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Aische, triste sire, est une tombe classée


Château d'Aische-en-Refail - 5310 Aische-en-Refail (Eghezée)



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  • La ferme imposante et la basse cour ne peuvent oublier l’injustice commise à l’encontre du beau château d’Aische.

  • Le portail d’accès à la basse cour puis celui à refends menant à l’ancienne haute cour donnent une idée de la richesse architecturale du lieu.



Nom Officiel Château d'Aische-en-Refail
Localisation 5310 Aische-en-Refail (Eghezée)
Construction XVe, XVIe, XVIIIe siècles
Style Traditionnel Louis XV
Architecte
Occupants La Malandre - Age Gallery
Affectation Résidence privée & négoce d'art
Protection Bien classé le 18 octobre 1977 comme monument et comme site le 26 avril 1982

Dernière mise à jour : 04/01/2013


Aische n’était qu’une résidence secondaire. Peu habitée pendant cent ans, sa fin partielle était prévisible.


L’arrivée en 1981 de Marcel Becker, antiquaire, restaurateur et créateur de meubles, en ces lieux chargés d’histoire n’a rien changé à la perte progressive d’un château important du Namurois. Aische est le Neuville-en-Condroz de cette province. Grâce à M. Becker, la ferme est très bien conservée comme elle le fut par ses prédécesseurs mais le château, déjà en ruine lors de son achat en 1981, domine la basse-cour avec de plus en plus de difficulté. Triste spectacle qu’un marchand d’art, « spécialisé dans les choses invendables » comme il aime à le souligner, ne peut endiguer. Le château était déjà quasiment en ruine depuis les années 1930 car ce n’était qu’une résidence très secondaire pour une famille anversoise. En 1978, quand Mme Bouvy Coupery de Saint-Georges publia dans le n° 37 de « Maison d’Hier et d’Aujourd’hui » un article sur ce château presque disparu, la tour donjon-pigeonnier était encore couverte de son toit pyramidal. Elle s’est effondrée à moitié en 1983. L’antiquaire dont la priorité est et était de maintenir la ferme est navré de ce spectacle d’autant qu’il alerta les pouvoirs publics. « Ceux-ci m’autorisaient à intervenir d’urgence mais ne savaient pas quand ils rembourseraient. Dès lors, je n’ai rien entrepris ».


Classement inutile

Le château était classé depuis le 18 octobre 1977. L’arrêté de classement – qui n’a rien arrêté – stipule que sont classés la grange (perpendiculaire à l’allée de marronniers, effondrée à la Noël 2000 suite à la tempête de 1999, puis nivelée), les bâtiments de la ferme (toitures et façades), la vieille tour du château, les murs d’enceinte et les pans de murailles du château, le pont d’accès et les paires de piliers jalonnant la drève d’entrée, plus le petit bâtiment à l’avant gauche du porche principal.
À Aische, « le château a été perdu quand les Lemense, fermiers et acheteurs en 1948, cédèrent à la pression de divers démolisseurs qui cherchaient des matériaux après le dénuement causé par la guerre », signale Marcel Becker.



Deux fiefs en un

Aische et Refail sont à dire vrai deux entités réunies sous une même bannière depuis des lustres. Mais avant ces lustres, on comptait une seigneurie hautaine relevant du comté de Namur (Aische) et l’autre, foncière, relevant du duché de Brabant (Refail dit aussi Refayt). Le château d’Aische existe depuis le XVe siècle au moins. La terre de Refail est bien plus ancienne et remonte à 1211. Elle passa des Glymes aux Vaulx et par les Huy ; elle fut vendue aux du Bois. Aloysio du Bois acheta Aische le 3 mars 1648 pour 5 400 florins au roi d’Espagne ou aux Domaines. Il s’était déjà porté acquéreur le 23 décembre 1647 du fief de Refail comprenant la cour féodale de Walhain. Le vendeur était Adrien de Havrech, veuf d’Hélène de Huy. Il paya 80 000 florins pour 300 bonniers de terres et bois. Aloysio possédait à Anvers l’hôtel du Grand Rubis, rue Neuve, construit en 1562 par Balthazar Schetz et deux châteaux, le « Kykuit » à Wyneghem et le « Zwarten Arend » à Deurne. Il était par ailleurs le beau-père de Marie-Catherine Tholincx, propriétaire des châteaux de Zorgvliet à Hoboken et de Broydenborg. Le château resta dans la descendance des du Bois jusqu’en 1934. Il avait été amélioré par Simon de Neuf qui y ajouta les deux ailes de retour en briques et pierre bleue. C’est lui aussi qui augmenta le château tout en moellons de calcaire étiré sur neuf travées et montant sur deux niveaux, repoussant l’étang et élargissant ailleurs les fossés. Il construisit un nouveau pont entre 1766 et 1771 et acheta aux Legros déjà rencontrés à Montigny (Hanret) et à Marchovelette, 28 bonniers de terres. Simon laissa un domaine de 323 bonniers soit 430 ha. Sa fille Anne, épouse du comte Charles d’Oultremont, hérita et laissa le bien à sa mort (1830) à sa fille qui avait épousé son cousin Ferdinand du Bois, baron de Nevele. Une fille du Bois s’allia à un Moretus (Plantin de Bouchout). Les Moretus devinrent propriétaires effectifs en 1897 avec 24 ha. Il s’agissait du comte Ludovic. En 1948, ses enfants vendirent le château rarement habité par la famille toute versée dans ses biens anversois au fermier Lemense dont la fille laissa le bien à Marcel Becker en 1981.


SOURCES:
Le Château d'Aische-en-Refail, Le Mémo du Pierrot, L'agenda du Comité des Fêtes 'les Pierrots' d'Aische-en-Refail http://aische-en-refail.e-monsite.com/pages/le-village/le-chateau-d-aische-en-refail.html

Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2003

Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel VI, Hobonia 1995