FR - NL - EN
ACCUEIL AGENDA CONTACTEZ-NOUS FAQ CONNEXION CHÂTELAINS

Les enfants crient et Melle rit


Kasteel van Melle - 9090 Melle



Contacter

Catégorie : Informations Business Evénements
Prénom
Nom
E-mail
Téléphone
Veuillez écrire CASTLE dans le champ ci-dessous:

  • La façade principale est segmentée en trois parties.Celle du centre est occupée par une loggia. © Philippe Farcy

  • À droite, les armoiries de la famille de Potter d’Indoye. © Philippe Farcy

  • Fruit de l'éclectisme, Melle était un château d'une évidente modernité lors de sa construction. © Philippe Farcy



Nom Officiel Kasteel van Melle
Localisation 9090 Melle
Construction Après 1897
Style Néogothique
Architecte J. De Waele
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien classé le 16 septembre 1994

Dernière mise à jour : 11/01/2013


Souvenirs de la Guerre de Succession d’Autriche.


Connu dès 1435 comme « Hof ter Meers » puis comme « Goed ter Meersch », le château de Melle porte aussi le nom du village où il se trouve voire celui de ses actuels propriétaires. La chose se comprend, car les de Potter, très impliqués dans la Compagnie des Indes, y sont en ligne directe depuis 1743. Cette date correspond à peu près à l’élévation d’une nouvelle demeure. Le très beau parc d’un vingtaine d’hectares est encore amélioré depuis l’an 2001 par divers aménagements et soutenu par le nettoyage des façades du château construit par Joseph-Albert de Potter d’Indoye, aïeul de l’actuel propriétaire, Edouard de Potter d’Indoye. Joseph-Albert (1870-1917) époux de la baronne Pauline van der Straten-Waillet porte toutefois la triste responsabilité d’avoir abattu le château du XVIIIe siècle, en 1897. Il ne reste de l’Ancien Régime qu’un charmant pavillon hexagonal placé sur les bords de la nationale menant de Gand à Bruxelles, via Alost. Sans oublier les dépendances qui remontent au XVIIe siècle.



Quartier-général

Le lieutenant-général Blanquet du Chayla, originaire de Lozère, placé à la tête d’une armée française, fit de ce château son quartier général lors de l’engagement contre les troupes anglo-hollandaises de Mölck le 10 juillet 1745. Les relations de la bataille évoque un « grand château »; le plan de stationnement des troupes semble montrer un château totalement entouré d’eau. Il s’agissait des troubles dus à la Guerre de Succession d’Autriche. Ainsi que le rapporte le maréchal comte Maurice de Saxe (1696-1750) dans une lettre envoyée au chevalier Folard à propos de la campagne des Flandres qui allait mener les Français de victoires en victoires (Raucourt le 11 octobre 1746, Lawfeld le 2 juillet 1747) après avoir conquis Bruxelles le 21 février 1746 : « Les fuyards ayant rapporté à M. le général Mölck, qui commandait le détachement qui devait se jeter dans Gand, qu’ils n’avaient vu que des Grassins, M. de Mölck crut qu’il en aurait bon marché et se mit sur-le-champ en marche. Il investit les Grassins dans un château (la cense de Massenem); mais ayant appris que non loin de là il y avait un autre corps de troupes françaises, il quitta les Grassins pour tâcher de percer et de se jeter dans Gand. Effectivement, il vint attaquer M. du Chayla à l’improviste; mais quoique nos troupes fussent occupées à se camper, les soldats coururent aux armes et les repoussèrent si vertement qu’il y en eut beaucoup de tués et noyés dans l’Escaut. L’on a fait environ 1,400 prisonniers presque tous Anglais et Hanovriens. Il y a eu des régiments entièrement détruits. J’envoyai sur-le-champ un courrier à M. de Löwendal avec qui j’avais concerté l’expédition de Gand pour le faire partir du pont d’Espierres le 10 au matin, afin de frapper le coup la nuit du 10 au 11 entre l’Escaut et la Lys, où il n’y a que peu d’eau dans les fossés... ». On sait que le comte de Saxe, vainqueur à Fontenoy (à sept kilomètres au sud de Tournai), le 11 mai 1745, juste avant la bataille de Melle et la prise de Gand, allait se voir confier le gouvernement de l’Alsace et la jouissance à vie du château de Chambord. Par ailleurs, un des descendants du général du Chayla, vice-amiral des armées impériales, fut un héros de la bataille navale d’Aboukir, le 1er août 1798.



Allégé de ses toitures

Le château présente une intéressante parenté avec celui de Festinoy, sis à Ghlin, qui appartenait en 1945 à Albert Dolez. Melle se compose d’un quadrilatère de six travées, montant sur deux niveaux posés sur un soubassement de caves percé de jours rectangulaires. La maison est abritée par des toitures couvertes d’ardoises, disposées en bâtière et limitées par des pignons débordants. Le pignon de gauche est surbaissé. Avant d’importants travaux entamés en 1947 par le bourgmestre Henri de Potter, troisième fils de Joseph-Albert, ces pignons possédaient des crénelages et ils étaient reliés par une haute toiture animée de lucarnes. Il en reste les cinq hautes cheminées. La façade sud accueille le perron; il est précédé par un escalier qui donne accès à un patio couvert placé derrière trois arcades en plein cintre. Cela offrit à l’architecte dont on ne sait rien de la carrière, l’occasion de ménager une terrasse à l’étage. Latéralement, les façades ne comptent que deux larges travées. A l’arrière, le château baigne dans un étang faisant office de douve. Un beau pont métallique donne à la propriété des airs romantiques. Le château a abrité les armées allemandes pendant la dernière Guerre Mondiale puis les armées britanniques. Le maréchal Montgomery a passé plusieurs jours dans cette demeure où les enfants d’Edouard, bourgmestre de Melle et de Louise, née van de Werve de Schilde, surveillés par Mademoiselle Delvenne (les enfants, pas les parents), donnent des airs de gaité à toute la propriété.


On ne visite pas. Le château se voit partiellement de la rue.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 châteaux de Belgique connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté 2002