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Hornu, un château rigoureux pour un patron efficace


Château Degorge - 7301 Hornu (Boussu)



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Catégorie : Informations Business Evénements
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  • Le château de Hornu, récemment repeint, offre des lignes géométriques un peu sévères. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Cette intéressante demeure ne fait plus partie du site du Grand-Hornu. © Philippe Farcy

  • 'Albums de Croÿ, tome II, Propriétés des Croÿ II, planche 138, Crédit Communal de Belgique 1988

  • Albums de Croÿ, tome VI, Comté de Hainaut III, planche 50, Crédit Communal de Belgique 1990



Nom Officiel Château Degorge
Localisation 7301 Hornu (Boussu)
Construction 1832-1843
Style Néoclassique
Architecte Sans doute Bruno Renard (1781-1861) et/ou Pierre Cardona
Occupants TechnoCité
Affectation Bureaux
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 12/01/2013


Henri Degorge n’aura pas connu ce château.


Comme l’écrit Assunta Bianchi dans son dernier opus « Les industriels et leurs demeures en Hainaut » (2004), le château d’en Haut était en construction lors du décès de Henri Degorge (22 août 1832). Ce grand industriel du charbonnage succomba lors d’une épidémie de choléra dans un autre château dit « d’en Bas » situé sur la chaussée de Mons à Valenciennes. Celui-ci avait été construit au tout début du XIXe siècle pour Charles-Sébastien Godonnesche, exploitant de mines de charbon dont celle qui verra naître l’extraordinaire site industriel du Grand-Hornu où se trouve le château d’en Haut. Godonnesche mourra en 1810. À partir de 1804, il entra en relation d’affaires avec Henri Degorge, originaire d’Orsinval près du Quesnoy, qui lui achetait sa production. Jusque-là, Degorge était « garde-magasin des chauffages » aux armées. Après 1810, Degorge deviendra directeur du charbonnage sous la direction des deux fils du défunt, puis seul propriétaire en 1812 à la mort du fils, Charles Godonnesche. La découverte d’un filon remarquable de qualité allait propulser les affaires en des sommets de rentabilité jusque-là inconnus.


Deux architectes


Cela permit au patron de construire des bâtiments étonnants sous la plume, semble-t-il, de Bruno Renard, architecte tournaisien qui fut sans doute, comme le dit Yves Robert, « l’architecte de conception laissant à Pierre Cardona le soin d’être l’architecte d’opération ». Degorge voulut marier le fonctionnel et le majestueux, la beauté à l’efficacité. De plus entre 1825 et 1832, Degorge fit construire une cité ouvrière de 435 maisons, toujours en place.

Le château qui nous occupe est installé contre les édifices de production comme il était de tradition. Assunta Bianchi précise « qu’il se situe dans la prolongation de l’axe transversal de la cour elliptique ». Cette nouvelle demeure séparée de l’outil par une rue interrompue par l’axe visuel aurait dû répondre aux besoins d’un patron couronné par le succès financier et devenu sénateur en 1831. Mais la mort en décida autrement. Sa femme, née Eugénie Legrand, allait hériter de la moitié du patrimoine de son mari. Ils n’avaient pas d’enfant. La résidence ne fut achevée que lorsque Madame Degorge s’en alla rejoindre son illustre époux. Ses héritiers dont Édouard Legrand qui habita ici, créèrent la « Société civile des usines et Mines de houilles du Grand-Hornu » en 1843. La société perdura jusqu’en 1951. Le domaine entra alors dans une longue période d’abandon.

Le château est sobre et limité à cinq travées sur trois niveaux dégressifs de baies rectangulaires à baies ornées de montants divers sommés d’un entablement au deuxième niveau. Des pilastres à chapiteaux ioniques scandent les travées. La toiture est en bâtière sur une corniche à modillons. Au centre de la face d’arrivée, on voit un péristyle soutenu par quatre colonnes. Il forme terrasse, mais son garde-corps a perdu ses balustres. Du côté du parc de jadis, la façade devient plus géométrique encore. Elle se distingue par un avant-corps de trois travées dont les baies du rez sont en plein cintre. L’avancée monte sous un fronton pignon aveugle. Aveugle comme les ailes latérales jadis ouvertes par trois baies et demi de chaque côté. Les baies ont perdu leurs volets. Les façades sont monochromes ce qui ajoute à la géométrisation de l’espace construit.

Le parc est devenu un espace public. Visites intérieures non autorisées; par contre, il n’y a aucune difficulté à tourner autour du château.



SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005 
Assunta Bianchi, Marinette Bruwier, Mélanie De Clerfayt, Catherine Guisset-Lemoine, Les industriels et leurs demeures en Hainaut (XIXe-début du XXe siècle), a.s.b.l. Hainaut Culture et Démocracie 2004