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Grandiose, le palais abbatial d'Heylissem


Abbaye d'Heylissem - 1357 Hélécine



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  • Le parc est protégé par des fossés, des balustrades et des grilles. La haute cour donne d’emblée toute la dimension de puissance de l’antique abbaye. © Philippe Farcy

  • La façade est de l’ancienne abbaye est largement ouverte et d’une élégante sévérité classique. © Philippe Farcy



Nom Officiel Abbaye d'Heylissem
Localisation 1357 Hélécine
Construction 1768-1769; vers 1870
Style Louis XVI
Architecte XVIIIe siècle: François Roufflart, Laurent Fontaine, Laurent-Benoît Dewez; vers 1870: Balat; XXe siècle: Victor Gaston Martiny
Occupants Domaine Provincial d'Hélécine (Province du Brabant Wallon)
Affectation Bureaux & 12 salles aménagées pour cérémonies
Protection Bien classé le 10 novembre 1955

Dernière mise à jour : 30/06/2012


Un temple à Dieu d’une parfaite harmonie


Gérard de Zétrud fut au XIIe siècle abbé de Florennes, deuxième abbaye norbertine après Floreffe. Avec son frère Renier, qui avait épousé la sœur du comte de Louvain et qui lui donna les terres nécessaires, il fit édifier entre 1129 et 1132 à Hélécine – nouveau nom de la commune depuis 1977; on l’appelait avant cela Opheylissem –, une première abbaye en l’honneur de la Madone. Les moines et moniales étaient réunis sous la règle de saint Norbert. La fondation fut approuvée par le pape Innocent II (1130-1143) en 1135.

Cent ans plus tard, les quelques lopins étaient montés à plus de 800 hectares. Les dames qui avaient ici leur quartier ne restèrent que jusqu’en 1142 pour se rendre à Langwaden, près de Cologne. La communauté était puissante. Elle le restera jusqu’au XVIIe siècle et ses bâtiments avaient alors les apparences des plus belles abbayes du duché de Brabant, comme le montre la gravure de Sanderus de 1726. À cette époque, le domaine comptait cinq étangs et plus de 400 arbres fruitiers. Les étangs permettaient d’endiguer une zone de la Petite Gette inondable entre Jodoigne et Zoutleeuw. Mais les religieux durent quitter leur abbaye entre 1690 et 1704 à cause de quelques guerres et autres troubles religieux. Quand ils revinrent, ils récupérèrent la maison dans un état scabreux du fait de ce long abandon. Plus tard et comme on le vit dans tant d’abbayes au milieu d’un XVIIIe siècle pacifié, la modernité imposa aux abbés de changer les apparences de leurs palais renaissants pour les mettre au goût du jour.



Dewez, toujours Dewez, mais pas seul


Laurent-Benoît Dewez, premier architecte du gouverneur général Charles de Lorraine, obtint des contrats somptueux de la part du monde ecclésiastique. Heylissem (1768-1769) n’est pour lui qu’un projet parmi bien d’autres, ce qui explique qu’il se fit aider. Heylissem se situe sans doute au sommet de l’élégance et du luxe par la majesté de la façade principale. Dewez travailla de concert avec son collègue François Roufflart, puis avec Laurent Fontaine. En 1796, l’abbaye fut supprimée et ses biens passèrent aux enchères comme ailleurs. Une partie des bâtiments fut détruite vers 1830. Il faut dire qu’après la Révolution, le domaine fut occupé par la filature de Monsieur Tiberghien qui fit faillite sous le régime hollandais, puis par une fabrique de tissus de coton. Les bassins de pêche et de décantation furent démantelés. Jacques Blaivie nous signale qu’un industriel tirlemontois, Gustave I van den Bossche (enterré à Grimde), avait acquis le domaine et y installa une distillerie d’eau-de-vie de pommes de terre. Puis il convertit l’affaire en une raffinerie de sucre de betteraves. Une usine sera construite à l’arrière du palais abbatial, ce qui imposa de détruire une partie de la ferme. Grâce à la rentabilité très convenable des entreprises agricoles héritées de son père, Gustave II van den Bossche, né à Opheylissem le 25 avril 1824 et y décédé le 12 octobre 1907, commanda vers 1870 à l’architecte Alphonse Balat, un des favoris du roi Léopold II, d’intervenir pour couronner le vaisseau de briques par un magnifique dôme. Balat fit passer la coupole de Dewez (42 mètres de haut) à un dôme plus pansu de 36 mètres de haut. L’oncle de Gustave II qui avait créé le parc de Tirlemont fut chargé de réaménager le parc qui comptait alors 28 hectares. Le commanditaire avait épousé à La Catoire (Blicquy) le 14 octobre 1851, la comtesse Géorgine d’Oultremont, dame d’honneur de la comtesse de Flandre, née à Blicquy le 14 octobre 1832. Elle était la fille de Joseph-Ferdinand et de Isabelle Bonham. Géorgine était la quatrième de quatorze enfants. Gustave II fut fait baron par Léopold II avant de pouvoir épouser sa belle Géorgine, dit Jacques Blaivie. Madame van den Bossche eut huit enfants de Georges II, mais ils moururent tous en bas âge. Dès lors, le couple légua Heylissem à leur neveu et filleul, le comte Albert d’Oultremont (1887-1946). Il avait épousé en octobre 1916 à Saint-Servais, près de Blois, Marguerite van de Werve d’Immerseel, née en 1881. Mlle était la fille du vicomte Ludovic et de la comtesse Charlotte de Lannoy. En 1962, les héritiers d’Oultremont vendirent le domaine à la Province du Brabant qui fit restaurer les édifices par l’architecte Victor Gaston Martiny (1915-1996).



Écran de briques et de pierre blanche


L’église est située au centre de l’édifice. Consacrée en 1780, cette œuvre de plan central fut privée de son chœur par les industries. La coupole à double coque a été reconstruite par Alphonse Balat suivant un profil plus aigu que celui d’origine, selon le patrimoine monumental. On croirait voir celle des palais royaux de Bruxelles. Autour de l’ancienne église, se trouve la prélature. Orientée est-ouest, elle file sur vingt-cinq travées et monte sur deux niveaux. Elle est centrée sur un haut frontispice qui vaut largement un arc de triomphe. On y remarque d’emblée les quatre hauts pilastres corinthiens d’ordre colossal. L’attique était jusqu’en 1876 animé des statues des quatre évangélistes. Le corps central en avancée est flanqué de deux pavillons en léger ressaut sommés par des frontons armoriés. L’un d’eux porte les armes d’alliances van den Bossche-Oultremont. Ces trois éléments majeurs sont en pierre blanche gréseuse, comme les décors des baies et les réseaux de bandeaux et d’arcatures que l’on retrouve à l’arrière du bâtiment. Le reste est en brique. De la rue, la cour d’honneur est protégée par des fossés. Sur la cour, donne des bâtiments anciens et d’autres reconstruits par Balat. Le parc conserve encore la glacière, mais plus le verger ni le potager.


Parc public. Visites libres.



SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005