIe siècle.


On ne visite pas.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005