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Le Karreveld, souvenir affecté des Villegas


Château du Karreveld - 1080 Molenbeek-Saint-Jean (Bruxelles)



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  • Le Karreveld est une belle coquille, mais vide de décors intérieurs et privée d’un parc jadis immense. © Philippe Farcy

  • Sous certains angles, ce domaine est encore fort agreste. © Philippe Farcy

  • L'entrée, dessin-aquarelle par Victor Wagemaekers 1876-1953, 36 x 26 cm



Nom Officiel Château du Karreveld
Localisation 1080 Molenbeek-Saint-Jean (Bruxelles)
Construction XVIIe siècle
Style Traditionnel brabançon
Architecte
Occupants Commune de Molenbeek-Saint-Jean (depuis 1930)
Affectation Salles de réceptions et d'expositions et de théâtre
Protection Bien classé le 10 novembre 1955

Dernière mise à jour : 04/01/2013


Vendu en 1930 avec 16 ha, il en reste 3. Le reste fut loti par la commune.


Il y a très longtemps, le site du présent château était un petit hameau perdu non loin de Bruxelles. Il s’appelait le Carleveld (champs des cailloux ou champs de Charles, en mémoire de Charles de France, duc de Basse-Lotharingie au Xe siècle) ou le Carnevelt et évoquait la fabrication de briques. Une grosse ferme de ce nom dépendait d’Aa ou Anderlecht. Elle est à la base, non d’une seigneurie, mais du bien foncier qui nous occupe, comme l’écrit Gladys Guyot en 1985. Alphonse Wauters en 1855 n’en dit presque rien sinon que dans la seconde moitié du XVIe siècle (1593), elle appartenait à Madame de Tisnacq dont les comtes de Jette (comtes de Villegas) héritèrent. Ils la possédèrent jusqu’en 1930. Les écrits plus récents permettent de préciser la dévolution. Après Madame de Tisnacq, on vit ici au XVIIe siècle Jérôme Van Gindertaele, signalent Marie-Noël Neven et Françoise Jurion en 1994.

Selon Gladys Guyot, ce dernier n’entra pas en ligne de compte. Des Tisnacq, le domaine arriva à Jean de Sainte-Aldegonde Noircarme, sire originaire de l’Artois. Une de ses filles, Loyse épousa Michel de Roisin, décédé en 1648 et déposa la maison dans la corbeille mariale. La ferme-château appartint ensuite à la veuve de leur fils Adrien de Roisin. Elle se prénommait Marie-Anne et se remaria avec Charles-Philippe d’Oignies. Criblé de dettes, d'Oignies fut obligé de vendre sous le marteau cette terre qui rapporta à ses créanciers 45.000 florins. L’acheteur fut Garcia Osorio y Borgia, receveur général des armées espagnoles. Sa succession fut délicate et en 1716 le lot fut acquis par Pierre-Ignace Colins, seigneur d’Oetingen. Toutefois, dès 1728, après la mort de Colins, sa veuve née Marie-Anne della Faille d’Estaimpuis revendit le bien. Cette fois c’est Antoine Charliers, seigneur de Borchgravenbroeck et d’Odomont qui prit le contrôle du lieu.


Vélodrome et studios


Sa fille Caroline, dame d’Impel et épouse du baron Jean-André van Reynegom, transmit le domaine aux jeunes mariés qu’étaient Philippe-Joseph de Villegas (1753-1823) marié le 20 juin 1780 à Josèphe-Ghislaine van Reynegom (1751-1793 au château de Rivieren). Elle était la fille du baron Jean-André, résidant en son château d’Eppegem, seigneur de Heetvelde et de Marie-Caroline Charliers d’Odomont, dame d’Impel. De leurs sept enfants, deux eurent descendance, mais le Karreveld échut à Rosalie (1787-1875) qui mourut non mariée ici même. Dès lors le bien fut repris par son neveu Ulrich fils de son frère Louis (1783-1867). Et c’est Ulrich (1844-1934) marié à Gabrielle (des barons) de Thysebaert, fille d’Eugène et d’Euphrasie de Trazegnies, qui décida de se défaire de ce bien.

Comme l’écrivait mesdames Neven et Jurion, le Karreveld connut des heures glorieuses et curieuses quand on installa dans le parc un vélodrome en 1908 et que plus tard la firme Pathé construisit des studios dans le château. D’après les co-auteurs, la commune a beaucoup investi pour restaurer ce château dont seule la façade donnant sur l’étang est vraiment ancienne.

Le reste tient de la reconstitution. Le château de briques et de pierre blanche est donc défendu par son étang mais aussi par un puissant porche oblong doté de quatre contreforts. Il est percé de baies à croisées à l’est et au nord d’une baie simple. Ces baies sont reliées par un bandeau biseauté qui suit tout le bâtiment. Le portail est en anse de panier. Vers la cour, le porche s’élargit d’une travée formant tour carrée à partir du troisième niveau. Ces deux éléments sont couverts de toitures en pavillons à coyaux. Sur la droite du porche, démarre la première aile de la ferme. Il y en a trois autres avant d’aboutir à la demeure castrale. Celle-ci s’étire sur sept travées et monte sur deux niveaux sous deux toitures en bâtière séparée et/ou terminées par des pignons débordants à crénelage; on y voit trois lucarnes crénelées. Toutes les baies, égales, sont à croisées.


Visites extérieures possibles.




SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005