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Hamal, du faste à la liégeoise


Hamal - 3700 Rutten (Tongeren)



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  • Hamal conserve, dans tous ses aspects, les allures d’une seigneurie du temps des princes évêques. Ô immortelle beauté, en tes filets Hamal se trouve heureusement enchâssé ! © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Carte postale ancienne, ed. Dessers

  • Carte postale ancienne

  • Carte postale envoyée en 1931, ed. Theelen



Nom Officiel Hamal
Localisation 3700 Rutten (Tongeren)
Construction XVe, XVIe, XVIIIe siècles et 1879
Style Traditionnel et Louis XV mosan
Architecte 1879: Clément Parent
Occupants
Affectation Résidence privée
Protection Bien non classé

Dernière mise à jour : 04/01/2013


Un château frontalier, posé dans un paysage pastoral, haut lieu d’harmonie.


La seigneurie de Hamal à Rutten était une terre libre d’Empire issue du démembrement du domaine impérial de Herstal, signalait en 1987 le marquis Olivier de Trazegnies, issu des Hamal. Les Hamal sont cités par des sources positives dès la fin du XIIe siècle quand on les voit dans l’entourage de la mère de Godefroid de Bouillon, Ide d’Ardenne. Au XIIIe siècle, Daniel de Hamal posséda ici un « castrum », complexe fortifié sans doute, que les Liégeois viendront détruire en 1346. À cette époque, les Hamal, liés aux la Marck, furent l’objet de l’ire populaire et tout ce qui touchait au prince-évêque Engelbert de la Marck fut saccagé. Un deuxième château fut érigé entre 1346 et 1365 par Jean de Hamal. Il fut presque illico détruit. En 1371, le dernier Hamal de cette branche étant mort, sa sœur Marie, épouse de Conrad d’Alfster (ou Alsteren), maréchal héréditaire de Cologne, hérita de Hamal. Les Alfster prirent le nom de leur nouvelle demeure. Une de leurs branches forma la famille des Wolff-Metternich. Un peu plus tard vers 1480, Jean d’Alfster (Hamal), mayeur de Liège, épousa sa parente Catherine de Hamal de Soye. Il n’en vint que des filles. À la mort de Jean survenue en 1520, le domaine passa à la plus jeune, Marguerite, épouse de Gérard de Goor, issu d’une branche cadette des comtes de Hornes.



Louis XIV puis Louis XV

En 1610, les héritiers qui se disputaient beaucoup, vendirent Hamal au grand-prévôt de Liège, Conrad de Gavre, des seigneurs de Frésin. À cette époque, il ne restait comme bâtisse qu’une petite maison et un donjon. Ses héritiers mirent la propriété en location durant tout le XVIIe siècle. Les Gavre d’Aiseau ayant dû subir les foudres des troupes de Louis XIV qui les dépouillèrent de tout, cherchèrent à vendre. Michel de Rosen faillit prendre le lot, mais il ne put payer. C’est seulement en 1730 que les Gavre vendirent Hamal aux van der Heyden a Blisia avec 85 ha de terres. En 1736, le bien fut réceptionné par mariage par Ferdinand, baron de Haxhe. Ce dernier allait superbement embellir maison et parc. Veuf, le baron devint prélat, chanoine tréfoncier et grand-prévôt de la cathédrale Saint-Lambert de Liège. Il s’en alla en 1793 et le domaine devenu magnifique, mais vandalisé bientôt par les révolutionnaires, tomba dans le giron des chevaliers de Goër de Herve, petits-enfants du défunt. Par les Goër et via des unions, Hamal arriva aux Senzeilles et enfin aux Grunne, toujours maîtres de céans.



Demeure complexe

Ce domaine est traversé par la frontière linguistique. Au milieu, le château apparaît protégé en partie et sur deux côtés par de larges fossés remplis d’eau. Un pont permet de quitter la cour intérieure du sud vers le parc et vers une perspective qui mène à une magnifique gloriette où semble danser une Diane chasseresse. Le bâtiment est très harmonieux. Pourtant, il est le fruit d’un ensemble de superpositions d’éléments qui s’imbriquent les uns dans les autres. La façade d’accueil longue de huit travées est la plus équilibrée. Le château, posé sur un soubassement de moellons de calcaire, monte sur deux niveaux et demi. Seules les baies du milieu sont bombées et à clé. Hamal est construit en briques pour l’essentiel et ses décors, habituels au pays de Liège, sont en pierre bleue de Meuse. Le corps central du logis apparaît cantonné par deux tours carrées. Celles-ci sont coiffées de deux toitures aux arètes incurvées (galbées) terminées par des bulbes et des cheminées de pierre blanche octogonales.


La façade est comporte cinq travées dont trois sont en retrait. Ici est venue se loger une chapelle dessinée par l’architecte Parent, déjà rencontré à Oydonck et à Antoing. Elle est néogothique. La dernière travée correspond à ce qu’il faut regarder comme une tour basse sommée d’une toiture en bâtière. Voilà qui nous amène à la cour regardant vers le sud. Elle est en U et caractérisée par une galerie vitrée au deuxième niveau. Sur l’ouest, émerge un donjon en moellons de calcaire. Il est haut de trois niveaux égaux et se trouve protégé par une toiture mansardée. On regardera l’ensemble des lucarnes dont certaines sont circulaires et à petits-bois. L’aile ouest s’étire sur huit travées, en ce compris la tour de la cour d’honneur. Le parc compte plusieurs fabriques dont une superbe orangerie. Le grand escalier peint comme dans un palais italien est un enchantement. Certains salons stuqués ne le sont pas moins. Hamal est un des merveilles de la principauté de Liège.



Le château se visite parfois.




SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005 
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel VII,  Hobonia 1997